Signature Montréal-Suisse: l'espoir du CH devient millionnaire

Signature Montréal-Suisse: l'espoir du CH devient millionnaire

David Garel
Le 2026-08-05

Le Canadien de Montréal vient d’encaisser un autre revers.

Quelques jours à peine après avoir vu Michael Hage repousser toutes les tentatives de Kent Hughes pour le convaincre de faire le saut chez les professionnels, voilà qu’un autre espoir de l’organisation prend exactement la même direction… encore pour des raisons qui ont tout à voir avec l’argent.

Cette fois, c’est Vinzenz Rohrer qui vient de dire non au Rocket de Laval.

Et lorsqu’on découvre les détails de son nouveau contrat, on comprend immédiatement pourquoi.

Selon les informations dévoilées par les médias suisses, Rohrer vient de signer une entente de trois saisons avec EV Zoug qui lui rapportera entre 750 000 et 800 000 francs suisses par année.

Converti en dollars américains, on parle de plus de 900 000 $ US annuellement.

Ouch.

Un salaire réservé aux véritables vedettes de la National League.

Ce n’est pas une exagération.

Les comparaisons publiées en Suisse sont renversantes.

Son salaire se retrouve désormais dans la même catégorie que ceux de Sven Andrighetto et Denis Malgin, deux des meilleurs joueurs de tout le championnat suisse.

Pour un attaquant qui fêtera seulement ses 22 ans en septembre, c’est complètement exceptionnel.

Encore plus lorsqu’on regarde sa dernière saison.

Rohrer a récolté seulement 13 points en 50 matchs avec les Lions de Zurich, après avoir obtenu 12 points en 41 rencontres de saison régulière avant son passage printanier avec le Rocket de Laval, où il a disputé six matchs, dont cinq en séries éliminatoires.

Ce ne sont pas des statistiques qui laissaient présager un contrat aussi gigantesque.

Mais EV Zoug le voulait absolument.

À un point tel que le club aurait complètement fait sauter le marché.

Les Lions de Zurich souhaitaient le conserver.

Davos était également très agressif.

Berne s’était aussi positionné.

Selon plusieurs recruteurs suisses, c’est finalement l’offre financière complètement démesurée de Zoug qui a fait toute la différence.

Le chroniqueur Klaus Zaugg parle même d’une véritable « prime au chaos ».

Selon lui, le nouveau directeur sportif Ted Suihkonen, encore peu expérimenté dans ce genre de négociations, aurait accepté de payer largement au-dessus de la valeur réelle du joueur afin de gagner cette bataille.

Et c’est précisément ce qui fait maintenant énormément jaser en Suisse.

Car ce contrat pourrait provoquer un véritable effet domino à l’intérieur du vestiaire.

Comment expliquer à Leonardo Genoni, l’un des meilleurs gardiens de l’histoire du championnat suisse et septuple champion national, qu’il devrait accepter un salaire inférieur à celui d’un joueur de 21 ans qui n’a jamais dominé la ligue?

Plusieurs journalistes croient déjà que cette signature compliquera toutes les futures négociations salariales de l’organisation.

Mais pour Vinzenz Rohrer…

Quelle victoire.

Le calcul est extrêmement simple.

S’il avait accepté de venir jouer avec le Rocket de Laval, son salaire dans la Ligue américaine aurait été de seulement 82 500 $.

Même si son contrat d’entrée avec le Canadien lui permettrait éventuellement de toucher jusqu’à environ 950 000 $ en LNH, personne ne pouvait lui garantir une place à Montréal.

Le scénario le plus probable demeurait justement Laval.

Passer d’un salaire potentiel de plus de 900 000 dollars américains à seulement 82 500 dollars.

Le choix devenait pratiquement impossible à refuser.

Rohrer a choisi la sécurité financière.

Trois années garanties.

Un rôle offensif beaucoup plus important.

Une organisation qui investit énormément sur lui.

Et surtout…

Aucun risque de passer une saison entière dans les autobus de la Ligue américaine.

Le Canadien, de son côté, ne perd pas complètement ses droits.

Montréal a accepté de le prêter à EV Zoug pour la prochaine saison et pourra toujours le rappeler dans la LNH si jamais l’occasion se présente.

Mais ce dossier envoie tout de même un message extrêmement clair.

Les jeunes joueurs calculent désormais chaque décision.

Ils regardent les revenus.

Ils regardent les risques.

Ils regardent leur qualité de vie.

Et ils ne prennent plus automatiquement le premier avion vers l’Amérique du Nord dès qu’un contrat d’entrée est disponible.

Le parallèle avec Michael Hage devient alors impossible à ignorer.

Évidemment, les situations sont différentes.

Rohrer a choisi la Suisse.

Hage a choisi de retourner dans la NCAA pour toucher près d'un millions de dollars US par année

Dans les deux cas, le Canadien a tenté de convaincre un jeune espoir de rejoindre immédiatement son organisation.

Dans les deux cas, les avantages financiers de demeurer ailleurs étaient beaucoup plus importants que ceux offerts par le système nord-américain.

Et dans les deux cas, Kent Hughes s’est retrouvé devant une réalité contre laquelle il ne peut absolument rien faire.

La convention collective fixe des limites.

Le Canadien peut offrir le meilleur contrat d’entrée possible.

Il ne peut pas inventer de l’argent.

Pendant que Michael Hage a rejeté le CH pour le "cash" de la NCAA, Vinzenz Rohrer, lui, vient carrément de décrocher un salaire digne des plus grandes vedettes du hockey suisse.

Deux dossiers différents.

Une même conclusion.

Les jeunes espoirs n’hésitent plus à repousser leur arrivée dans l’organisation du Canadien lorsque les chiffres deviennent impossibles à ignorer.

Dans les dents de Kent Hughes... et sa structure salariale de pauvre...