Démolition d’Alexis Lafrenière: Montréal averti par les recruteurs

Démolition d’Alexis Lafrenière: Montréal averti par les recruteurs

David Garel
Le 2026-06-12

Alexis Lafrenière est en train de se faire démolir.

Par les partisans des Rangers de New York. Par les médias new-yorkais. Même certains recruteurs parlent dans son dos.

Et le timing est malaisant pour les Canadiens de Montréal. Car pendant que tout le monde remet en question son contrat de 7,45 millions de dollars par saison jusqu’en 2032, plusieurs repensent soudainement à ce qui s’est passé en coulisses à la dernière date limite des transactions.

Selon Frank Seravalli, le Canadien avait approché les Rangers de New York avec une offre impliquant Patrik Laine, un espoir de premier plan et un choix au repêchage. Selon le journaliste, l'espoir était David Reinbacher.

Plusieurs journalistes voient encore Montréal comme un acheteur agressif prêt à miser gros sur l’ancien premier choix au total.

Et pendant ce temps, certains recruteurs vont jusqu’à comparer le risque Lafrenière au dossier Jonathan Drouin et remettent en question sa capacité à supporter la pression d’un marché comme Montréal, plusieurs commencent même à se demander si Kent Hughes n’est pas passé à deux doigts de réaliser l’une des transactions les plus controversées de son règne.

C’est tout un revirement pour un joueur qui devait devenir le visage d’une franchise.
Il ne faut pas oublier qui était Alexis Lafrenière lorsqu’il a été repêché au premier rang en 2020.

On parlait d’un attaquant dominant dans la LHJMQ, d’un joueur offensif capable de changer le cours d’un match à lui seul, d’un Québécois que plusieurs imaginaient déjà porter un jour l’uniforme des Canadiens de Montréal.

Six ans plus tard, la réalité est beaucoup moins reluisante.

Oui, il vient d’égaler son sommet personnel avec 57 points.

Oui, il n’a que 24 ans.

Mais lorsqu’un premier choix au total atteint péniblement le plateau des 57 points après six saisons dans la LNH, les questions deviennent inévitables.

C'est vraiment le syndrome Jonathan Drouin qui rend cette histoire inquiétante.

La comparaison fait mal.

Jonathan Drouin arrivait lui aussi à Montréal avec un immense talent offensif, une pression gigantesque sur les épaules et l’étiquette de sauveur québécois.

On connaît la suite. Les attentes sont devenues démesurées. Chaque mauvaise séquence prenait des proportions énormes. Chaque erreur était disséquée pendant des jours. Au point que Jonathan Drouin a fait une grave dépression .

Sa santé mentale était au fond du toru.

Plusieurs journalistes regardent aujourd’hui Lafrenière et voient exactement le même danger.

Un flop qui arrive avec un contrat de vedette sans produire comme une vedette.

Un joueur qui devrait soudainement composer avec le marché le plus exigeant de toute la LNH.

Le problème n’est même pas seulement sa production.

C’est son profil.

Le Canadien cherche un centre capable d’appuyer Nick Suzuki et Ivan Demidov.

Lafrenière est un ailier.

Le Canadien cherche aussi davantage de puissance physique dans son top-6.

Un attaquant capable de gagner des batailles, de créer de l’espace et d’imposer sa présence devant le filet.
Ce n’est pas vraiment ce que représente Lafrenière.

Il distribue quelques mises en échec.

Il travaille.

Il compétitionne.

Mais il n’est pas ce gros ailier de puissance que plusieurs imaginent lorsqu’ils regardent les besoins actuels du Canadien.

Pour un joueur qui n’a jamais dépassé les 60 points, qui n’a jamais démontré qu’il pouvait transporter un trio,
dont plusieurs continuent de se demander quel est réellement le plafond, Lafrenière va se casser les dents à Montréal.. et sa santé mentale sera brisée.

Kent Hughes est rendu à une étape où chaque gros contrat doit correspondre parfaitement à un besoin précis.

Lorsqu’on regarde les dossiers de Dylan Larkin, Nico Hischier, Mason McTavish ou même Matty Beniers, on parle de joueurs qui répondent directement au besoin principal du Canadien : améliorer la position de centre.
Lafrenière ne règle pas ce problème.

Plus on analyse le dossier froidement, plus le mariage entre Alexis Lafrenière et les Canadiens de Montréal apparaît compliqué.

Le plus triste dans tout ça, c’est qu’on sent encore qu’il y a un joueur de hockey très talentueux caché quelque part.

Un changement d’air pourrait lui faire énormément de bien.

Un nouvel environnement pourrait relancer sa carrière.

Mais Montréal n’est pas l’endroit idéal pour porter ce fardeau.

Parfois, le joueur québécois le plus médiatisé n’est pas nécessairement la meilleure solution.