Déconfiture à RDS: Benoît Brunet a tout perdu

Déconfiture à RDS: Benoît Brunet a tout perdu

Par David Garel le 2026-02-02

Benoit Brunet était malaisant comme jamais sur les ondes de RDS.

À l’avant-match du Canadien, Benoît Brunet a fini par faire ce qu’il avait repoussé pendant des mois : admettre, presque à contrecœur, que Jakub Dobeš est maintenant le gardien numéro un du Canadien de Montréal.

Le pauvre a affirmé cela sans aucune conviction. Aucun enthousiasme. Il n’avait plus vraiment le choix.

Son visage avait la couleur de la déconfiture. Comme s'il avait tout perdu.

Et c’est précisément là que le malaise s’est installé.

Depuis le début de la saison, Brunet est sans doute le plus solide bouclier médiatique de Samuel Montembeault. À chaque débat, à chaque controverse, à chaque remise en question, il a tenu la ligne : patience, contexte, charge de travail, équipe devant lui, séquence à rebâtir.

Peu importe les chiffres, peu importe les matchs qui échappaient, peu importe la confiance qui fondait à vue d’œil, Montembeault restait, dans son discours, le gardien à protéger.

Pendant ce temps, Dobeš gagnait. Encore. Et encore. Et encore.

Mais même là, Brunet résistait. Les victoires étaient « collectives ». Le jeu de Dobes était « croche ». Les arrêts venaient « au bon moment », mais pas nécessairement de la bonne façon. La feuille de pointage mentait.

Jusqu’à ce que ce ne soit plus possible.

À l’avant-match Canadiens-Wild, quand la discussion a glissé vers le filet, on a vu quelque chose de rare : Benoît Brunet hésiter. Chercher ses mots. Tourner autour de la phrase qu’il ne voulait pas dire.

Puis, finalement, la laisser tomber, presque du bout des lèvres : oui, Dobeš est le numéro un en ce moment. Oui, c’était la bonne décision de le laisser jouer. Oui, la séquence parle d’elle-même.

Mais aussitôt l’aveu fait, le réflexe est revenu.

"Je ne dis pas que Sam connaît une mauvaise saison là."

Ben oui toi. Ce n’est pas parce que Montembeault a une mauvaise saison. n’est pas parce qu’il n’est pas bon. Ce n’est pas parce qu’il est fini.

Sauf que la réalité est brutale : Samuel Montembeault connaît statistiquement l’une des pires saisons de l’histoire moderne du Canadien pour un gardien numéro un.

Ce n’est pas une opinion. Ce n’est pas une exagération. Ce sont les chiffres. Les buts accordés. Le taux d’efficacité. Les séquences où il n’arrête plus rien. Les matchs où la confiance est visiblement absente.

Et c’est précisément ce décalage entre le discours des "has been" québécois et la réalité qui épuise les partisans.

Ce malaise-là, il dépasse Benoît Brunet. Il symbolise un problème plus large : la difficulté de certains analystes à accepter qu’un Québécois perde son poste à Montréal, même quand les faits sont accablants. Même quand l’évidence saute aux yeux. Même quand l’alternative gagne, match après match.

À force de vouloir protéger Montembeault, on finit par minimiser Dobeš. À force de relativiser l’échec de l’un, on banalise le succès de l’autre. Et à force de défendre l’indéfendable, on perd une partie de la crédibilité du message.

Ce n’est pas un hasard si tant de partisans décrochent de RDS. Ce n’est pas une question de haine. Ce n’est pas une guerre contre les anciens joueurs. C’est une fatigue. Une ras-le-bol devant un discours qui semble toujours arriver avec trois matchs de retard sur la réalité.

Parce que pendant que certains expliquaient encore pourquoi Montembeault « allait finir par se replacer », Martin St-Louis, lui, prenait une décision claire : donner le filet à celui qui donne des chances de gagner. Sans émotion. Sans politique. Sans attachement régional.

Benoît Brunet n’est pas de mauvaise foi. Il est cohérent avec lui-même: un analyste biaisé québécois. Il a toujours cru en Montembeault, il l’a toujours défendu, et il a de la difficulté à lâcher prise. Mais le hockey, surtout à Montréal, ne pardonne pas longtemps l’écart entre le discours et la glace.

Hier, à l’avant-match, on n’a pas vu un analyste triomphant. On a vu un homme contraint d’admettre ce que le jeu crie depuis des semaines.

Et ce moment, justement parce qu’il était hésitant, parce qu’il était inconfortable, a frappé plus fort que n’importe quelle déclaration fracassante.

Parce qu’il sonnait comme la fin d’un débat.

Dobeš est le numéro un.

Montembeault a perdu son poste.

Et même les has been québécois commencent à l’admettre.