Angela Price peut enfin respirer.
Pendant des années, son nom et celui de Carey Price ont été associés à l’une des plus grandes machines à rumeurs de l’histoire médiatique du hockey québécois.
Une histoire qui a traversé les années.
Une histoire qui a alimenté les discussions dans les stations de radio, les salles de rédaction, les réseaux sociaux et même la fiction télévisuelle.
Une histoire dont elle ne voulait plus entendre parler.
Et voilà qu’au moment où Carey Price reçoit finalement l’appel du Temple de la renommée du hockey, plusieurs voient cette intronisation comme une forme de victoire personnelle contre toutes les spéculations qui ont marqué leur vie.
Angela Price n’a jamais caché son amertume face aux rumeurs qui ont circulé pendant des années.
« Toutes ces rumeurs étaient toujours tellement loin de la vérité. À chaque fois, c'était comme une claque au visage. »
La réalité est que ces rumeurs ont failli détruire la famille Price au grand complet.
Elle a également reconnu que son couple avait traversé des moments difficiles.
« Comprends-moi bien! Il y a eu des histoires croustillantes dans notre passé, mais aucune d’entre elles ne sont sorties publiquement. »
Puis elle a raconté un épisode méconnu de sa relation avec Carey.
« Je me souviens, je crois que c’était à ma deuxième année à vivre à Montréal, et Carey et moi avions eu une énorme dispute et je suis carrément retournée vivre à la maison dans l’Ouest pour quelques mois. »
Elle ajoute :
« Je me souviens que des amies à Montréal m’envoyaient des couvertures de magazine avec moi et Carey dessus, avec des titres comme “Carey Price est en amour”! Ça me faisait bien rire. »
Et surtout :
« Ils ne savaient pas que nous étions finalement séparés. Nous avions rompu depuis des mois. »
Avant de conclure :
« Les rumeurs sont toujours si loin de la vérité, c’est comme si les gens ne pouvaient s’empêcher de les croire »
« Nous avons toujours aimé Montréal, mais certaines choses sont devenues trop pesantes pour notre famille. »
« Les rumeurs sont toujours si loin de la vérité, c’est comme si les gens ne pouvaient s’empêcher de les croire. »
« Je ne laisserai jamais les rumeurs définir qui nous sommes. »
Pour Angela Price, la blessure demeure profonde.
Car ces spéculations n’ont pas seulement circulé dans les coulisses. Elles ont fini par atteindre le grand public.
D’abord à travers certaines discussions médiatiques.
Puis à travers District 31, qui s'est basé sur les informations de Claude Poirier.
Le populaire feuilleton de Luc Dionne a présenté une intrigue qui a immédiatement fait réagir le Québec entier.
Hugo Dumas résumait ainsi le scénario :
« Dans District 31, la patrouilleuse Noélie St-Hilaire (Catherine St-Laurent) a finalement été payée 500 000 $ par l’équipe de la LNH pour se fermer la trappe et ne pas divulguer publiquement l’identité du géniteur de son futur bébé, soit la star de l’attaque Vincent Bossé. »
Il ajoutait :
« Noélie encaissera également une pension alimentaire de 1500 $ par mois jusqu’à ce que son enfant atteigne l’âge de 18 ans. »
Et encore :
« L’argent qui lui a été versé a été assorti d’une clause de confidentialité : si jamais la jeune femme brise le pacte du silence, adieu le pactole. »
« Avant de signer le juteux chèque, l’avocat de la formation montréalaise a cependant mis de la pression sur la patrouilleuse Noélie pour qu’elle ne continue pas avec la grossesse. »
Même Paul Arcand avait réagi à l’époque.
« J’imagine que le Canadien doit beaucoup aimer ce genre d’extrait de série. Joueur de hockey vedette, policière enceinte, pression du club, tout pour leur faire plaisir, quoi. »
Vince Cauchon avait lui aussi ajouté sa touche d’ironie.
« Si Carey veut prendre du temps avec ses deux enfants LÉGITIMES, moi j’y souhaite. Parce que c’est ce qu’il a fait pendant le temps des fêtes et je suis entièrement d’accord avec ça. »
Au fil des années, Angela Price en est venue à considérer que cette succession de commentaires, d’insinuations et de spéculations avait contribué à créer une version fictive de sa famille dans l’imaginaire collectif.
C’est pourquoi son intervention publique a été aussi directe.
Elle voulait reprendre le contrôle du récit et répondre à ceux qui avaient parlé.
Elle voulait éliminer les rumeurs à jamais.
Et aujourd’hui, alors que Carey Price entre officiellement au Temple de la renommée, l’histoire retiendra surtout ses exploits sur la glace.
361 victoires.
Un trophée Hart.
Un trophée Vézina.
Une médaille d’or olympique.
Une finale de la Coupe Stanley.
Et maintenant une place parmi les immortels du hockey.
Pendant des années, les rumeurs ont occupé l’espace.
Aujourd’hui, c’est l’héritage de Carey Price qui reprend toute la place.
