Coup dur pour Michel Bergeron: le congédiement déguisé de TVA Sports

Coup dur pour Michel Bergeron: le congédiement déguisé de TVA Sports

David Garel
Le 2026-09-07

Michel Bergeron aurait voulu revenir : mais TVA Sports a décidé de le rejeter comme un moins que rien.

Il y a quelque chose de profondément triste dans cette information qui circule.

Après avoir annoncé sa retraite, après avoir dit qu’il avait « fait le tour », après avoir répété qu’il était « en paix avec sa décision », Michel Bergeron aurait finalement regretté son départ.

Selon ce qui circule, le Tigre aurait tenté de revenir.

De sortir de sa retraite.

De reprendre cette place qu’il venait lui-même de quitter.

Et il aurait reçu une réponse qui, pour un homme comme Michel Bergeron, risque d’être beaucoup plus difficile à accepter que toutes les défaites de sa carrière : non.

Triste destin.

La vie de Michel Bergeron a toujours été guidée par la même peur.

La peur de perdre sa place.

La peur que tout s’arrête.

La peur de ne plus être utile.

La peur de se retrouver seul après avoir passé plus d’un demi-siècle à vivre devant des joueurs, des journalistes, des caméras, des partisans et des micros.

Et Michel Bergeron l’a reconnu lui-même.

« Moi, de nature, j’étais un insécure. Mon père était insécure, puis j’ai hérité de ça. »

Cette confession, elle explique peut-être beaucoup plus de choses que toutes les anecdotes sur les Nordiques réunies.

Elle explique pourquoi Michel Bergeron voulait des contrats longs.

Pourquoi il recherchait la sécurité.

Pourquoi, lorsqu’il négociait, il était parfois prêt à accepter moins d’argent en échange d’une garantie.

« Moi, là, quand je m’assoyais pour négocier un contrat, moi, ce que je voulais, là, des années. Donnez-moi une job longtemps. »

« Ça me sécurisait. »

Voilà peut-être la clé de toute l’histoire.

Derrière le Tigre.

Derrière les cris.

Derrière l’homme qui gesticulait derrière un banc.

Derrière celui qui racontait qu’il n’avait jamais été congédié des médias.

Derrière celui qui voulait toujours avoir une opinion sur le Canadien.

Il y avait un homme profondément insécure.

Un homme qui voulait savoir qu’il aurait encore une place demain.

Et voilà pourquoi cette retraite forcée était cruelle.

Quand Michel Bergeron s’est présenté sur les ondes de TVA pour annoncer qu’il tirait sa révérence, il avait pourtant employé des mots qui semblaient définitifs.

« J’ai fait le tour. »

Il parlait de ses 56 années de carrière.

Trois-Rivières.

Québec.

New York.

Montréal.

Le hockey junior.

Les Nordiques.

Les Rangers.

Les médias.

« Tout le monde me connaît au Québec parce que j’ai coaché dans le junior, les Nordiques, les médias. »

Pendant plus d’un demi-siècle, Michel Bergeron n’a pratiquement jamais arrêté.

« La route a été longue avec tout ce que ça comporte, les victoires et les défaites, les joies et les peines. Me semble que je n’ai jamais arrêté. »

La question si triste à poser.

Comment arrête-t-on après 56 ans?

Comment un homme qui a vécu toute sa vie avec un agenda, des matchs, des voyages, des entraînements et des émissions de télévision apprend-il soudainement à ne plus avoir besoin d’être quelque part?

Michel Bergeron l’avait lui-même expliqué.

« Tous les jours, je me mets en question. Est-ce que j’arrête? Est-ce que je continue? »

Il avait expliqué que ses enfants lui disaient depuis deux ans qu’il en avait assez fait.

Sa famille voyait probablement ce que Michel refusait encore de voir.

Son cœur lui avait envoyé des avertissements.

Ses amis Rodger Brulotte, Mike Bossy et compagnie disparaissaient les uns après les autres.

Le temps avançait.

Et Michel Bergeron, lui, continuait de se demander s’il devait travailler demain.

