Congédiement demandé: le DG des Blackhawks est dans l'eau chaude
Kyle Davidson. Blackhawks de Chicago

Congédiement demandé: le DG des Blackhawks est dans l'eau chaude

David Garel
Le 2026-10-28

La patience commence sérieusement à manquer à Chicago. Après plusieurs années de reconstruction, les Blackhawks continuent de s’enfoncer dans les profondeurs du classement, et les regards se tournent maintenant vers l’homme qui devait ramener cette organisation au sommet : Kyle Davidson.

Dire que les Hawks ont commencé leur reconstruction en même temps que le Canadien.

Ouch.

Le directeur général a obtenu des dizaines de choix au repêchage, sacrifié plusieurs joueurs établis et accumulé les promesses pour bâtir une nouvelle puissance.

Pourtant, les résultats ne suivent toujours pas. Pire encore, plusieurs décisions prises depuis son arrivée commencent à ressembler à des occasions complètement ratées.

Connor Bedard est là, les jeunes s’accumulent, les saisons passent, mais Chicago demeure une équipe qui cherche désespérément son identité.

Et lorsque les rumeurs de congédiement commencent à circuler autour d’un directeur général en pleine reconstruction, c’est parce que le propriétaire a déjà perdu patience.

Le plus inquiétant, c’est que Davidson ne peut plus simplement invoquer le manque de talent pour expliquer les difficultés de son équipe.

Depuis 2022, il a disposé d’un capital considérable pour bâtir son organisation. Il a échangé Brandon Hagel, Alex DeBrincat, Kirby Dach, Patrick Kane, Marc-André Fleury, Jake McCabe, Jason Dickinson et plusieurs autres joueurs afin de récupérer des choix et des espoirs.

Cette stratégie devait permettre aux Blackhawks de repartir sur des bases solides. Après avoir terminé au 30e rang en 2023, puis au 31e rang lors des trois saisons suivantes selon les résultats rapportés, Chicago devait enfin commencer à récolter les fruits de son travail.

Or, l’équipe continue de végéter dans le bas du classement. Avec seulement quatre victoires à ses douze premières rencontres cette saison, le bilan est horrible.

Le véritable problème se trouve dans la qualité des joueurs sélectionnés. Chicago a accumulé les choix de première ronde et les sélections dans les premières rondes, mais combien de ces joueurs sont réellement devenus des éléments incontournables?

Connor Bedard représente évidemment une réussite majeure, mais le sélectionner au premier rang ne demandait pas exactement un miracle de recrutement. Pour le reste, les questions se multiplient.

En 2022, les Blackhawks ont sélectionné Kevin Korchinski au septième rang. Le défenseur possède des qualités offensives, mais son développement n’a pas encore répondu aux attentes associées à une sélection aussi élevée. Il est sur le marché des transactions en ce moment.

Frank Nazar, choisi au 13e rang après avoir été obtenu dans la transaction de Kirby Dach, a montré des signes encourageants, mais Chicago attend toujours de voir jusqu’où il pourra pousser sa production offensive. Pendant ce temps, plusieurs joueurs sélectionnés après eux ont déjà commencé à faire parler d’eux dans la LNH.

Le cas de Lane Hutson est une honte pour Chicago, qui a préféré deux joueurs lors du repêchage de 2022, Paul Ludwinski et Ryan Greene, avant que Montréal ne mette la main sur Hutson au deuxième tour.

Aujourd’hui, le défenseur du Canadien est devenu un prodige capable de changer le rythme d’une rencontre grâce à sa créativité offensive et à sa capacité exceptionnelle à transporter la rondelle. Les Blackhawks auraient certainement besoin d’un défenseur de ce calibre pour accélérer leur reconstruction.

La cuvée de 2023 soulève également des interrogations. Connor Bedard était le choix évident au premier rang, mais Chicago possédait aussi des sélections obtenues dans la transaction de Brandon Hagel, qui est devenu une superstar à Tampa Bay.

Avec le 19e choix, l’organisation a sélectionné Oliver Moore, un attaquant rapide dont le potentiel reste intéressant, mais qui ne sera jamais un attaquant de premier plan.

Au 27e rang, les Blackhawks ont choisi Marek Vanacker avant que Matvei Gridin et Igor Chernysov soient sélectionnés.

Ces décisions sont toutes des erreurs définitives et trahissent le risque associé à une stratégie qui repose sur l’accumulation de choix plutôt que sur leur transformation en véritables vedettes.

Le dossier Sasha Boisvert ajoute une autre interrogation. Sélectionné au 18e rang en 2024, il a été préféré à plusieurs attaquants prometteurs, dont Michael Hage.

Ses premières difficultés offensives dans la Ligue américaine confirment qu’il sera un plombier d’énergie.

Le choix d’Artyom Levshunov au deuxième rang du repêchage de 2024 risque de rester longtemps au cœur des débats.

Après avoir sélectionné Macklin Celebrini au premier rang, Chicago a décidé de miser sur un défenseur biélorusse doté d’un potentiel physique et offensif considérable.

Mais le problème pour Davidson, c’est le joueur qu’il a laissé passer.

Ivan Demidov était disponible. Le jeune attaquant représentait une option offensive exceptionnelle, avec des mains remarquables, une créativité rare et la capacité de produire des séquences capables de faire lever une foule.

Il aurait tout détruit avec Connor Bedard. Montréal a finalement volé Demidov au cinquième rang, et son arrivée a donné au Canadien un espoir offensif de premier plan.

Pour une organisation qui avait déjà Connor Bedard, le choix de Demidov aurait pu offrir la combinaison la plus dangereuse de toute la LNH.

En panique, Davidson a décidé d’accélérer les choses en acquérant Bowen Byram. Le défenseur de 25 ans a été obtenu dans une transaction où les Hawks ont sacrifié le quatrième choix au total, puis il a reçu une prolongation de contrat de six ans évaluée à 75 millions de dollars, soit 12,5 millions par saison.

C’est un engagement ridicule pour un joueur qui n’a jamais démontré qu’il pouvait assumer durablement les responsabilités d’un défenseur numéro un ou numéro deux dans la LNH.

Ni avec l’Avalanche du Colorado, ni avec les Sabres de Buffalo.

La situation devient encore plus préoccupante lorsqu’on regarde la stabilité derrière le banc. Davidson en est déjà à trois congédiements d’entraîneurs depuis son arrivée à la tête de l’organisation.

On se croirait au CF Montréal.

Le DG de Chicago tente de masquer les problèmes de recrutement, de développement et de construction de l’alignement en effectuant des transactions de panique.

Kyle Davidson devait reconstruire une puissance à Chicago. On réalise maintenant que toutes ces années de sacrifices, tous ces choix au repêchage et tous ces changements derrière le banc n’auront servi à rien.

Ça sent le congédiement à plein nez.