Il vient de gagner le concours du tir le plus puissant du Canadien de Montréal.
107,3 milles à l’heure.
Arber Xhekaj wins the hardest shot event with a 107.3 mph slapper at the Habs skills competition 🚀
— /r/Habs (@HabsOnReddit) February 22, 2026
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Devant les partisans. Devant les caméras. Devant tout le monde.
Arber Xhekaj a décoché la bombe la plus lourde de l’équipe, au concours d’habiletés, et pendant quelques secondes, on a revu exactement pourquoi il avait fait rêver Montréal à ses débuts : le gabarit, la présence, la violence contrôlée… et maintenant, officiellement, le plus gros slapshot du vestiaire.
Xhekaj était fier. Ça paraissait. Il souriait. Il savourait le moment.
Mais le malaise est là.
Parce que malgré cette démonstration brute, malgré ce tir de canon qui ferait saliver n’importe quelle équipe en séries, ça ne changera absolument rien à son sort.
Zéro minute de plus.
Zéro corde supplémentaire.
Zéro indulgence.
Pourquoi?
Parce que Martin St-Louis ne juge pas ses défenseurs sur la vitesse de leur slapshot.
Il les juge sur leur cerveau.
Et dans l’entourage du coach, le mot revient constamment quand on parle d’Arber Xhekaj : hockey IQ déficient.
C’est exactement ça.
Tu peux avoir la plus grosse shot du monde, si ton entraîneur croit que tu prends trop souvent de mauvaises décisions, que tu lis mal le jeu, que tu te mets hors position après une mise en échec ou que tu forces des jeux inutiles, tu restes cloué au banc.
St-Louis l’a déjà dit publiquement à sa façon.
Quand il parle « d’erreurs niaiseuses ».
Quand il répète qu’il veut de la constance.
Quand il explique que huit minutes doivent être aussi bonnes que quatorze.
C’est Xhekaj qu’il vise.
Pas directement. Mais clairement.
On est rendus là.
Xhekaj vient de prouver qu’il a l’arme la plus dangereuse du Canadien à la ligne bleue… et il va quand même continuer à jouer cinq, six, sept minutes par match.
Parce que le problème n’a jamais été sa force.
Le problème, c’est entre les deux oreilles.
Et ça, Martin St-Louis n’est plus prêt à le tolérer.
Pendant ce temps-là, les rumeurs de transaction ne ralentissent pas. Au contraire.
Arber Xhekaj devient joueur autonome avec restriction cet été. Son profil est unique. Défenseur de 6’4”, 240 livres, capable de frapper, de se battre, de lancer des bombes, encore jeune, encore malléable.
C’est exactement le genre de joueur que plusieurs organisations veulent dans leur bottom-pairing… surtout en séries.
À Montréal, par contre, on est déjà ailleurs mentalement.
Le Canadien n’est plus une équipe en reconstruction.
On parle maintenant de structure.
De séries.
De fiabilité.
Et dans cette logique-là, Xhekaj devient un luxe risqué.
Il est en demande sur le marché.
On le sait.
Chicago aime son profil pour protéger ses jeunes.
San Jose chercherait ce genre de présence.
Des équipes comme Saint-Louis ou Calgary pourraient l’inclure dans un package deal plus large.
Même Vancouver garde un œil sur lui.
Et Kent Hughes écoute.
Parce que quand ton entraîneur ne te fait plus confiance, quand ton temps de glace s’effondre, quand tes remplaçants gagnent du terrain, et quand tu approches d’un nouveau contrat… tu deviens automatiquement une pièce mobile.
Le concours du tir le plus puissant vient presque ajouter une couche cruelle à toute cette saga.
Xhekaj montre qu’il a un outil élite.
Mais ce n’est pas l’outil que St-Louis cherche.
St-Louis veut des décisions rapides.
Des sorties propres.
Des lectures défensives impeccables.
Pas un slapshot à 107 milles à l’heure quand le jeu est déjà en mouvement.
C’est ça, la tragédie sportive d’Arber Xhekaj à Montréal.
Il a tout ce qu’il faut pour être adoré.
Mais pas ce qu’il faut pour être pleinement "trusted."
Alors oui, il a gagné le concours.
Oui, il a fait vibrer la foule.
Oui, il a rappelé à tout le monde qu’il frappe plus fort que n’importe qui dans ce vestiaire.
Mais dans la vraie hiérarchie du Canadien, celle qui compte vraiment…
Il est encore sur une laisse courte.
Et pendant qu’il fait exploser le radar avec sa shot, son avenir, lui, continue tranquillement de glisser hors de Montréal.
Le canon est là.
Le poste, lui, ne l’est plus.
Et ça, c’est probablement la partie la plus brutale de toute cette histoire.
