Congédiement: Martin St-Louis s'est vengé

Congédiement: Martin St-Louis s'est vengé

David Garel
Le 2026-07-15

Le fameux « Yzerplan » est officiellement terminé.

Après sept saisons de reconstruction ratée, des centaines de millions de dollars investis, des choix de premier tour sacrifiés à répétition et des promesses qui ne se sont jamais concrétisées, Steve Yzerman n’est plus directeur général des Red Wings de Detroit.

Oui, il demeure dans l’organisation comme conseiller spécial.

Mais ne nous racontons pas d’histoires.

Quand on retire les clés d’une équipe à son directeur général, c’est un congédiement déguisé.

Et quelque part à Montréal…

Martin St-Louis doit sourire... car il s'est vengé sur toute la ligne.

Derrière cette nouvelle se cache une histoire qui remonte à plus de dix ans.

Conflit, blessures d’orgueil, revanche.

St-Louis n’a jamais oubliée.

Tout le monde se souvient des Jeux olympiques de Sotchi en 2014.

Steve Yzerman dirigeait Équipe Canada.

Martin St-Louis venait de connaître une saison exceptionnelle avec le Lightning de Tampa Bay.

Et pourtant…

Yzerman l’avait laissé de côté.

Le message était sans pitié, surtout qu'Yzerman était le DG de St-Louis à Tampa Bay.

Ce n’était pas une question de talent.

Stev Yzerman avait peur que St-Louis ait une attitude toxique dans la chambre du Canada, car il aurait joué sur un 4e trio. Il avait peur qu'il fasse sa diva.

St-Louis avait finalement été rappelé après la blessure de Steven Stamkos, Mais il avait été envoyé dans les gradins ou comme 13e attaquant à réchauffer le banc par le coach Mike Babcock.

Le mal était déjà fait.

Cette humiliation l’a marqué profondément au point de demander une transaction aux Rangers la même saison.

Aujourd’hui, douze ans plus tard, les deux hommes se retrouvent dans des trajectoires complètement opposées.

Martin St-Louis, malgré toutes les critiques qu’il reçoit à Montréal, dirige une équipe en pleine ascension.

Steve Yzerman, lui, quitte son poste après avoir complètement raté sa reconstruction. Et surtout après avoir été congédié sans aucune pitié.

Ouch.

7 saisons.

Aucune participation aux séries éliminatoires.

Aucune véritable identité.

Aucune progression.

Pour un homme considéré pendant des années comme le meilleur directeur général de la LNH, l’échec est immense.

Le plus inquiétant?

Yzerman aura multiplié les erreurs.

Les contrats de Ben Chiarot et Andrew Copp (5,625 M$), JT Compher (5,1 M$) et Ben Chiarot (3m85 M$) ont vieilli de manière horrible.

L’organisation a dépensé énormément pour des vétérans censés accélérer la reconstruction.

Résultat?

Detroit est demeuré coincé entre deux réalités.

Ni assez mauvais pour tout reconstruire.

Ni assez bon pour aspirer aux grands honneurs.

Le fameux « Yzerplan » n’a jamais vraiment existé autrement que dans le marketing.

Pendant ce temps, plusieurs jeunes joueurs n’ont jamais franchi l’étape suivante.

L’équipe n’a jamais développé une véritable culture gagnante.

Et lorsqu’une vedette finit par perdre patience…

Tout explose.

La demande de transaction de Dylan Larkin représente probablement le coup de grâce.

Le capitaine.

Le visage de la concession.

Un enfant de Detroit.

Le joueur qui rêvait de gagner avec les Red Wings.

Lorsqu’une légende comme lui demande à partir, ce n’est plus seulement un problème de hockey.

C’est un échec organisationnel.

C’est le signe qu’une reconstruction a complètement perdu son vestiaire.

Voilà ce qui convaincu Chris Ilitch qu’il fallait tourner la page.

Au final, le bilan est impossible à défendre.

Même lorsqu’un joueur de l’importance de Quinn Hughes est devenu disponible et voulait jouer à Détroit, Yzerman n’a jamais réussi à conclure.

Pendant ce temps…

Martin St-Louis continue d’avancer.

Oui, son travail est souvent critiqué.

Oui, ses décisions divisent les partisans.

Mais il construit quelque chose.

À Montréal, aucune erreur n’est pardonnée.

Chaque conférence de presse est disséquée.

Chaque défaite devient une crise.

Chaque décision est remise en question.

Steve Yzerman n’a jamais vécu cette pression.

À Detroit, il bénéficiait pratiquement d’une immunité grâce à son immense carrière de joueur.

Son statut de légende lui a offert un temps que très peu de directeurs généraux auraient obtenu ailleurs.

Imaginez un seul instant un directeur général du Canadien survivre sept ans sans participer aux séries éliminatoires.

Impossible.

Et voilà pourquoi cette histoire possède une saveur particulière pour Martin St-Louis.

L’homme qui avait été écarté par Yzerman en 2014 voit aujourd’hui son ancien patron perdre les commandes d’une organisation qu’il était censé ramener au sommet.

Le symbole est puissant.

Le hockey possède parfois une drôle de mémoire.

Mais ce n’est pas seulement Martin St-Louis qui doit savourer ce moment.

Toute la réputation de Steve Yzerman vient d’en prendre un coup.

Pendant des années, son passage à Tampa Bay lui a donné une aura presque intouchable.

On oubliait toutefois une réalité importante.

Les deux Coupes Stanley du Lightning sont arrivées… après son départ.

Julien BriseBois a complété le travail.

À Detroit, Yzerman avait enfin l’occasion de bâtir sa propre dynastie.

Cette fois, personne d’autre ne pouvait recevoir le crédit.

Et malheureusement pour lui…

Personne d’autre ne peut porter le blâme.

Le verdict est sans appel.

Aujourd’hui, Steve Yzerman quitte son poste de directeur général par la petite porte.

Martin St-Louis, lui, continue de bâtir son histoire.

Et il y a quelque chose de profondément cinglant dans cette conclusion.

L’homme que Yzerman avait jugé insuffisant pour Équipe Canada est toujours debout.

Celui qui était considéré comme un génie de la gestion, lui, vient de perdre les clés de son équipe.

Comme quoi, dans le hockey…

La meilleure revanche n’est jamais une déclaration.

C’est le temps.