Le congédiement d’Éric Raymond, ce n’est pas seulement la fin d’un mandat raté. C’est la chute d’un personnage dont l’attitude, les méthodes et l’ego avaient fini par étouffer tout ce qu’il touchait.
Depuis plusieurs semaines, les révélations se multipliaient et elles composaient un portrait d’un entraîneur complètement déconnecté de la réalité moderne de la LNH.
On parle d'un entraîneur qui se prenait pour une vedette.
Dans les coulisses, les témoignages étaient toujours les mêmes :
Raymond se comportait comme une rockstar, un homme persuadé d’être intouchable, d’être “au-dessus” de son propre département.
Il parlait aux gardiens comme si son poste lui appartenait à vie, comme si chacun devait se modeler à ses techniques autoritaires de "has been" et non le contraire.
On raconte qu’il se trouvait beau, qu’il aimait “entrer dans une pièce”, qu’il se présentait comme une figure dominante, un mélange de narcissisme et de prétention qui jurait complètement avec la réalité d’un département fragile comme celui des gardiens.
Il ne collaborait pas.
Il n’écoutait pas.
Il n’ajustait rien.
Ce n’était pas seulement de l’arrogance : c’était une incapacité profonde à gérer des personnalités, à comprendre la psychologie moderne, à offrir un environnement sain à des athlètes qui, eux, évoluent dans un sport où tout est désormais axé sur la science, la communication, l’humain.
Il y a aussi ce que plusieurs sources internes appellent désormais « la zone noire » d’Éric Raymond, un espace où l’on basculait dans des jeux psychologiques dignes d’une autre époque.
Des méthodes à la Mike Babcock, à la John Tortorella, où l’on confondait exigence et rabaissement humain. Quand un gardien connaissait un mauvais moment, Raymond ne calmait pas la tempête : il la nourrissait.
Il abaissait ses joueurs, les piquait volontairement, leur faisait sentir qu’ils n’étaient rien sans lui. Et quand il était fâché, il déversait toute sa colère sur ses gardiens. I
maginez l’impact sur un portier hypersensible comme Samuel Montembeault, déjà fragile, déjà ébranlé par la pression.
Comment un gars qui vit dans l’émotion comme Montembeault pouvait survivre à un environnement où chaque erreur devenait une arme, où chaque doute devenait une occasion de l’humilier ?
Dans une LNH où tout se modernise, Raymond était resté coincé dans le passé.
Immobile.
Autoritaire.
Déconnecté du langage des jeunes gardiens.
Les joueurs le disaient anonymement : sa façon de parler ne passait plus. Sa façon d’enseigner ne fonctionnait plus. Sa façon d’être ne donnait plus rien.
C’était une méthode sans nuances, verticale, sèche, incapables de s’adapter aux réalités psychologiques de Montembeault, de Dobeš, de Fowler.
Une méthode qui a littéralement brisé certains d’entre eux au fil des semaines.
La séquence filmée à Boston, où l’on voit Raymond parler à Dobeš en lui mimant qu’il est trop paniqué, restera comme un symbole de son passage : froid, condescendant, incapable de lire l’état émotionnel d’un jeune gardien déjà en détresse.
La conversation avait l’air mécanique.
Zéro connexion.
Zéro empathie.
Zéro compréhension de ce que vit un jeune portier qui tente de survivre dans la LNH.
Raymond voulait tout simplement l'humilier.
Beaucoup dans l’organisation l’ont vue comme la preuve ultime que le coach n’avait aucune sensibilité à la psychologie de sa position, aucune finesse, aucune capacité de guider un jeune homme dans un moment critique.
Avec le temps, le vestiaire l’avait senti.
Les gardiens perdaient leurs repères.
Les performances s’écroulaient.
La confiance disparaissait.
On ne parlait plus d’un mauvais cycle : on parlait d’une structure qui craquait, d’un département qui s’effritait sous une direction démodée, rigide et égocentrique.
Et dans les bureaux, chez Hughes et Gorton, on savait que la méthode “rockstar” ne passerait plus.
On savait que les regards effrayés des gardiens disaient plus que les statistiques.
Avec un entraîneur coupé de la réalité, convaincu de sa grandeur, accroché à une pédagogie passée date, il était impossible d’avancer.
Impossible, surtout, de bâtir une culture saine.
Le congédiement d’Éric Raymond n’est donc pas une réaction émotive.
C’est une opération de sauvetage. Un nettoyage qui aurait dû se produire plus tôt.
Montréal entre dans une nouvelle ère devant le filet.
Une ère où l’humain doit primer.
Où la communication doit exister.
Où le développement doit être cohérent.
Avec Marco Marciano, le CH passe d’un entraîneur narcissique à un entraîneur humain.
D’un mur froid à une présence qui écoute.
D’un technicien autoritaire à un pédagogue moderne. Nous sommes tellement soulagés aujourd'hui. Le "bully" prétentieux est parti...
