La lune de miel est terminée entre Kent Hughes et les partisans du Canadien de Montréal.
La blessure de Nick Suzuki vient de faire exploser une frustration qui couvait depuis plusieurs mois : celle de voir le directeur général refuser de payer le prix pour acquérir un véritable centre de premier plan, alors que toute l’architecture de son équipe repose sur son capitaine.
Aujourd’hui, Suzuki est blessé, il sera absent de deux à quatre semaines et Martin St-Louis doit se débrouiller avec Oliver Kapanen au centre du premier trio, entre Cole Caufield et Juraj Slafkovský.
La blessure de Suzuki est survenue contre les Sharks de San Jose, lorsqu’il a bloqué un tir avec sa main gauche. Le capitaine a ressenti de l’inconfort, mais il a tout de même terminé la rencontre.
Le lendemain, le Canadien a confirmé qu’il souffrait d’une blessure au haut du corps et qu’il manquerait de deux à quatre semaines d’activités.
Sa séquence de 546 matchs consécutifs prend ainsi fin. Un coup dur pour un joueur qui n’avait pratiquement jamais quitté l’alignement et qui représente le moteur de cette équipe depuis des années.
Suzuki venait de commencer la saison avec cinq buts et cinq mentions d’aide en neuf rencontres. Il passait en moyenne 21 minutes et 47 secondes sur la patinoire, assumait les missions défensives les plus difficiles et dirigeait le premier trio.
Sa production ne raconte même pas toute l’histoire : Suzuki permet à Caufield et Slafkovský de jouer avec un centre capable de contrôler le rythme, de gagner des mises au jeu importantes et de prendre les bonnes décisions sous pression.
Lorsqu’il disparaît de l’équation, ce n’est pas simplement un joueur que le Canadien perd. C’est toute sa structure offensive qui s’effondre.
Et voilà le problème que les partisans reprochent aujourd’hui à Kent Hughes : qu’arrive-t-il lorsque le seul véritable centre numéro un de l’organisation se blesse?
Le DG se retrouve au banc des accusés, lui qui n’a pas été capable d’aller chercher un centre top-6 sur le marché des transactions.
La profondeur au centre est censée être un élément essentiel d’une équipe qui aspire à devenir compétitive. À Montréal, une seule blessure suffit à forcer l’entraîneur à installer un plombier défensif sur le premier trio et à revoir complètement ses combinaisons. C’est exactement le genre de situation que les partisans craignaient.
Depuis des mois, les partisans se demandent si Kent Hughes aurait dû se montrer plus agressif sur le marché des transactions pour trouver un centre capable d’épauler Suzuki.
Les Ducks d’Anaheim voulaient envoyer Mason McTavish à Montréal bien avant les Blues de St-Louis qui se retrouvent dans leur conférence.
McTavish, qui est en feu depuis la transaction, n’a coûté que le 15e et le 29e choix au total.
Selon nos informations, les Ducks étaient prêts à envoyer McTavish à Montréal pour leur 28e choix 2026, leur choix de 1re ronde 2027 et un espoir B (Adam Engström ou Owen Beck).
Kent Hughes a refusé et a préféré sélectionner Gleb Pugachyov au nom de la robustesse. Le Tom Wilson des pauvres est déjà considéré comme un flop monumental.
Hughes a aussi refusé d’envoyer Michael Hage à St-Louis dans une transaction pour Robert Thomas.
Le Canadien a été associé à plusieurs scénarios impliquant des centres de premier plan, mais une transaction de cette envergure exige un DG qui n’est pas “cheap” et qui accepte de payer le prix.
La blessure de Suzuki ramène une question fondamentale au premier plan : à quoi sert une banque d’espoirs exceptionnelle si l’équipe n’a pas suffisamment de profondeur pour survivre à l’absence de son meilleur centre?
Le Canadien paie le prix de son attentisme. Si Montréal avait réussi à ajouter un joueur de cette qualité, l’absence de Suzuki resterait douloureuse, mais l’équipe disposerait d’une autre option pour maintenir une attaque compétitive. Au lieu de cela, St-Louis doit bricoler avec les plombiers à sa disposition.
Michael Hage a placé Kent Hughes dans le trouble en revenant à l’université. Mais la réalité est que Kent Hughes aurait dû prévoir le coup.
Kent Hughes a longtemps bénéficié d’un immense capital de confiance à Montréal. Ses contrats avantageux, ses choix au repêchage (Lane Hutson) et sa capacité à négocier avec les jeunes vedettes lui ont permis de bâtir une équipe prometteuse sans vider complètement la banque d’actifs du Canadien.
David Reinbacher à la place de Matvei Michkov et Ryan Leonard ne serait pas sa bourde, mais bien celle de Jeff Gorton et Nick Bobrov qui lui ont imposé le choix du flop.
Mais pour l’échec du 2e centre, il est le seul et unique coupable.
Pendant longtemps, la patience était présentée comme une force. Il fallait développer les jeunes, éviter les transactions précipitées et attendre que le noyau atteigne sa maturité.
Les partisans acceptaient cette logique parce qu’ils voyaient les progrès de l’équipe et croyaient que les pièces manquantes finiraient par arriver.
Mais la patience ne peut pas devenir une stratégie permanente. À un moment donné, il faut transformer les espoirs en joueurs établis, combler les trous dans l’alignement et donner aux vedettes une équipe capable de gagner maintenant.
Si le Canadien veut réellement franchir une nouvelle étape, il ne peut pas toujours attendre que chaque jeune joueur se développe parfaitement avant d’agir.
La blessure de Suzuki illustre cette réalité avec une brutalité cinglante.
Les séries éliminatoires sont-elles déjà menacées?
Le calendrier ne fera pas de cadeau à Montréal. Le Canadien doit entreprendre un voyage de quatre matchs sans son capitaine et affronter une période pendant laquelle chaque point compte, surtout après un début de saison horrible.
Si l’équipe s’effondre pendant son absence, les conséquences seront atroces.
La lune de miel est erminée.
Pendant des années, Kent Hughes a été perçu comme un dirigeant capable de gagner ses négociations et de préparer l’avenir du Canadien. Mais les attentes ont changé. L’équipe a progressé, plusieurs jeunes joueurs sont devenus des pièces importantes et les partisans veulent maintenant voir cette progression se traduire par la Coupe Stanley.
Aujourd’hui, avec Nick Suzuki à l’écart, Oliver Kapanen sur le premier trio et un Canadien qui doit réinventer son attaque en panique, Kent Hughes se retrouve face à sa première tempête.
Dire que Mason McTavish devrait être un membre du Canadien de Montréal. Il sera difficile de pardonner au DG cette bourde… monumentale…
