Darnell Nurse règle ses comptes avec Edmonton. Ouch.
Pendant des années, le défenseur a encaissé les critiques sans jamais vraiment répondre. Cette fois, il a décidé de parler. Et son témoignage fait énormément réagir à Edmonton.
Quelques heures après son arrivée chez les Sharks de San Jose, l’ancien défenseur des Oilers s’est présenté devant les médias avec une franchise cinglante.
Véritable crampe au cerveau: dans la vie, tu n'as pas le droit de viser tes anciens fans. Ça finit toujours mal ce genre d'histoire
À un certain moment, il avait l’impression d’être devenu le bouc émissaire idéal. Il pense avoir été victime d'une injustice.
Et insulte même les fans des Oilers.
« Personne n’a des attentes plus élevées envers lui-même que moi. Joe, au bout de la rue, peut être fâché parce qu’il ne peut pas boire sa bière en regardant la deuxième ronde des séries, mais moi, je vis avec chacun de mes matchs, chacun de mes moments, tout au long de l’été. J’essaie d’en tirer des leçons et de devenir meilleur.
Ouch. Tellement arrogant et méchant. Pourquoi détruire le fan moyen... et sa bière? Comme s'il rabaissait ceux qui payent son salaire au final. Tu n'as pas le droit de ridiculiser tes fans.
" Quand tu as un gros salaire sur la masse salariale, il y a des critiques qui sont tout à fait méritées. Mon jeu en méritait certaines. Mais je dirais aussi qu’il y en avait probablement beaucoup qui ne l’étaient pas. Et, pour une raison ou une autre, c’était toujours moi le problème."
"Surtout dans les grands marchés de hockey, tu ne vendras jamais de journaux et tu n’attireras jamais l’attention sans adopter un angle négatif. Et, à un moment donné, quelqu’un doit encaisser tous ces coups."
Il vit dans quel monde?
Quand tu gagnes beaucoup d’argent et que tu ne performes pas à la hauteur, comme je l’ai dit, il y a eu plusieurs moments où j’avais l’impression que je devais être meilleur… et je ne l’ai pas été. Mais une fois que tu deviens la cible, parfois cette cible ne te quitte plus. Pour moi, c’est donc un nouveau départ. »
Tout le monde se demandait pourquoi les Oilers tenaient tellement à tourner la page. Pourquoi une organisation qui venait encore de lutter pour la Coupe Stanley était prête à échanger un défenseur qui avait disputé près de 800 matchs sous son uniforme. Pourquoi les partisans détestaient Darnell Nurse?
La réponse est venue directement de sa bouche.
Le défenseur de 31 ans affirme d’abord une chose importante : il ne cherche pas à se déresponsabiliser. Selon lui, personne n’a des attentes plus élevées envers lui que lui-même. Il explique qu’après chaque match, chaque erreur et chaque élimination, il revit constamment ses performances pendant tout l’été afin de comprendre ce qu’il aurait pu faire de mieux.
Lles critiques des réseaux sociaux ne sont rien comparativement à celles qu’il s’impose lui-même.
C’est d’ailleurs ce qui rend son témoignage particulièrement triste.
Nurse reconnaît que son énorme contrat de 9,25 millions de dollars par saison, signé à l’époque alors que Kent Hughes était encore son agent, amenait automatiquement une pression immense.
Il admet sans détour que certaines critiques étaient parfaitement justifiées et que son rendement n’a pas toujours été à la hauteur des attentes liées à un tel salaire.
Mais selon lui, le problème est devenu beaucoup plus profond.
À ses yeux, une fois que l’opinion publique a décidé qu’il représentait le problème des Oilers, il était pratiquement impossible de changer cette perception.
Même lorsqu’il jouait de bons matchs.
Même lorsqu’il connaissait de bonnes séquences.
Même lorsque d’autres joueurs connaissaient des difficultés.
Il avait l’impression que tout revenait toujours à lui.
C’est probablement la déclaration la plus forte de toute sa conférence de presse.
Nurse estime qu’il est devenu le visage de toutes les frustrations d’Edmonton.
Le plafond salarial empêchait l’équipe d’ajouter des joueurs? On parlait de son contrat.
Les Oilers accordaient trop de buts? On parlait de Darnell Nurse.
Une élimination en séries? Son nom revenait encore.
Il affirme que, dans un grand marché canadien, la négativité attire énormément d’attention. Selon lui, quelqu’un finit toujours par porter le poids des critiques lorsque les attentes sont aussi élevées. Et pendant plusieurs saisons, ce quelqu’un, c’était lui.
Cette déclaration en dit long sur la réalité des marchés canadiens.
À Montréal, Toronto, Edmonton ou Vancouver, les joueurs les mieux rémunérés deviennent souvent les premières cibles lorsque les résultats ne suivent pas.
Nurse affirme cette pression est injuste. Il comprend parfaitement qu’un joueur payé plus de neuf millions de dollars doive produire à la hauteur de son contrat, mais selon lui, aucun être humain ne mérite le traitement qu'on lui a réservé.
Ce qu’il critique, c’est le moment où la critique cesse d’être objective.
Selon lui, lorsqu’un joueur devient officiellement « la cible », cette réputation lui colle ensuite à la peau. Peu importe ce qu’il accomplit, plusieurs continuent de voir le même joueur.
Cette sortie publique permet aussi de remettre en perspective le fameux contrat négocié par Kent Hughes en 2021.
À l’époque, les recruteurs jugeaient déjà l’entente extrêmement généreuse.
Les années suivantes n’ont évidemment rien arrangé.
Chaque fois que les Oilers avaient besoin d’espace sous le plafond salarial, le contrat de Nurse revenait dans toutes les discussions. Son salaire est devenu presque aussi toxique que son jeu.
Finalement, cette pression constante aura eu raison de son aventure à Edmonton.
Après douze saisons, près de 800 matchs, deux présences en finale de la Coupe Stanley et toute une vie bâtie en Alberta, le défenseur sentait que le moment était venu de repartir à zéro.
Il ne cache d’ailleurs pas son enthousiasme envers San Jose.
Il parle d’un véritable nouveau départ, d’une occasion de retrouver son identité sur la glace et d’assumer un rôle de leader auprès d’une jeune formation en pleine reconstruction. Avant d’accepter la transaction, il dit avoir discuté avec plusieurs personnes du milieu du hockey, et toutes lui auraient décrit San Jose comme une destination idéale.
Malgré tout, il refuse de renier son passage à Edmonton.
Il rappelle qu’il y est arrivé comme un adolescent de 18 ans. Il y est devenu un homme. Il s’y est marié. Ses trois garçons y sont nés. Il y a vécu certains des plus beaux moments de sa carrière, notamment le retour des Oilers parmi les puissances de la LNH et deux parcours jusqu’en finale de la Coupe Stanley.
Il repart donc avec énormément de gratitude.
Mais il repart aussi avec un immense soulagement.
Cette conférence de presse avait tout d'UN règlement de comptes spectaculaire.
C’était le témoignage d’un joueur qui, pendant des années, a porté un poids devenu beaucoup trop lourd.
Il était le responsable désigné de tous les problèmes des Oilers, Darnell Nurse a probablement livré les propos les plus honnêtes de toute sa carrière.
Et à entendre son discours, une chose est claire.
Les Sharks n’ont pas seulement acquis un défenseur d’expérience.
Ils ont récupéré un joueur qui veut se venger.
