Destruction d'un homme: le dépisteur qui ne voulait pas de Jacob Fowler à Montréal
Jacob Fowler et Vincent Riendeau. Captures d'écran-youtube, Canadiens de Montréal

Destruction d'un homme: le dépisteur qui ne voulait pas de Jacob Fowler à Montréal

David Garel
Le 2026-10-28

La vidéo circule partout et les partisans du Canadien de Montréal n’ont pas fini d’en parler.

Billy Ryan, le responsable de l’évaluation des joueurs et dépisteur amateur de l’organisation, avait défendu Jacob Fowler avant le repêchage de 2023.

À l’époque, le gardien américain n’était pas considéré comme une vedette incontournable. Il mesurait 6 pieds 1 pouce, il n’avait pas le gabarit imposant de certains gardiens convoités et plusieurs autres portiers avaient été sélectionnés avant lui.

Pourtant, Ryan avait vu quelque chose que d’autres avaient peut-être manqué : Fowler trouvait des façons de gagner. Aujourd’hui, alors que le jeune gardien enchaîne les performances dominantes avec le Canadien, cette séquence revient hanter ceux qui n’avaient pas nécessairement placé Fowler au sommet de leur liste.

Et le nom de Vincent Riendeau se retrouve inévitablement dans la conversation pour les pires raisons.

Riendeau est le directeur du développement des gardiens et dépisteur professionnel du Canadien depuis 2017. Il s’agit d’un poste important dans une organisation qui cherche constamment à améliorer son évaluation des joueurs, particulièrement devant le filet.

Avec son expérience comme ancien gardien professionnel, entraîneur et spécialiste du développement, Riendeau est censé apporter une expertise précieuse à la direction.

Mais lorsque le gardien qui est en train de devenir la grande sensation de Montréal a été identifié avec autant de conviction par un dépisteur amateur, la question devient embarrassante : comment a-t-il pu s'opposer de cette façon?

Surtout que Fowler avait délivré tout un speech aux recruteurs du CH:

Et lorsque la vidéo circule partout sur les réseaux sociaux, le pauvre Riendeau est détruit par les commentaires cinglants de la toile. Ça fait tellement mal à l'ego... et à la dignité d'un homme.

En 2023, Montréal ne disposait que d’un seul choix parmi les 68 premières sélections : David Reinbacher, choisi au cinquième rang. Le reste de la cuvée devait notamment permettre au Canadien de dénicher des joueurs capables de dépasser les attentes malgré une sélection plus tardive.

Fowler a été repêché au 69e rang, au début de la troisième ronde, après que cinq autres gardiens eurent été sélectionnés.

Dans la vidéo devenue virale, Ryan explique essentiellement que Fowler trouve des façons de gagner. Ce n’est pas une qualité qui se mesure uniquement avec la taille, les statistiques ou les attributs physiques.

Il s’agit d’un gardien capable de répondre présent lorsque son équipe a besoin de lui, de s’adapter à différentes situations et de trouver une solution même lorsque le match devient difficile.

C’est exactement ce que Fowler montre actuellement à Montréal.

Son calme, sa confiance et sa capacité à multiplier les arrêts importants lui permettent de se distinguer. Il ne donne pas l’impression d’être dépassé par la vitesse de la LNH.

Au contraire, il joue avec une assurance qui dépasse son âge et qui rassure ses coéquipiers. Le jeune gardien ne se contente pas de bloquer des rondelles : il donne au Canadien une chance de gagner, même lorsque la défense lui impose une charge de travail considérable.

Ryan avait compris que Fowler possédait cette qualité avant même que le grand public commence à s’intéresser sérieusement à lui. Aujourd’hui, il peut regarder les images de ses performances avec une satisfaction bien méritée.

Riendeau vit un cauchemar public. Il occupe une fonction spécialisée dans l’évaluation et le développement des gardiens. Son expertise devrait permettre à Montréal d’identifier les bons profils, de repérer les qualités qui échappent parfois aux autres équipes et de contribuer aux décisions de la direction.

Or, il ne voulait rien savoir du meilleur gardien de la LNH en ce moment.

Pour Riendeau, la situation est forcément catastrophique sur le plan professionnel. Son rôle est directement associé à l’évaluation des gardiens.

La vidéo est devenue virale pour une raison simple : elle rappelle que certaines personnes moins bien placées, moins bien payées et moins respectées que des gens dits "supérieurs" peuvent avoir le dernier mot.

On est étonné que Riendeau ait encore un emploi avec le CH. Ouch.