Contrat de Martin St-Louis: il refuse de donner un rabais aux Canadiens de Montréal

Contrat de Martin St-Louis: il refuse de donner un rabais aux Canadiens de Montréal

David Garel
Le 2026-07-12

Une question revient constamment dans les coulisses du Canadien de Montréal. Pourquoi le dossier de Martin St-Louis traîne-t-il autant?

Officiellement, personne ne confirme qu’une prolongation de contrat est imminente. Officieusement, très peu de gens dans le milieu croient que l’organisation laissera son entraîneur-chef amorcer une saison avec une seule année restante à son entente.

Les spéculations sont nombreuses et tous les autres recruteurs sont convaincus que ce n’est plus une question de si, mais simplement de quand l’annonce sera faite.

Pire encore, Selon ce qui circule dans le milieu, très peu de gens croiraient encore que le contrat de Martin St-Louis n’est pas déjà entièrement ficelé. Plusieurs estiment que tous les détails de la prochaine entente auraient été réglés depuis un bon moment et qu’il ne manquerait que le moment opportun pour en faire l’annonce.

Pourquoi attendre? Parce que le Canadien n’a toujours pas réussi à frapper son grand coup sur le marché des joueurs.

Annoncer une prolongation majeure pour son entraîneur qui deviendra le coach le mieux payé de la LNH, alors que Kent Hughes n’a toujours pas réglé le dossier du deuxième centre ou ajouté l’attaquant d’impact promis "au nom de la structure salariale" risquerait d’envoyer un drôle de message aux partisans.

Certains croient que l’organisation préférerait patienter jusqu’à ce qu’une transaction ou une signature importante vienne accompagner la nouvelle, afin que toute l’attention ne soit pas dirigée uniquement vers le salaire de Martin St-Louis.

Mais au-delà du moment choisi pour l’annoncer, c’est le message que cette prolongation risque d’envoyer à tout le vestiaire qui va créer la controverse.

Depuis l’arrivée de Kent Hughes, le Canadien s’est bâti une réputation très claire. Tout le monde accepte un rabais.

Nick Suzuki a accepté 7,875 millions de dollars par saison. Cole Caufield a accepté 7,85 millions. Juraj Slafkovsky a accepté 7,6 millions. Lane Hutson a signé à un prix que plusieurs considèrent déjà inférieur à sa véritable valeur (8,85 M$). Ivan Demidov aussi a accepté une structure extrêmement favorable pour l’organisation. (9,15 M$)

Chaque fois, le même discours revenait.

On demande aux joueurs de penser au projet.

On leur demande de laisser un peu d’argent sur la table pour permettre au Canadien de construire une équipe capable de gagner.

Kent Hughes a lui-même vendu cette philosophie depuis le début de son mandat. Et jusqu’à maintenant, elle a fonctionné.

Mais voilà où le dossier Martin St-Louis devient beaucoup plus délicat.

L’entraîneur est déjà parmi les mieux rémunérés de la LNH avec un salaire de 5 millions de dollars par année jusqu’en 2027.

Pourtant, tout indique que sa prochaine entente pourrait encore le faire grimper dans la hiérarchie, possiblement jusqu’au groupe des entraîneurs les mieux payés du circuit.

On parle de 6 à 7 M$ par année.

Ouch. C’est là qu'on commence sérieusement à décrocher.

Comment peux-tu demander à tes jeunes vedettes d’accepter des rabais année après année… si, au moment de négocier avec ton entraîneur, cette logique disparaît complètement?

Comment peux-tu expliquer à Suzuki qu’il doit penser à l’équipe?

Comment peux-tu convaincre Caufield de sacrifier des millions?

Comment peux-tu demander à Slafkovsky, Hutson ou Demidov d’adhérer au concept de sacrifice collectif… si la seule personne qui ne semble pas devoir embarquer dans cette philosophie est justement celle qui dirige le groupe?

Kent Hughes et Jeff Gorton vont se défendre que le salaire du coach ne compte pas sur la masse salariale. Foutaise.

Ce dossier dépasse largement Martin St-Louis.

Il touche directement à la crédibilité du message envoyé par l’organisation.

Si tout le monde doit accepter moins d’argent pour bâtir un gagnant, cette règle devrait logiquement s’appliquer à tout le monde.

Sinon, le discours perd énormément de force.

Cela va créer un malaise à l’interne.

Les joueurs ne sont pas naïfs.

Ils voient les contrats signés partout dans la LNH.

Ils savent déjà, selon plusieurs agents de joueurs, qu’ils ont laissé énormément d’argent sur la table avant l’explosion du plafond salarial.

Aujourd’hui, ils regardent des joueurs parfois moins dominants obtenir des contrats supérieurs aux leurs.

Cette frustration existe déjà.

Si, en plus, ils voient leur entraîneur obtenir une augmentation majeure sans qu’on lui demande le même effort collectif, certains pourraient finir par se poser des questions.

Pourquoi les sacrifices seraient-ils réservés aux joueurs?

Pourquoi la philosophie du « rabais pour gagner » s’arrêterait-elle lorsqu’on arrive au bureau de l’entraîneur-chef?

C’est ce qui rend le dossier aussi sensible.

Évidemment, Martin St-Louis possède des arguments.

Il a complètement transformé la culture de l’organisation.

Il a participé au développement de Suzuki, Caufield, Slafkovsky, Hutson et maintenant Demidov.

L’organisation croit clairement en lui.

Personne ne remet cela en question.

Mais une prolongation record viendrait aussi avec des attentes complètement différentes.

À partir du moment où tu fais de ton entraîneur l’un des mieux rémunérés de toute la Ligue nationale, il cesse d’être évalué uniquement sur le développement des jeunes.

Il est désormais comparé aux Jon Cooper, Mike Sullivan, Rod Brind’Amour, Jared Bednar ou Paul Maurice de ce monde.

Il est jugé sur les résultats.

Sur les ajustements.

Sur les séries éliminatoires.

Sur les Coupes Stanley.

C’est le prix à payer lorsqu’on entre dans cette catégorie salariale.

Plusieurs insiders trouvent d’ailleurs curieux que ce dossier ne soit toujours pas réglé publiquement. Non pas parce qu’ils doutent de l’avenir de Martin St-Louis, mais parce qu’ils ont plutôt l’impression que le Canadien choisit soigneusement le moment de l’annonce.

Après un été relativement tranquille sur le marché des joueurs, certains se demandent si l’organisation préfère attendre une acquisition importante avant de dévoiler la prolongation de son entraîneur.

Une chose semble toutefois certaine.

Le jour où cette signature sera annoncée, ce ne sera pas seulement le contrat de Martin St-Louis qui sera analysé.

Ce sera toute la philosophie salariale du Canadien de Montréal.

Car si les joueurs doivent continuer d’accepter des rabais pendant que leur entraîneur obtient le plein prix, le message envoyé à l’intérieur du vestiaire pourrait devenir beaucoup plus difficile à défendre.

Tout le monde accepte un rabais maison sauf Martin le tout-puissant?

Inacceptable.