Bourde monumentale de Cogeco: le but historique du Canada gâché

Bourde monumentale de Cogeco: le but historique du Canada gâché

David Garel
Le 2026-06-13

La scène est presque impossible à croire.

Le Canada vient de vivre l’un des moments les plus importants de son histoire sportive moderne. Un match nul de 1-1 en Coupe du monde. Un premier point historique qui va changer le destin de l’équipe dans ce tournoi.

Et pendant que le pays entier célèbre, Cogeco annonce qu’Ismaël Koné a marqué le but.

Le problème?

Ce n’est pas Ismaël Koné qui a marqué.

C’est Cyle Larin.

Nous ne sommes pas au hockey. On ne parle pas d'une déviation obscure ou d'une décision arbitrale compliquée nécessitant dix ralentis.

Cyle Larin a marqué le but. Le monde entier le sait.

Pourtant, quelque part dans les bureaux de Cogeco, on a trouvé le moyen de mélanger le joueur du match avec le buteur du match.

Gênant.

Surtout que partout sur le site de Cogeco, dans plusieurs articles, on clame que le but a été marqué par Koné.

On prête même des mots aux analystes Jeremy Filosa et Meeker Guerrier, eux qui n'ont jamais fait cette bourde.

Mais on écrit noir sur blanc qu'ils ont affirmé que c'est Koné qui a marqué le but.

Un joueur qui arrivait à cette Coupe du monde sous une montagne de critiques. Quatorze matchs sans marquer avec le Canada. Un seul but depuis l’arrivée de Jesse Marsch. Des questions sur son rôle, son efficacité et même sa place dans la formation partante.

Marsch l’avait d’ailleurs laissé sur le banc pour commencer la rencontre.

Puis, à la 76e minute, Larin est entré dans le match.

Quelques instants plus tard, il a reçu une passe de Promise David, s’est retourné dans la surface et a battu le gardien bosnien Nikola Vasilj d’un tir précis.

Un but historique.

Le but qui pourrait faire la différence entre une élimination rapide et une qualification pour la ronde suivante.

Koné a été extraordinaire. Il a été nommé joueur du match. Il a livré une performance remarquable. Personne ne lui enlève ça.

Mais quand vient le temps d’identifier celui qui a marqué le but le plus important de l'histoire du Canada, il y a quand même une différence entre être l’homme du match et être le buteur.

C’est un peu comme si les Canadiens de Montréal gagnaient un match en séries grâce à un but de Nick Suzuki en prolongation et qu’on annonçait ensuite que Jakub Dobes avait marqué parce qu’il avait été élu première étoile.

Ça n’a aucun sens.

Le plus ridicule dans tout ça, c’est que l’histoire de la soirée était justement Cyle Larin.

Ses coéquipiers ont parlé de lui après le match avec énormément d’émotion. Tani Oluwaseyi a expliqué que tout le banc avait explosé de joie pour lui. Alistair Johnston a rappelé qu’il est déjà l’un des plus grands joueurs de l’histoire du soccer canadien et qu’il ne reçoit pas toujours le respect qu’il mérite.

Même Jesse Marsch a reconnu que son vétéran avait parfaitement répondu à sa décision de le laisser de côté au coup d’envoi.

Tout le récit de cette rencontre tournait autour de la résurrection de Cyle Larin.

Et pendant que tout le monde racontait cette histoire-là, Cogeco racontait celle d’Ismaël Koné.

C’est exactement le genre d’erreur qui nourrit la perception que certains grands médias sportifs continuent de traiter le soccer comme un sport secondaire. Comme quelque chose qu’on couvre parce qu’il faut le faire, sans vraiment maîtriser le dossier.

Car que lorsqu’un pays vit un moment historique, la moindre des choses est d’identifier correctement le héros du moment.

Surtout quand ce héros s’appelle Cyle Larin et qu’il vient probablement de marquer le but le plus important de toute sa carrière.

Cette fois-ci, le Canada n’a pas raté sa chance.

Cogeco, par contre, a complètement manqué la sienne.