Colère dans la chambre: Caufield outré par la foule du Centre Bell
Cole Caufield. Montreal Gazette

Colère dans la chambre: Caufield outré par la foule du Centre Bell

David Garel
Le 2026-10-07

Cole Caufield a été outré par la réaction du Centre Bell.

Le petit attaquant est tout simplement en furie.

Le Centre Bell voulait faire du match d’ouverture une grande fête.

Il aura finalement envoyé un message beaucoup plus inquiétant.

La soirée de mardi contre les Hurricanes de la Caroline a été marquée par une ambiance électrique, mais aussi par des réactions de la foule qui ont fait énormément jaser. Chris Kreider et Kirby Dach ont été hués lors de la présentation des joueurs, alors que des huées ont également été rapportées pendant l’hymne national américain.

Et pour plusieurs joueurs américains dans le vestiaire du Canadien, ce genre de scène n’a rien de banal.

Cole Caufield est évidemment l’un des joueurs les plus populaires de l’organisation. Il a reçu une énorme ovation lors de la présentation des joueurs et figurait parmi ceux qui ont obtenu les réactions les plus fortes de la foule.

Mais le contexte de la soirée aurait néanmoins provoqué énormément de malaise dans le vestiaire.

Parce qu’il y a une différence entre huer un adversaire et huer l’un des tiens.

Chris Kreider porte maintenant le chandail du Canadien. Il est un membre de l’équipe. Il a accepté de venir jouer à Montréal, il a déjà produit offensivement depuis son arrivée et il présente la meilleure attitude.

Malgré tout, son nom a été accueilli par des huées lors de la présentation des joueurs.

On peut comprendre qu’un partisan soit encore fâché contre Kreider pour avoir brisé la carrière (et le genou) de Carey Price. On peut comprendre qu’il existe une rivalité émotionnelle avec un joueur qui a longtemps été détesté à Montréal.

Mais le huer pendant la présentation de ton propre club lors du match d’ouverture?

C’est horrible.

Le Canadien avait besoin de présenter son nouveau groupe aux partisans. Chris Kreider faisait partie de ce groupe. Il aurait dû être accueilli comme un membre de l’équipe, peu importe ce que certains partisans pensent de son passé.

Ça va devenir problématique dans un vestiaire rempli d'Américains.

Il y a plusieurs joueurs américains dans cette équipe. Caufield, Kreider, Lane Hutson, Jayden Struble.

Ils jouent ensemble.

Ils voyagent ensemble.

Ils passent énormément plus de temps entre eux qu’avec les partisans.

Alors lorsqu’un de leurs coéquipiers se fait huer avant même que la rondelle soit déposée, le message envoyé dans le vestiaire n’est pas nécessairement celui que la foule pense envoyer.

Tu peux huer une mauvaise performance.

Tu peux être frustré après une défaite.

Tu peux même critiquer sévèrement un joueur qui ne répond pas aux attentes.

Mais huer ton propre joueur pendant la présentation du match d’ouverture, ça donne mal au coeur.

Et dans le cas de Kreider, la situation était encore plus cruelle puisqu’il venait à peine de commencer son aventure montréalaise.

Le Canadien l’a recruté précisément parce qu’il croyait qu’il pouvait aider cette équipe. Le joueur n’a pas choisi son passé à New York. Il n’est pas responsable du fait que certains partisans montréalais aient développé une haine envers lui au fil des années.

Il porte maintenant le « CH ».

Il mérite donc d’être traité comme un joueur du Canadien.

Même chose pour Kirby Dach.

Son cas est différent parce que les partisans sont frustrés depuis longtemps par ses performances. La réaction de mardi est le résultat de plusieurs années de déceptions. Mais voir deux joueurs du Canadien être hués pendant la présentation d’un match d’ouverture démontre surtout à quel point la patience de certains partisans est déjà rendue à zéro.

Et l’épisode de l’hymne américain ajoute une autre dimension qui a enflammé la colère de Caufield.

Huer l’hymne des États-Unis, c'est impossible à défendre.

Ce n’est pas simplement huer une chanson. Pour les Américains présents dans le Centre Bell, cet hymne représente leur pays, leur histoire et, pour plusieurs familles, le sacrifice de générations de militaires.

Des hommes et des femmes ont servi, certains y ont laissé leur vie, et c’est précisément pour cette raison que l’hymne possède une signification qui dépasse largement le sport.

On peut détester une équipe américaine. On peut détester un joueur américain. On peut être en désaccord avec les États-Unis sur absolument tout ce qu’on veut. Mais au moment où l’hymne est joué, il y a une différence entre exprimer son désaccord et manquer de respect à un symbole national qui représente quelque chose de profondément important pour des millions de personnes.

La passion montréalaise est immense. Elle fait partie de l’identité du Canadien. Mais la passion ne donne pas tous les droits. On peut être le partisan le plus intense du monde sans avoir besoin de manquer de respect à l’hymne d’un autre pays.

Ce n’est pas la façon de créer une atmosphère positive autour d’une équipe qui compte plusieurs joueurs américains.

Le Canadien a besoin de bâtir une culture de vestiaire forte, où ses joueurs aient envie de jouer à Montréal. Montréal a besoin que ses nouveaux joueurs comprennent qu’ils sont les bienvenus.

La dernière chose dont l’organisation a besoin, c’est que certains joueurs commencent à avoir l’impression que la foule montréalaise peut se retourner contre eux avant même qu’ils aient eu le temps de s’établir.

La réaction de Caufield est cinglante.

Selon certains témoins, il aurait même insulté la foule sur le banc, en les traitant d'un nom qu'on ne peut pas répétet tellement c'est violent.

Caufield connaît Montréal.

Il connaît la passion des partisans.

Il sait que le Centre Bell peut être l’un des endroits les plus extraordinaires de la LNH lorsque la foule est derrière son équipe.

Mais il sait aussi que cette passion peut devenir toxique lorsque les émotions prennent le dessus.

Et mardi, certaines limites auraient été franchies.

Lorsque les partisans commencent à s’en prendre à leurs propres joueurs avant même le début du match, et qu’un hymne national est hué dans la même soirée, l’organisation doit se demander quel message elle envoie aux joueurs qui portent fièrement son chandail.

La passion montréalaise est une force.

Elle ne doit pas devenir une raison pour laquelle certains joueurs veulent quitter le Québec et le Canada.

Les Américains commencent à se demander s’ils sont réellement les bienvenus.

Ça donne la nausée.