Cole Caufield détruit par La Presse: l'attaquant du CH embarrassé
Cole Caufield et Georges St-Pierre. Captures d'écran-youtube

Cole Caufield détruit par La Presse: l'attaquant du CH embarrassé

David Garel
Le 2026-10-12

Cole Caufield et Georges St-Pierre viennent de se retrouver dans une situation embarrassante.

Dans une chronique publiée dans La Presse, le journaliste Alexandre Pratt s’attaque directement à la décision des deux vedettes québécoises de prêter leur image à BET99, une entreprise de paris sportifs.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le journaliste ne mâche pas ses mots sur cette association commerciale qui fait sourciller.

La publicité en question se veut humoristique. BET99 présente Cole Caufield comme son nouvel ambassadeur adjoint du jeu responsable, avant de faire apparaître Georges St-Pierre, présenté comme l’ambassadeur suprême de l’entreprise.

Dans la scène finale, GSP vole une pâtisserie à Caufield et répète les mots « Gamble Responsibly », inscrits sur son torse. Une mise en scène censée faire sourire, mais qui devient la cible d’une critique beaucoup plus sérieuse dans La Presse.

Alexandre Pratt ne s’attaque pas simplement à une publicité : il remet en question le choix de deux personnalités adulées de s’associer à une industrie qui peut détruire des vies.

Selon lui, le public retiendra surtout que deux athlètes populaires ont accepté de représenter une plateforme de paris sportifs, bien davantage que le message sur le jeu responsable.

Le journaliste pousse même l’ironie jusqu’à imaginer un sondage auprès de 300 Québécois, convaincu que très peu d’entre eux retiendraient réellement la promotion du jeu responsable en regardant cette publicité.

Le constat est sévère, particulièrement pour Caufield, qui est devenu l’un des visages les plus populaires du Canadien de Montréal.

Des milliers de jeunes admirent le numéro 13, portent son chandail et suivent ses performances. Pour Pratt, voir une idole sportive associer son image à une entreprise de paris sportifs est horrible et décevant.

Le problème, explique-t-il essentiellement, est que la notoriété des athlètes contribue à rendre cette industrie plus attrayante et plus familière auprès du public.

La critique ne s’arrête pas là. Dans sa chronique, le journaliste rappelle que les jeux de hasard peuvent provoquer une dépendance particulièrement nocive et que les personnes vulnérables risquent d’y tout perdre.

Le message de Pratt est cinglant: les paris sportifs ne sont pas un simple produit de consommation. Ce n’est pas du jus de raisin, des céréales ou une marque de vêtements. Le jeu peut provoquer une dépendance dévastatrice, ruiner des familles, détruire des relations et entraîner des conséquences financières et psychologiques terribles.

Certaines personnes y engloutissent leurs économies, s’endettent au-delà de leurs moyens et finissent par ne plus voir d’issue à leur situation. Les problèmes de jeu peuvent aussi contribuer à des crises suicidaires. Derrière les publicités amusantes et les slogans accrocheurs, il y a des personnes qui souffrent réellement. Pour elles, le pari sportif n’a rien d’un divertissement inoffensif.

Le journalsite évoque les conséquences financières et personnelles de cette dépendance, mais aussi un phénomène préoccupant qui prend de l’ampleur : des parieurs mécontents qui menacent des athlètes après avoir perdu de l’argent sur leurs performances.

Plusieurs grandes ligues sportives nord-américaines réclament d’ailleurs de meilleurs mécanismes pour signaler les comportements abusifs de certains parieurs.

Le message de Pratt est clair : les paris sportifs ne sont pas un produit comme un autre. Une vedette qui accepte de promouvoir cette industrie contribue à banaliser une activité qui peut entraîner des conséquences graves.

Et lorsqu’il s’agit de personnalités aussi connues que Caufield et St-Pierre, leur influence rend la question encore plus délicate.

Le journaliste de La Presse se montre particulièrement critique envers cette banalisation du pari sportif. Il souligne que les publicités sont désormais omniprésentes, à la télévision, à la radio, dans les balados et sur les réseaux sociaux.

Il compare également la situation québécoise à celle de plusieurs pays européens qui ont décidé de resserrer les règles entourant la publicité pour les paris sportifs.

Aux Pays-Bas, en Allemagne et ailleurs, les autorités ont notamment limité ou interdit le recours aux athlètes et à certaines personnalités publiques pour promouvoir ces activités.

L’objectif est de réduire l’influence de ces campagnes et d’éviter que les paris sportifs deviennent un réflexe naturel chez les jeunes amateurs de sport.

La chronique soulève ainsi une question difficile pour les personnalités publiques : jusqu’où va leur responsabilité lorsqu’elles acceptent un contrat publicitaire?

Caufield et St-Pierre ont évidemment le droit de conclure des ententes commerciales. Mais leur décision de représenter BET99 les expose aussi aux critiques, précisément parce que leur réputation dépasse largement le cadre d’une simple transaction publicitaire.

Pratt souligne enfin que le débat ne consiste pas nécessairement à s’opposer à toute forme de pari sportif. Il insiste plutôt sur le danger de banaliser cette activité et sur la nécessité d’encadrer plus sérieusement sa publicité.

Il évoque notamment un projet de loi fédéral visant à mieux réglementer les annonces de paris sportifs, avec la possibilité de limiter ou d’interdire la participation de célébrités et d’athlètes à leur promotion.

La conclusion de la chronique est particulièrement dure pour les deux ambassadeurs québécois : leurs noms et leurs réputations sont désormais entachées selon le journaliste.

Ils seront à jamais associés à une industrie dont les conséquences humaines ne peuvent pas être balayées par un simple slogan sur le jeu responsable.

Et c’est précisément ce qui rend cette publicité aussi malaisante.

BET99 peut présenter Caufield et St-Pierre comme des ambassadeurs du jeu responsable, mais, aux yeux d’Alexandre Pratt, le résultat est tout autre : ce sont surtout deux personnalités admirées qui contribuent à normaliser les paris sportifs.

Une publicité qui devait faire sourire vient donc de provoquer un scandale.

Rarement a-t-on vu le journaliste d'en prendre de façon aussi virulente à un joueur du Canadien de Montréal.

Il était important qu'un journaliste crédible et reconnu prenne position sur le sujet.

Mais pour l'image de Cole Caufield, il s'agit d'un véritable cauchemar. Ouch.