Congédiement déguisé: Trevor Letowski a tout perdu

Congédiement déguisé: Trevor Letowski a tout perdu

David Garel
Le 2026-07-09

Trevor Letowski: un départ volontaire… ou un congédiement déguisé?

Poser la question, c'est y répondre.

Le Canadien de Montréal affirme que Trevor Letowski quitte son poste pour passer plus de temps avec sa famille.

C’est la version officielle... que personne ne croit chez les dirigeants de la LNH.

Depuis l’annonce de l’arrivée de Derek Lalonde derrière le banc de Martin St-Louis, la vérité circule de plus en plus dans le milieu du hockey.

Letowski n'a pas réellement choisi de partir. Le Canadien lui a plutôt montré la porte de sortie avec élégance.

Évidemment, personne n’affirme qu’il s’agit d’un congédiement. Personne, à l’intérieur de l’organisation, ne l’a laissé entendre publiquement.

Mais plusieurs éléments soulèvent des questions.

D’abord, Trevor Letowski ne quitte pas complètement l’organisation.

Il demeurera sous contrat avec le Canadien pendant encore une saison.

Voilà un détail qui intrigue énormément.

Habituellement, lorsqu’un entraîneur décide réellement de quitter pour des raisons familiales, son contrat est simplement résilié ou il accepte un autre emploi ailleurs.

Ici, on parle plutôt d’un entraîneur qui continuerait d’être rémunéré par l’organisation malgré son départ derrière le banc.

Il fera des petits travaux de stratégie ou de dépistage à la maison? C'mon.

Prenons les faits.

Trevor Letowski occupait un rôle extrêmement important au sein du personnel de Martin St-Louis.

C’était lui qui supervisait principalement l’infériorité numérique.

Et ce secteur de jeu est littéralement tombé en morceaux pendant les séries éliminatoires.

Contre les Hurricanes de la Caroline, le désavantage numérique du Canadien a été incapable de ralentir l’une des meilleures attaques de la LNH.

Les couvertures étaient constamment en retard.

Les lignes de passes demeuraient ouvertes.

Les rotations défensives étaient souvent désorganisées.

Les Hurricanes semblaient toujours avoir une solution.

Pendant que Montréal, lui, cherchait désespérément des réponses.

Ce n’est pas un hasard si, quelques semaines plus tard, Kent Hughes et Jeff Gorton ont décidé d’embaucher Derek Lalonde qui arrive précisément avec la réputation inverse.

À Tampa Bay, il était responsable de la structure défensive et du désavantage numérique de Jon Cooper pendant les années des deux Coupes Stanley.

À Toronto, Craig Berube lui avait confié exactement les mêmes responsabilités.

On ne remplace pas Trevor Letowski par Derek Lalonde par hasard.

Surtout que le statut de Lalonde alimente le feu de la controverse.

Il ne débarque pas à Montréal comme un simple adjoint parmi les autres.

Il devient immédiatement le premier adjoint de Martin St-Louis.

Si Martin St-Louis devait s’absenter pour une raison ou une autre pendant la saison, c’est Derek Lalonde qui prendrait les commandes de l’équipe.

Il envoie un message cinglant à l’ensemble du personnel d’entraîneurs, Stéphane Robidas compris, qu'il dépasse aussitôt dans la hiérarchie.

Son arrivée ressemble davantage à celle d’un véritable lieutenant qu’à celle d’un simple adjoint: une voix qui possède suffisamment d’expérience et de crédibilité pour influencer les décisions importantes pendant un match.

On remplace un spécialiste du désavantage numérique par un autre spécialiste du désavantage numérique.

Mais avec une feuille de route beaucoup plus impressionnante.

Et c’est là que plusieurs commencent à faire le lien.

Jeff Gorton avait envoyé un message très clair immédiatement après l’élimination contre la Caroline.

Le vice-président hockey du Canadien avait publiquement affirmé que l’équipe devait devenir beaucoup meilleure défensivement.

