Départ de Jakub Dobeš: son destin se joue ce soir

Départ de Jakub Dobeš: son destin se joue ce soir

Par David Garel le 2026-01-12

Jakub Dobeš joue sa carrière ce soir... à Montréal… ou ailleurs...

Il y a des matchs qui ne sont pas seulement des matchs. Il y a des soirs où la rondelle ne pèse plus 170 grammes, mais 50 livres.

Pour Jakub Dobeš, ce soir en est un.

Un match qui peut sauver une carrière… ou la précipiter dans une direction dont on ne revient pas toujours.

Parce que la vérité est sans pitié :

Le jeune Tchèque n’a pas joué depuis le 1er janvier.

Près de deux semaines sans démarrer un match dans la LNH.

Dans une ligue où les gardiens doivent toucher la glace constamment pour survivre, Dobeš arrive ce soir en terrain dangereux.

Et tout le monde, absolument tout le monde, va regarder.

Un match sous surveillance nationale et même internationale, car le match sera diffusé sur Amazon Prime.

Les équipes qui cherchent un gardien ?

Elles seront toutes devant l’écran ce soir.

Les dépisteurs ? Tous dans l’aréna.

Les dirigeants ? Tous en alerte.

New York, toujours paniqué sans Shesterkin.

Caroline, incapable de stabiliser son filet.

Utah, qui observe tout ce qui bouge.

Ce n’est pas exagéré : une bonne performance peut lui rouvrir des portes, susciter un appel à Kent Hughes dans les heures ou les jours suivants, l’inscrire dans une transaction qui le remettrait sur une trajectoire ascendante.

Mais un effondrement, une sortie instable, un match qui souligne encore son manque de technique, ses déplacements de pee-wee ou sa difficulté à contrôler l’espace mental autour de lui, pourrait au contraire le condamner à Laval pour des mois, voire des saisons, dans un rôle qu’aucun jeune gardien ne veut : celui du troisième choix, du gars qu’on garde “au cas où”, mais auquel on ne fait jamais confiance.

Celui... qui va prendre le chemin de Laval...

C’est cruel, mais c’est la réalité d’un sport où les fenêtres d’opportunité se referment aussi rapidement qu’elles s’ouvrent.

Dobeš joue donc ce soir contre les Canucks avec le poids d’un verdict que personne ne prononce, mais que tout le monde sent : soit il démontre qu’il est encore une option viable dans la LNH, soit il devient officiellement un projet à reconstruire ailleurs.

Le CH ne l’a pas aidé ; on l’a laissé moisir sur le banc, on lui a imposé des pauses interminables, on l’a exposé à des contextes impossibles où chaque erreur prend des proportions démesurées.

Mais la ligue ne fait pas de nuance. Elle ne juge pas le contexte, elle juge les arrêts, la technique, la réponse à la pression.

Ce soir, pour la première fois depuis le 1er janvier, Dobeš retrouve le filet dans une atmosphère étrangement silencieuse autour de lui : ce n’est plus le jeune espoir qu’on veut voir éclore, ce n’est plus l’invincible gardien d’octobre, c’est un joueur que l’organisation n’arrive plus à définir et que les autres équipes tentent de mesurer avec précision.

Une grande performance pourrait tout renverser. Un match ordinaire pourrait sceller son sort. Une catastrophe le fera disparaître du paysage montréalais dès demain matin.

Ce soir, il joue ses minutes, mais aussi son image. Il joue pour se prouver, pour se sauver, pour convaincre, pour rester dans la conversation.

Il joue sa carrière immédiate, ici ou ailleurs. Et dans un ménage à trois devenu étouffant, c’est la première fois que la pression est si concentrée sur lui.

Pour Jakub Dobeš, il n’y a plus de marge de manoeuvre. Il n’y a que ce match. Et toute la LNH regarde.