Congédiement d’Éric Raymond: Jakub Dobes avoue que cela a tout changé

Congédiement d’Éric Raymond: Jakub Dobes avoue que cela a tout changé

Par David Garel le 2026-01-31

Il n’y a plus d’ambiguïté possible : ce qui se joue devant nos yeux depuis une semaine, c’est la prise de pouvoir officielle de Jakub Dobeš devant le filet du Canadien de Montréal.

Samedi soir à Buffalo, pour un troisième départ consécutif, le jeune gardien tchèque a encore livré une performance de gardien numéro un, repoussant 38 tirs dans une victoire de 4-2, sa sixième victoire de suite, sa troisième victoire consécutive comme partant, et surtout un autre match où il a calmé le jeu, éteint la foule et tenu l’équipe debout quand tout chancelait.

Ce n’est plus une séquence. Ce n’est plus un échantillon. C’est une tendance lourde.

Le Canadien sortait d’une deuxième période pénible, prisonnier de son territoire, incapable de respirer pendant de longues séquences.

Buffalo poussait, testait, bombardait. Et chaque fois, Dobeš répondait avec la même posture : calme, posé, carré, sans panique, sans gestuelle inutile.

Ce n’est pas le gardien spectaculaire qui vole des buts pour faire lever la foule, c’est le gardien fiable, celui qui enlève l’espoir à l’adversaire. Celui qui fait comprendre à son équipe que, même quand ça va mal, le filet est fermé.

Et c’est là que tout bascule.

Parce que pendant que Dobeš empile les départs solides, Samuel Montembeault disparaît tranquillement du portrait. Pas par humiliation. Pas par déclaration brutale. Mais par la logique la plus cruelle du sport professionnel : quand un autre fait le travail mieux, plus souvent, dans les moments clés, le poste change de main.

Martin St-Louis n’a rien avoué verbalement, mais son geste parle plus fort que n’importe quelle conférence de presse.

Confier un troisième match de suite à Dobeš dans une course aux séries, sur la route, contre un rival direct, c’est un aveu clair : le numéro un, en ce moment, c’est lui.

Et cette réalité entraîne une conséquence inévitable : Montembeault vit ses derniers mois à Montréal. L’été qui s’en vient sera celui des décisions structurelles, et tout pointe vers un tandem clair pour la saison prochaine : Dobeš et Jacob Fowler.

Deux gardiens jeunes, complémentaires, sous contrôle, formés dans la même philosophie. Montembeault, malgré son professionnalisme, devient l’homme de trop. Il sera échangé. Ce n’est plus une hypothèse, c’est une conclusion logique.

Ce qui rend la situation encore plus lourde pour Éric Raymond, c’est que Dobeš lui-même a exposé la rupture, sans jamais nommer personne, mais sans laisser place au doute.

Après le match, devant les caméras, le gardien n’a cessé de ramener le même élément : les ajustements récents, les discussions après la première période, les détails techniques corrigés immédiatement. Et chaque fois, le même nom revenait : Marco Marciano.

Dobeš l’a dit sans détour : Marciano a vu quelque chose, est intervenu, a simplifié son jeu, lui a donné des repères clairs. Il a parlé de relation, de confiance, de continuité. Il est même allé jusqu’à dire que Marciano avait contribué à faire de lui le gardien qu’il est aujourd’hui.

Quand un joueur dit ça publiquement, au lendemain d’un congédiement, ce n’est pas anodin. C’est un témoignage. Et c’est aussi, indirectement, un constat brutal : ce lien-là n’existait plus avant.

Marciano, lui, n’a pas besoin de parler. Sa présence est visible. Il est sur la glace. Il gesticule. Il explique. Il corrige. Il vit chaque arrêt avec ses gardiens.

La différence avec l’ère précédente saute aux yeux, et tout le monde dans l’organisation la voit. Comme à l’époque où Dominique Ducharme avait senti le sol se dérober sous ses pieds pendant que Martin St-Louis redonnait vie au groupe, Raymond a été dépassé par une nouvelle énergie, une nouvelle lecture, une nouvelle exigence.

Ce n’est pas personnel. C’est professionnel. Et c’est impitoyable.

Samedi soir, pendant que Cole Caufield marquait deux fois, pendant que Suzuki dirigeait le jeu, pendant que le Canadien survivait à la tempête en deuxième période, le vrai message venait du filet.

Dobeš n’a pas seulement gagné un match. Il a gagné la confiance du vestiaire. Il a gagné la confiance de l’entraîneur. Et il a, sans le dire, fermé la porte derrière lui.

Le futur du Canadien est en train de s’écrire. Et devant le filet, il porte désormais un masque tchèque.