« Ça faisait un bout de temps que j’en parlais avec Michèle et les enfants. On tournait autour du pot, on tournait autour du pot… »

Finalement, il avait rencontré Louis-Philippe Neveu, le vice-président des opérations de l’information générale et sportive du Groupe TVA.

Et il avait pris sa décision.

« On est rendu là. »

Cette phrase est devenue le symbole de sa retraite.

Tout le monde parlait de congédiement déguisé. On en a la confirmation aujourd’hui.

Il avait clamé sous tous les toits : TVA Sports ne l’avait pas mis dehors.

Louis-Philippe Neveu lui avait laissé la décision.

Michel Bergeron avait même eu de bons mots pour son patron.

« L.P. a été bien correct avec moi. »

Puis il avait expliqué que les discussions duraient depuis deux ans.

« Ça faisait deux ans qu’on discutait. Il m’a toujours dit que la décision me revenait. »

Et Michel Bergeron avait finalement annoncé qu’il était en paix.

« Je ne dirais pas que je suis soulagé, mais on est rendu là. Je suis en paix avec ma décision. »

Michel Bergeron a réellement tenté de revenir après avoir pris cette décision. Il n’est aucunement en paix.

Michel Bergeron avait pourtant dit qu’il ne voulait pas s’accrocher.

Il connaissait les critiques à son égard.

Il savait que le public avait changé, que certains trouvaient qu’il radotait les mêmes anecdotes, qu’il était passé date, qu’il en perdait des « bouts » en direct à la télévision, au point qu’Élisabeth Rancourt devait courir à son secours:

Tout le Québec réclamait son départ.

« Je ne voulais pas m’accrocher non plus et devenir une personne à qui on accorderait un petit cinq minutes en guise de faveur. »

On disait qu’il était « has been ».

Certains le traitaient même de « sénile », sans aucun respect.

Sa femme Michèle s’était inquiétée pendant des années de sa colère envers les critiques.

« Elle n’aimait pas le surnom du Tigre. Mon épouse s’est souvent inquiétée que ma colère ait raison de sa santé. »

Les problèmes cardiaques sont arrivés.

Le pacemaker.

Les avertissements.

La réalité brutale du corps.

Et Michel Bergeron a raconté lui-même une scène qui résume parfaitement sa vie.

Lorsqu’on lui a installé un pacemaker, sa première préoccupation n’était pas véritablement son cœur.

« Quand ils m’ont placé un pacemaker, ma première question au médecin était de savoir si j’allais pouvoir jouer au golf. Je ne pensais pas à ma santé. »

« Des erreurs monumentales, autant dans mon travail que dans ma vie personnelle. J’ai négligé ma famille. »

« Dieu sait que j’ai été un père absent. »

« Mes enfants me disaient que je n’étais pas souvent à la maison. L’hiver, c’était le hockey, ce que tout le monde acceptait. Mais l’été, je passais trop de temps au golf. »

« J’étais un excessif. Je l’ai été toute ma vie, dans tout. »

« J’avais de la misère à dire à mes enfants que je les aimais, parce que j’ai été élevé comme ça. »

L’homme qui parlait derrière le micro ces dernières années n’était pas seulement un ancien entraîneur.

C’était un homme qui regardait sa vie entière défiler.

Et le temps est devenu encore plus cruel lorsque ses amis ont commencé à disparaître.

Guy Lafleur.

Mike Bossy.

Roger.

Pierre Rinfret.

René Angélil.

Et tant d’autres.

« Ça, c’est dur. Ça, c’est terrible. »

Le départ de Roger l’avait particulièrement marqué.

« La photo de Roger est sur mon bureau, puis je ne peux pas croire, parce que ça a été tellement rapide. »

« Moi, je suis chanceux, je n’ai jamais été à l’hôpital. Je n’ai jamais pris une pilule. »

Oui, chanceux d’être en vie. Mais il voulait revenir à TVA Sports. On lui a fermé la porte au nez.

Après avoir consacré plus d’un demi-siècle de sa vie au hockey, incapable de tourner complètement la page, il a frappé un mur.

Cette fois, la porte ne s’est pas rouverte.

Un dernier rejet après une vie entière à vouloir rester dans le jeu. Un triste destin pour le Tigre.