À ce moment-là, plusieurs avaient interprété ses propos comme une critique adressée uniquement aux joueurs.

Aujourd’hui, avec l’embauche de Derek Lalonde, il devient difficile de ne pas penser que cette réflexion concernait également le personnel d’entraîneurs.

Parce que la série contre les Hurricanes n’a pas seulement exposé certaines limites de l’effectif.

Elle a aussi exposé les limites du système.

Pendant cinq matchs, Rod Brind’Amour a complètement dominé le duel tactique.

Les Hurricanes contrôlaient les sorties de zone.

Neutralisaient les transitions.

Fermaient systématiquement le centre de la glace.

Pendant que le Canadien semblait incapable d’apporter des ajustements significatifs.

Depuis deux ans, plusieurs réclamaient d’ailleurs exactement ce que Kent Hughes vient finalement d’offrir à Martin St-Louis.

Un véritable entraîneur d’expérience.

Un ancien entraîneur-chef de la LNH.

Une voix capable de remettre certaines décisions en question.

Une personne ayant déjà traversé les tempêtes des séries éliminatoires.

Pendant longtemps, Martin St-Louis s’est entouré d’adjoints qui apprenaient pratiquement en même temps que lui.

Aujourd’hui, cette époque semble révolue.

L’arrivée de Derek Lalonde ressemble presque à un aveu.

L’organisation reconnaît qu’elle avait besoin d’ajouter davantage d’expérience derrière le banc.

Ce qui rend également le dossier intrigant, c’est la situation contractuelle du personnel d’entraîneurs.

Comme l’a rapporté Eric Engels, Martin St-Louis, Stéphane Robidas et Alex Burrows arrivent tous à la dernière année de leur contrat.

Tout le monde sait que St-Louis va devenir le coach le mieux payé de la LNH avec un salaire avoisinant le 6-7 millions de dollars.

Derek Lalonde, lui, a obtenu une entente de plusieurs saisons.

Le Canadien prépare déjà une certaine stabilité derrière le banc.

Cela signifie aussi que la direction voulait absolument Derek Lalonde.

Au point de modifier complètement la composition de son personnel.

Le Canadien parle d’un départ motivé par la famille. C'est crédible. C'est la meilleure excuse possible.

C'est tout à fait possible que Trevor Letowski ait lui-même souhaité ralentir le rythme après près de trente ans dans le hockey professionnel.

Mais ce n'est pas la vérité.

Force est de constater que plusieurs éléments ne cadrent pas avec cette explication.

Le maintien de son contrat.

Son remplacement immédiat par un entraîneur possédant exactement les mêmes responsabilités.

Les critiques publiques de Jeff Gorton concernant le jeu défensif.

L’effondrement du désavantage numérique en séries.

Et la volonté clairement affichée d’ajouter enfin une voix d’expérience derrière Martin St-Louis.

Pris séparément, chacun de ces éléments veut tout dire

Mis ensemble, ils alimentent.. la vérité du congédiement déguisé.

Celle d’un départ qui aurait été présenté de façon élégante afin de permettre à toutes les parties de sauver la face.

Dans la LNH, ce genre de scénario est loin d’être exceptionnel.

On l’a vu avec des entraîneurs.

Avec des dirigeants.

Avec des joueurs.

Le fameux « je veux passer plus de temps avec ma famille » sert pratiquement toujours à annoncer un départ parfaitement volontaire.

Et parfois… il permet simplement de tourner la page sans créer de controverse publique.

Avec l’arrivée de Derek Lalonde, le message envoyé par Kent Hughes et Jeff Gorton est limpide.

Le statu quo derrière le banc n’était plus une option.

Et le départ de Trevor Letowski n'est pasd volontaire.

Après les difficultés défensives du Canadien et l’effondrement de son désavantage numérique, l’organisation a jugé qu’un changement majeur s’imposait.

La porte de sortie a été brutale... et le congédiement si bien déguisé...