La chute libre de David Reinbacher ne concerne plus seulement le hockey.
Elle concerne... son argent...
Le journaliste Maxime Truman vient de mettre le doigt sur un aspect du dossier qui risque de faire encore plus mal au jeune défenseur du Canadien : les conséquences financières de ses deux saisons de contrat repoussées pourraient se chiffrer en millions de dollars.
Ouch.
On a passé des mois à débattre de son développement, de ses blessures, de son passage à Laval, de son choix au cinquième rang en 2023 et de la comparaison inévitable avec Matvei Michkov.
On a beaucoup moins parlé de ce que cette trajectoire signifie directement dans le portefeuille du jeune défenseur. Et lorsqu’on regarde les chiffres, la situation devient franchement difficile à avaler pour un joueur qui devait normalement être beaucoup plus loin dans son parcours contractuel.
Le problème est simple selon Truman : le contrat d’entrée de Reinbacher a glissé deux fois. Lorsqu’il a été sélectionné cinquième au total par le Canadien en 2023, son contrat d’entrée devait couvrir les saisons 2023-2024, 2024-2025 et 2025-2026.
Or, comme il n’a pas disputé suffisamment de matchs dans la LNH pour brûler une année de son contrat, celui-ci a été repoussé. Une deuxième fois.
Reinbacher joue donc encore sous son contrat d’entrée en 2026-2027 et le fera également en 2027-2028. Le calcul est sans pitié: deux années supplémentaires dans lesquelles il reste prisonnier des paramètres financiers de son contrat de recrue.
Et ce n’est pas une petite différence.
Selon les données contractuelles rapportées par The Stanley Cap et PuckPedia, Reinbacher peut toucher 855 000 $ en salaire NHL en 2026-2027, avec jusqu’à 1 million de dollars en bonis de performance.
Dans les mineures, son salaire tombe toutefois à 82 500 $. En 2027-2028, son salaire NHL de base sera de 900 000 $, avec jusqu’à 1,5 million de dollars en bonis de performance, alors que son salaire dans les mineures demeure à 82 500 $.
Il n’y a surtout plus de boni de signature durant ces deux années, puisque les trois premiers ont déjà été versés durant les trois premières saisons du contrat original.
C’est ici que le fameux argument voulant que Reinbacher soit nécessairement « mieux » à Laval parce qu’il peut jouer 20 minutes par match prend une autre dimension.
Sur le plan du développement, le débat peut exister. Sur le plan financier, le choix coûte cher. Une saison entière dans la Ligue américaine représente une différence gigantesque par rapport à une saison complète dans la LNH.
Et lorsque cette situation se prolonge sur deux années supplémentaires, on ne parle plus de quelques milliers de dollars. On parle d’un potentiel de revenus qui se chiffre en millions.
Reinbacher n’a évidemment pas choisi ses blessures. Il n’a pas décidé de manquer des matchs. Il n’a pas non plus décidé que son contrat d’entrée allait glisser. Surtout, il n'a pas décidé que le CH fasse la bourde de le sélectionner aussi tôt, alors qu'il est un flop.
Mais le résultat demeure le même : pendant que plusieurs joueurs sélectionnés autour de lui ont déjà commencé à transformer leur statut de jeune espoir en véritable fortune, Reinbacher doit encore fonctionner avec des peanuts.
Regardons simplement les joueurs de sa génération.
Matvei Michkov a été sélectionné au septième rang, deux positions après Reinbacher. Son parcours est évidemment complètement différent.
Après son passage dans la KHL, il a signé son contrat d’entrée avec les Flyers en 2024 et a immédiatement commencé à accumuler de l’expérience dans la LNH. Son contrat d’entrée couvre trois saisons, jusqu’en 2026-2027.
Pendant que Reinbacher voit son contrat repoussé jusqu’en 2027-2028, Michkov a déjà brûlé une grande partie de son contrat d’entrée et se rapproche donc beaucoup plus rapidement de sa prochaine négociatio l'été prochain. Il va assurément empocher plus de 10 M$ par année.
Puis il y a Ryan Leonard, sélectionné huitième, trois rangs derrière Reinbacher. Leonard a déjà fait sauter la banque.
Son prochain contrat avec Washington est de huit ans et 84 millions de dollars, soit 10,5 millions de dollars par saison.
Un joueur choisi trois rangs après Reinbacher est déjà l'un des joueurs les plus riches de la LNH.
Zach Benson, sélectionné 13e en 2023, offre un autre exemple. Il a obtenu un contrat de sept ans d’une valeur totale de 52,5 millions de dollars, soit 7,5 millions par saison.
Ce n’est pas seulement une question de salaire annuel. Un jeune joueur qui arrive rapidement dans la LNH peut atteindre son deuxième contrat beaucoup plus tôt.
Ce deuxième contrat peut représenter plusieurs dizaines de millions de dollars garantis. Il peut aussi ouvrir la porte à un troisième contrat à un âge où la carrière est encore devant lui. Chaque année passée dans un contrat d’entrée repousse tout ce mécanisme.
Pour Reinbacher, les deux glissements de son contrat ont donc un effet qui dépasse largement la saison actuelle. L’argent qui n’a pas été gagné pendant ces années ne pourra jamais être récupéré. Une carrière de hockeyeur est courte. Les années où un joueur peut maximiser sa valeur le sont encore davantage.
Le temps perdu sur le plan financier ne reviendra jamais.
On parle d'un crash financier... sans précédent...
