Déclarations de Cole Caufield: il attend Nikita Kucherov à Montréal
Nikita Kucherov et Cole Caufield. Capture d'écran, Montreal Gazette

Déclarations de Cole Caufield: il attend Nikita Kucherov à Montréal

David Garel
Le 2026-11-08

Cole Caufield a parlé. Et lorsqu’on remet ses déclarations dans la marmitte avec ce qui se prépare dans le dossier Nikita Kucherov, on comprend beaucoup mieux que les joueurs du Canadien attendent tous le Russe dans leur chambre en 2027.

Caufield avait livré un message très clair dans une entrevue accordée à The Athletic.

Questionné sur l’explosion des salaires dans la LNH et sur le fait que certains jeunes joueurs gagnent désormais beaucoup plus que des vétérans établis, l’attaquant du Canadien n’avait pas prétendu que l’argent n’avait aucune importance.

« Il y aura un moment pour encaisser qui s’en vient. »

Caufield a 25 ans. Il vient de connaître une saison de 51 buts et touche 7,85 millions de dollars par année jusqu’en 2031.

Sur le marché actuel, un marqueur de cette qualité pourrait réclamer près du double de ce qu'il reçoit. Plusieurs de ses coéquipiers sont dans une situation comparable : Nick Suzuki, Juraj Slafkovsky, Lane Hutson, Ivan Demidov et Noah Dobson ont tous signé des ententes qui permettent à Kent Hughes de conserver une marge de manœuvre considérable.

Mais Caufield avait également expliqué pourquoi le groupe était prêt à accepter cette réalité pour le moment.

« En ce moment, ce sont probablement les cinq ou six années les plus importantes de nos carrières, compte tenu de ce que nous avons construit. Ce qui est le plus important, c’est de gagner et de le faire avec le groupe avec lequel nous avons construit tout ça. C’est ce qui rendra le tout encore plus spécial. »

Voilà le cœur du message. Les joueurs veulent gagner ensemble. Ils veulent profiter de cette fenêtre, soulever la Coupe Stanley et construire quelque chose de spécial à Montréal. Ils ne sont pas en train de faire des cadeaux à leur directeur général pour le plaisir de voir les colonnes de son chiffrier rester bien équilibrées.

Ils ont accepté des contrats avantageux parce qu’ils croient au projet. Ils ont donné à Hughes une occasion exceptionnelle de bâtir une équipe capable de rivaliser avec les meilleures formations de la ligue. Maintenant, la direction doit utiliser cet avantage.

Ce n'est pas une coïncidence si Kucherov a annoncé son départ de Tampa Bay pratiquement au même moment de la sortie publique de Caufield.

Depuis qu’on sait que l’attaquant russe ne souhaite pas poursuivre sa carrière avec le Lightning de Tampa Bay en 2027-2028, le Canadien revient constamment dans les conversations.

Après son but en prolongation menant le Lightning à une victoire dramatique au Minnesota, les réseaux sociaux se sont enflammés en imginant la superstar sur l'avantage numérique du CH.

Kucherov veut devenir joueur autonome le 1er juillet 2027 pour signer à Montréal selon pratiquement tous les insiders autour de la LNH.

Il n’est donc pas nécessaire de sacrifier une montagne de jeunes joueurs et de choix au repêchage pour l’obtenir. Il faut juste être en mesure de lui offrir le contrat qu’il recherche et de lui présenter un projet suffisamment convaincant.

Tony Marinaro a avancé que Kucherov pourrait accepter moins de 20 millions de dollars par saison pour respecter la "culture du rabais" instauté par Kent Hughes.

Le chiffre de 17 millions de dollars étalés sur 6 ans est sur toutes les lèvres.

On parle de 102 millions de dollars au total.

Même à ce niveau, il deviendrait le joueur le mieux payé de l’histoire du Canadien, pratiquement le double de Noah Dobson et son salaire annuel de 9,5 millions.

Mais lorsqu’on parle d’un joueur de cette dimension, capable de changer le visage d’une attaque à lui seul, qui vieillit comme le bon vin car il s'entraîne comme un malade, la question ne se pose même pas.

Le journaliste Brian Wilde confirme les propos de Caufield : les rabais consentis par les joueurs du Canadien ne servent pas à faire sauver de l'argent à Geoff Molson, mais bien d’attirer Nikita Kucherov à Montréal.

« Les joueurs du CH ont laissé de l'argent sur la table pour obtenir Nikita Kucherov »

Voilà pourquoi Montréal possède aujourd’hui une structure salariale aussi avantageuse.

Wilde avance même que le plan de Kucherov était planifié depuis des lunes, comme si Kent Hughes et Jeff Gorton, avec tous leurs contacts russes, savait que Kucherov voulait quitter Tampa Bay pour Montréal.

Les joueurs ont fait leur part. Ils ont laissé de l’argent sur la table pour que le club puisse ajouter un joueur qui ferait passer l’équipe à un autre niveau.

Mais il ne faut pas croire que cette fenêtre restera ouverte indéfiniment.

Caufield l’a annoncé lui-même. Il y aura un moment où les joueurs voudront encaisser. Son prochain contrat ne sera certainement pas négocié sur les mêmes bases que celui qu’il touche actuellement.

Un marqueur de 51 buts qui arrive au terme de son entente aura toutes les raisons de réclamer un salaire correspondant à sa production. Hutson, Slafkovsky, Demidov et les autres auront eux aussi leurs propres négociations à venir.

À partir de 2030, les augmentations salariales vont commencer à peser beaucoup plus lourd dans les décisions de Hughes.

Le Canadien ne pourra pas éternellement profiter de ses vedettes à prix réduit. Chaque saison qui passe rapproche l’organisation du moment où il faudra payer beaucoup plus cher pour conserver le même noyau.

C’est pour cette raison que les propos de Caufield et la situation de Kucherov représentent le même dossier.

Le premier explique que les joueurs veulent gagner maintenant, tout en reconnaissant que leur tour viendra pour encaisser. Le deuxième représente une occasion rarissime de donner à ce groupe une arme offensive capable de transformer ses ambitions en véritable candidature à la Coupe Stanley d'ici 2030.

Bien sûr, Kucherov n’est pas la seule solution. Connor McDavid pourrait également représenter une occasion historique si sa situation venait à changer.

Mais en ce moment, McDavid est en feu à Edmonton et adore jouer avec Mike Babcock, alors qu'il est sous contrat jusqu'en 2028.

Kucherov... c'est dans la poche...

Les joueurs du CH auraient enfin la preuve que leurs sacrifices contractuels ont servi à quelque chose. Ils auraient la vedette qu’ils attendaient.

Le Canadien possède aujourd’hui une fenêtre salariale exceptionnelle. Les joueurs ont accepté de collaborer à la construction de cette équipe. Ils ont fait confiance à Hughes et à son plan.

Maintenant, il faut que le plan livre quelque chose.

Kucherov à Montréal en 2027 est la meilleure occasion de démontrer au vestiaire que les sacrifices consentis n’ont pas été faits en vain.

Le message de Caufield est clair : le temps de gagner, c’est maintenant.

Il attend Kucherov au Québec... dès le 1er juillet 2027...