Le Canadien de Montréal a joué avec les règles de la LNH pour permettre à Jacob Fowler, Jakub Dobeš et Samuel Montembeault de s’entraîner avec Marco Marciano pendant l’été.
Tricherie quand tu nous tiens.
Marciano est passé du Rocket de Laval au grand club sur une base intérimaire au début de 2026. Depuis, son influence sur les gardiens montréalais est devenue impossible à ignorer.
Pourtant, alors que son rôle a changé sur le site officiel du Canadien (de coach intérimaire à coach officiel), aucune annonce publique de prolongation de contrat n’a été faite. Et on le voit travailler avec Fowler, Dobeš et Montembeault pendant la saison morte. Disons que la situation est louche comme jamais.
Le principe est simple : les règles encadrant les activités des joueurs et des entraîneurs pendant l’été sont claires.
Les entraîneurs ne peuvent pas « coacher » les joueurs, peu importe la position.
La LNH veut éviter qu’une équipe profite d’un accès privilégié à ses employés et à ses installations pendant que les autres organisations doivent respecter les mêmes limites.
Donc, le CH s’est arrangé pour que Marciano ne soit pas officiellement employé du Canadien cet été.
Montréal contourne la convention collective.
Marciano n’avait pas officiellement de contrat cet été, alors que tout le monde sait qu’il était payé par le CH.
Des paiements louches... en-dessous de la table...
L’organisation nous prend pour des imbéciles.
Marciano était entraîneur des gardiens à Laval avant d’être appelé en renfort à Montréal. Il a pris la relève d’Éric Raymond, puis Jakub Dobeš a connu une progression spectaculaire pendant le parcours éliminatoire du CH.
Le jeune gardien a lui-même souligné à plusieurs reprises l’importance de son entraîneur dans son développement.
Jacob Fowler, lui aussi, est considéré comme un élément majeur de l’avenir de l’organisation. Si Marciano est devenu une pièce aussi importante dans la progression de ces deux gardiens, son absence de contrat officiellement annoncé pendant qu’il travaille avec eux cet été, alors qu’il est payé par Geoff Molson, est bel et bien de la triche.
Si Marciano a bel et bien signé une prolongation, pourquoi l’organisation n’a-t-elle pas annoncé la nouvelle? Le titre d’entraîneur intérimaire a disparu du site officiel, ce qui indique que le Canadien le présente désormais comme son entraîneur des gardiens à part entière.
Le club n’a toutefois pas accompagné cette modification d’une annonce publique de contrat. Dans une organisation qui contrôle soigneusement ses communications, cette absence d’explication laisse la porte ouverte aux soupçons.
Pire encore, elle confirme les accusations.
Montréal a contourné les règles. Pour quoi, au final?
Tant qu’à tricher, Marciano aurait dû superviser Dobeš d’une bien meilleure façon cet été.
Le Tchèque est arrivé en surpoids au camp d’entraînement, en méforme physique complète, alors qu’il a fait la fête durant deux mois.
Évidemment, Marciano ne pouvait le surveiller dans les bars, mais en matière de préparation sportive, il y avait de grosses lacunes pour que Dobeš arrive au camp dans cette forme honteuse.
Avec une fiche de 1-2-2, une moyenne de buts accordés de 4,47 et un taux d’efficacité de ,842, le Tchèque figure parmi les pires gardiens de la LNH.
Les statistiques avancées enfoncent encore davantage le clou : Dobeš a accordé 6,2 buts de plus que prévu selon la qualité des tirs auxquels il a fait face, ce qui le place au troisième rang des pires gardiens de la ligue dans cette catégorie.
Seuls Kevin Lankinen et Dustin Wolf font pire. Il faut maintenant se demander ce qui a changé dans sa préparation, sa confiance et son encadrement.
Marco Marciano a joué un rôle important dans sa progression la saison dernière. Il doit donc aussi être questionné sur ce qui se passe actuellement. Un entraîneur des gardiens ne peut pas être crédité de tous les succès de son protégé, puis disparaître de l’équation lorsque les choses tournent mal.
Surtout quand tu brises les règles de la LNH en étant payé, sous contrat, alors que tu n’es pas supposé être sur la glace avec les joueurs.
Montréal ne peut pas se permettre de transformer son département des gardiens en feuilleton permanent. Entre les montagnes russes de Montembeault et sa blessure, la descente aux enfers de Dobeš, les attentes envers Fowler et la tricherie estivale concernant le contrat de Marciano, le club doit remettre de l’ordre dans sa cabane.
Le Canadien n’a fourni aucune explication administrative. Mais si le club a réellement menti sur son entente avec Marciano pour lui permettre de travailler avec Fowler pendant l’été, il doit pouvoir expliquer comment cette formule respecte les règles en vigueur.
Impossible de le faire.
Si Kent Hughes et Jeff Gorton veulent éviter que cette histoire prenne des proportions démesurées, ils ont intérêt à clarifier rapidement le statut contractuel de Marciano et la nature de son travail estival.
Et avec tout ce qui se passe actuellement devant le filet, le CH n’a vraiment pas besoin d’un autre incendie à éteindre.
