À ne pas inviter au même party: Martin St-Louis et Maxim Lapierre.
À la veille d’affronter les Sabres de Buffalo, Martin St-Louis n’a pas fait de déclaration fracassante. Il n’a pas répondu directement à Maxim Lapierre. Il a fait mieux que ça.
Il a replacé Cole Caufield sur son premier trio.
Un message clair comme de l'eau de roche.
Après une sortie cinglante de Lapierre, qui n’a pas hésité à le traiter de peureux, à remettre en question son courage, son implication, son désir de payer le prix en séries, plusieurs s’attendaient à voir St-Louis envoyer un signal dans l’autre sens. Punir. Récompenser Ivan Demidov en le plaçant avec Nick Suzuki et Juraj Slafkovsky. Brasser davantage.
Il a fait exactement l’inverse.
À l’entraînement à Tampa Bay avant de s'envoler à Buffalo, les trios parlaient d’eux-mêmes : Caufield de retour avec Nick Suzuki et Juraj Slafkovsky sur la première unité. Demidov relégué encore à un trio défensif..
Premier trio : Cole Caufield - Nick Suzuki - Juraj Slafkovsky
Deuxième trio : Alex Newhook - Jake Evans - Ivan Demidov
Troisième trio : Alexandre Texier - Phillip Danault - Josh Anderson
Quatrième trio : Zachary Bolduc - Kirby Dach - Brendan Gallagher
Défense :
Mike Matheson - Alexandre Carrier
Kaiden Guhle - Lane Hutson
Jayden Struble - Noah Dobson
Extra : Arber Xhekaj
St-Louis a toujours été comme ça. Quand la pression monte, quand les critiques deviennent personnelles, il protège ses joueurs. Il ne les expose pas. Il ne les sacrifie pas pour calmer le bruit extérieur.
Il les remet dans le feu.
Et dans le cas de Caufield, c’est encore plus fort comme réaction. Parce que tout le monde a vu sa première ronde. Un joueur hésitant. Un joueur qui n’imposait pas son rythme. Un joueur qui semblait parfois jouer sur les talons et qui avait peur d'aller dans les coins.
Mais St-Louis ne voit pas un joueur brisé.
Il voit un joueur qu’il doit remettre en confiance.
C’est exactement la même logique qu’il applique avec son système depuis des mois.
Le fameux système homme-à-homme que Lapierre a démoli publiquement, parlant d’anarchie, de chaos, d’un système qui brûle ses joueurs et expose ses gardiens.
Malgré ça, St-Louis n’a jamais reculé. Il a encaissé. Il a continué.
Et contre le Lightning de Tampa Bay, ça a tenu.
Ce n'était pas toujours parfait ou propre. Mais son système a tenu.
C’est ça, sa signature. Une fidélité totale à ce qu’il croit.
Et aujourd’hui, cette fidélité passe par Caufield.
Il refuse de l’abandonner. Il refuse de suivre le narratif extérieur. Il refuse de transformer un creux de vague en verdict final.
Par contre, il y une réalité cruelle qui se joue... pour le pauvre Shérif.
Parce que pendant qu’il protège Caufield, il continue d’écarter Arber Xhekaj.
Même avec une série contre Buffalo qui s’annonce physique, lourde et intense. Même avec un adversaire qui aligne des défenseurs massifs et qui va tester la robustesse du Canadien à chaque présence. Le “Shérif” reste à l’écart. Encore.
Ouch. Ça envoie un autre message.
Un message beaucoup moins confortable.
Si St-Louis est prêt à vivre et mourir avec son système, il est aussi prêt à vivre avec ses choix de personnel. Même quand ça va à contre-courant de ce que la série semble exiger.
Au final, tout revient à lui.
À sa vision. À sa cohérence. À sa capacité de tenir le cap quand tout le monde pousse dans l’autre sens.
Et en remettant Caufield sur son premier trio, il ne répond pas seulement à Lapierre.
Il rappelle encore une fois... qu'il n'écoutera jamais les critiques d'un homme à qui il ne demanderait jamais conseil...
