Sidney Crosby perd patience. La légende vient de réaliser que Kyle Dubas est en train de gaspiller les dernières années de sa carrière.
Tout indique que sa frustration atteint un niveau jamais vu depuis très longtemps.
Comment pourrait-il en être autrement?
À 39 ans, Crosby ne demande plus une reconstruction. Il ne demande plus qu’on accumule des choix au repêchage. Il demande une seule chose : une dernière véritable chance de gagner la Coupe Stanley.
Et plus l’été avance, plus les Penguins semblent incapables de lui offrir cette possibilité.
Le problème est devenu beaucoup plus profond qu’une simple mauvaise équipe.
Pittsburgh ne reconstruit même pas.
Les Penguins sont complètement paralysés.
Coincés dans un entre-deux qui ne mène absolument nulle part.
Kyle Dubas tente depuis des mois de convaincre tout le monde qu’il prépare l’avenir. Pourtant, lorsqu’on regarde la composition actuelle de l’équipe, c’est exactement le contraire qui saute aux yeux.
Les six piliers de l’organisation ont maintenant 40, 39, 38, 37, 34 et 33 ans.
Treize attaquants vétérans possèdent déjà un contrat garanti à un volet dans la LNH.
Où est la reconstruction?
Elle n’existe tout simplement pas.
Et c’est précisément ce qui doit rendre Sidney Crosby complètement fou.
Parce que les jeunes qui devraient enfin recevoir les grosses minutes continuent d’attendre leur tour.
Rutger McGroarty.
Avery Hayes.
Bill Zonnon.
Même Ben Kindel, qui est pourtant considéré comme l’un des plus beaux espoirs offensifs de l’organisation, risque encore une fois d’être relégué dans un rôle secondaire.
Pourquoi?
Parce que les Penguins refusent de tourner la page.
La décision qui résume parfaitement cette philosophie est évidemment la prolongation d’Evgeni Malkin.
Personne ne remet en question l’immense carrière du futur membre du Temple de la renommée.
Personne.
Mais à 40 ans, même après une saison de 61 points en seulement 56 matchs, il demeure un joueur ralenti par les blessures et le temps.
Malgré cela, Pittsburgh continue de bâtir son alignement autour de lui.
Tommy Novak aurait même été acquis principalement parce qu’il représente un partenaire naturel pour Malkin.
On parle également énormément de la connexion russe avec Egor Chinakhov.
Résultat?
Ben Kindel devra probablement jouer sur un troisième trio.
Le même Ben Kindel qui, selon plusieurs observateurs, possède déjà le meilleur cerveau offensif de toute l’organisation sur l’avantage numérique.
Le scénario logique serait pourtant évident.
Associer Kindel à Chinakhov.
Faire grandir ensemble deux jeunes joueurs de talent.
Voir s’ils peuvent éventuellement devenir les bases du futur premier trio des Penguins.
Mais cela obligerait Malkin à descendre sur un troisième trio.
Et selon Mark Madden, cette possibilité est inexistante.
Zéro.
Impossible.
Même scénario sur l’avantage numérique.
Encore une fois, la logique pousserait Pittsburgh à offrir davantage de responsabilités aux jeunes.
Au lieu de cela, tout indique que la première vague sera encore composée de Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Rickard Rakell, Bryan Rust et Erik Karlsson.
Âge moyen?
Trente-six ans.
Comment développer l’avenir lorsqu’on refuse constamment de lui faire une place?
Voilà la véritable critique.
Et voilà probablement la source de la frustration grandissante à l’intérieur de l’organisation.
Kyle Dubas se retrouve prisonnier de sa propre concession.
Prisonnier de la nostalgie.
Prisonnier de propriétaires qui ne veulent surtout pas être accusés d’avoir tourné la page sur les anciennes gloires.
Prisonnier d’un vestiaire qui veut continuer à gagner tout en conservant exactement les mêmes joueurs.
Le résultat est catastrophique.
Les Penguins n’ont pas remporté une seule série éliminatoire depuis 2018.
Pourtant…
Rien ne change.
On refuse autant la reconstruction que le véritable « all-in ».
On flotte entre les deux.
Mark Madden utilise une image particulièrement frappante.
Selon lui, Pittsburgh est d’abord passé du « mushy middle » aux sables mouvants.
Aujourd’hui?
Le ciment a complètement séché.
Autrement dit…
Les Penguins sont maintenant prisonniers de leur propre immobilisme.
Et lorsqu’on regarde tout cela du point de vue de Sidney Crosby, il est difficile d’imaginer qu’il ne soit pas profondément découragé.
Combien de saisons lui reste-t-il?
Une?
Deux?
Trois au maximum?
Chaque année gaspillée représente probablement une occasion de moins de soulever une quatrième Coupe Stanley.
Voilà pourquoi Montréal continue de surveiller tout ce qui se passe à Pittsburgh.
On connaît déjà l’histoire.
Chaque fois que les Penguins donnent l’impression de stagner, les rumeurs entourant Sidney Crosby repartent immédiatement.
Le Canadien revient systématiquement dans les discussions.
Parce que Crosby possède toujours une relation privilégiée avec Montréal.
Parce que le projet de Kent Hughes devient de plus en plus séduisant.
Parce que Nick Suzuki, Ivan Demidov, Lane Hutson et le jeune noyau donnent enfin l’impression d’une organisation en pleine ascension.
Évidemment, rien n’indique aujourd’hui que Sidney Crosby a demandé une transaction.
Rien n’indique non plus qu’il est sur le point de quitter Pittsburgh.
Mais une chose devient de plus en plus difficile à ignorer.
Si les Penguins passent une autre saison à tourner en rond, sans développer leurs jeunes, sans véritable reconstruction et sans réelle chance de gagner la Coupe Stanley, les questions reviendront plus fortes que jamais.
Et cette fois, même le capitaine le plus loyal de sa génération pourrait commencer à se demander si sa dernière chance de gagner ne se trouve plus… ailleurs.
Montréal, évidemment, écoutera chacune de ces rumeurs avec une attention toute particulière.
