Le dossier Chris Kreider semble maintenant réglé.
Selon Marco D’Amico(RG Media), l’attaquant américain refuse tout simplement une transaction vers Montréal. Le Canadien aurait manifesté de l’intérêt lorsque les Ducks se sont retrouvés coincés sous le plafond salarial après avoir égalé l’offre hostile déposée à Leo Carlsson, mais tout indique que Kreider ne veut rien savoir de venir porter l’uniforme bleu-blanc-rouge.
Honnêtement, on peut le comprendre.
Pendant des années, Chris Kreider est devenu l’un des joueurs les plus détestés par les partisans du Canadien. Son nom demeure associé à la blessure de Carey Price lors de la finale de l’Est en 2014, un événement qui continue encore aujourd’hui d’alimenter les débats à Montréal.
Même si plusieurs années se sont écoulées, il est difficile d’imaginer un accueil chaleureux au Centre Bell. Dans ce contexte, autant pour le joueur que pour l’organisation, cette avenue n’avait probablement rien d’idéal.
Il y a aussi tout le côté humain qu’on oublie souvent. Après la série de 2014, Chris Kreider est devenu l’un des joueurs les plus détestés de l’histoire récente du Canadien.
Pendant des mois, il a été la cible d’une vague de haine sur les réseaux sociaux. Des insultes, des menaces et des messages d’une violence inouïe ont également touché son entourage, y compris sa conjointe.
À l’époque, l’hostilité était telle que certains journalistes de New York rapportaient même que les Rangers s’étaient questionnés sur les mesures de sécurité entourant leurs déplacements à Montréal.
Qu’on juge cette réaction excessive ou non, une chose demeure : cette histoire a laissé des cicatrices. Plus de douze ans plus tard, le nom de Chris Kreider provoque encore une réaction extrêmement négative chez une partie des partisans du Canadien.
Il est donc facile de comprendre pourquoi il a refusé la transaction vers Montréal.
Une fois Kreider écarté, plusieurs partisans du CH se sont naturellement tournés vers un autre vétéran des Ducks : Alex Killorn.
Sur papier, le lien semblait presque parfait.
Killorn connaît Martin St-Louis mieux que presque n’importe quel joueur de la LNH. Les deux hommes ont partagé le vestiaire du Lightning de Tampa Bay pendant deux saisons, entre 2012 et 2014.
À l’époque, St-Louis jouait déjà le rôle d’un véritable mentor. Killorn a souvent raconté que son ancien capitaine agissait comme un deuxième entraîneur, toujours prêt à décortiquer des séquences vidéo, à corriger les détails et à transmettre son immense compréhension du jeu. Leur relation est demeurée excellente au fil des années.
C’est précisément pour cette raison que plusieurs journalistes québécois ont rapidement établi un lien entre Montréal et Killorn lorsque les Ducks se sont retrouvés dans une situation financière extrêmement compliquée.
Après avoir égalé l’offre hostile historique des Flyers pour Leo Carlsson, Anaheim doit maintenant trouver de l’espace sous le plafond salarial afin de signer Cutter Gauthier, qui voudrait près de 15 M$ par annéeé
Avec seulement 9 millions de dollars de marge de manœuvre, Pat Verbeek devra presque inévitablement se départir d’un ou de plusieurs vétérans.
Les noms de Chris Kreider et d’Alex Killorn reviennent constamment dans les discussions, tout comme celui de Frank Vatrano.
Mais contrairement à ce que plusieurs croyaient, la présence de Martin St-Louis derrière le banc ne semble absolument pas changer la position du Canadien.
Montréal ne considère tout simplement pas Alex Killorn comme la solution recherchée. À 36 ans, avec une seule année restante à son contrat de 6,25 millions de dollars, il représente un investissement beaucoup trop important pour un joueur qui n’a pas dépassé le plateau des 37 points lors de chacune de ses trois dernières saisons.
Vancouver apparaîtrait d’ailleurs comme une destination beaucoup plus crédible pour accueillir Killorn.
Le Canadien refuse de sacrifier sa flexibilité financière.
Kent Hughes préfère conserver de l’espace sous le plafond salarial afin d’être en mesure de profiter d’une véritable occasion durant la saison, lorsque certaines équipes seront forcées de vendre ou de réduire leur masse salariale.
Avec sa banque d’espoirs et ses choix au repêchage (sans oublier Kirby Dach et ses défenseurs gauchers plombiers comme Jayden Struble, Adam Engström et Arber Xhekaj), Montréal croit être beaucoup mieux placé pour frapper un gros coup au bon moment plutôt que de se précipiter sur un vétéran dont le meilleur hockey semble derrière lui.
C’est aussi ce qui explique pourquoi le dossier Anthony Mantha demeure beaucoup plus intéressant.
Oui, Mantha représente lui aussi un risque. Mais on parle d’un attaquant de 31 ans qui vient tout juste de connaître une saison de 33 buts et 64 points avec Pittsburgh.
Si le marché finit par le forcer à accepter un contrat beaucoup plus court que ce qu’il réclame actuellement, le Canadien pourrait revoir sa position.
Entre un Killorn de 36 ans à plus de 6 millions de dollars et un Mantha capable de produire encore offensivement, le choix de Kent Hughes semble déjà fait.
Le message est donc assez clair.
Chris Kreider ne veut pas venir à Montréal.
Alex Killorn, malgré toute la relation qu’il entretient avec Martin St-Louis, ne cadre pas avec le plan du Canadien.
Et Kent Hughes préfère encore attendre le bon joueur… plutôt que le premier joueur disponible.
