Chute libre de David Reinbacher: Martin St-Louis enfonce le défenseur encore plus profond
David Reinbacher et Martin St-Louis. Imagn Images, Instagram

Chute libre de David Reinbacher: Martin St-Louis enfonce le défenseur encore plus profond

David Garel
Le 2026-10-20

David Reinbacher vient de recevoir une deuxième claque en pleine figure.

Après avoir été démoli publiquement par Sportsnet à la suite de son match contre les Sabres de Buffalo, le cinquième choix au total du repêchage de 2023 vient d’apprendre qu’il retourne dans les gradins.

Adam Engström reprend sa place dans l’alignement du Canadien mardi soir contre les Sharks de San Jose.

Aucune occasion de se reprendre, aucune chance de tourner la page devant les partisans montréalais. Pour Reinbacher, c’est une humiliation supplémentaire dans une saison qui prend déjà une tournure extrêmement inquiétante.

Samedi soir, au Centre Bell, le jeune défenseur autrichien a vécu un véritable cauchemar. Pour ses débuts en saison régulière devant les partisans du Canadien, il a obtenu à peine neuf minutes de temps de glace, a terminé la rencontre à moins-1 et a commis une erreur qui a rapidement fait le tour des réseaux sociaux.

Une passe envoyée directement à personne, une mauvaise lecture de la situation et une tentative désespérée de revenir dans le demi-cercle de Jacob Fowler pour bloquer le tir de Josh Norris.


La séquence a été pénible, et Sportsnet n’a pas hésité à le démolir en comparant son jeu à celui d’un défenseur destiné à passer sa carrière dans la Ligue américaine.

Deux jours plus tard, Reinbacher est puni une deuxième fois.

Voilà où le traitement réservé au jeune défenseur devient difficile à comprendre. Oui, il a connu un mauvais match. Oui, son erreur était embarrassante.

Personne ne demande à Martin St-Louis de fermer les yeux sur une mauvaise performance simplement parce que son joueur a été sélectionné au cinquième rang.

Mais comment peut-on espérer développer la confiance d’un jeune défenseur si la moindre grosse erreur entraîne immédiatement son retrait de l’alignement?

St-Louis se défend en affirmant qu'il veut donner des répétitions à Adam Engström.

Hum. Engström n'a aucun plafond de potentiel et n'est pas un 5e choix au total. Quelle excuse bidon.

Reinbacher n’a pas été bon samedi, mais il avait aussi besoin de temps pour retrouver ses repères. Malgré ses difficultés initiales, il commençait à être un peu plus à l’aise au fil de la rencontre.

Avec à peine neuf minutes pour se faire valoir, il n’avait pratiquement aucune marge de manœuvre. Maintenant, il doit digérer son erreur, les critiques publiques et son exclusion de la formation. Quel message le Canadien lui envoie-t-il exactement?

C'est comme si Martin St-Louis voulait l'enfoncer encore plus profond.

Tu te trompes, tu perds la confiance de ton entraîneur et tu retournes immédiatement dans les gradins.

Tellement cruel pour un joueur qui doit encore apprendre à gérer la pression de Montréal. Le Canadien a sacrifié Matvei Michkov et Ryan Leonard pour sélectionner Reinbacher en 2023, et l’organisation doit maintenant vivre avec les conséquences de cette décision.

Les partisans n’ont jamais oublié ce choix, surtout lorsqu’ils voient Michkov et Leonard devenir des vedettes dans la LNH pendant que le défenseur autrichien peine à s’établir. Chaque difficulté de Reinbacher devient une nouvelle occasion de rappeler ce qui aurait pu être.

La situation est déjà suffisamment atroce sans que le Canadien semble lui-même contribuer à l’enfoncer davantage.

Martin St-Louis pouvait décider de lui donner une autre chance contre San Jose, dans l’espoir qu’il puisse corriger ses erreurs et retrouver un peu de confiance.

À la place, il choisit de le retirer de l’alignement pour faire place à Adam Engström qui n'a aucun "swag"... dans aucun département

Le message est clair : après sa performance contre Buffalo, Reinbacher est considéré comme un flop par son coach.

Le problème, c’est que le Canadien ne peut pas réclamer de la patience pour son cinquième choix au total tout en lui offrant aussi peu de possibilités de se racheter.

On ne parle pas d’un vétéran de 32 ans qui connaît une mauvaise soirée après une décennie dans la LNH. On parle d’un défenseur de 21 ans qui tente de franchir une étape majeure dans son développement, sous une pression énorme en raison de son rang de sélection.

Reinbacher doit évidemment faire sa part. Il doit améliorer ses décisions avec la rondelle, mieux lire les situations dangereuses et démontrer qu’il peut encaisser les difficultés sans perdre ses moyens. Personne ne lui demande un traitement de faveur permanent.

Mais le développement d’un jeune joueur exige aussi un plan, de la patience et une utilisation qui lui permet d’apprendre de ses erreurs. Le sortir de la formation après une soirée difficile est catastrophique pour sa confiance.

Pendant que Reinbacher encaisse les critiques, les moqueries et retourne dans les gradins, la question de son avenir prend une nouvelle dimension.

Est-ce que le Canadien croit encore réellement en lui? Est-ce que la direction estime qu’il a besoin de temps à Laval pour retrouver ses repères? Ou est-ce que son statut commence déjà à changer au point où Kent Hughes pourrait envisager de l’inclure dans une transaction pour améliorer son alignement?

Le plus triste dans cette histoire, c’est que David Reinbacher a maintenant l’impression de devoir se relever seul... abandonné par son coach.

Le Canadien voulait en faire un pilier de sa brigade défensive pour la prochaine décennie. Aujourd’hui, il ne lui accorde même pas une deuxième chance immédiate après un mauvais match.

Quelle tristesse pour David Reinbacher. On a mal pour lui.