Disparition de Jonathan Drouin: un triste destin
Jonathan Drouin. Capture d'écran-youtube

Disparition de Jonathan Drouin: un triste destin

David Garel
Le 2026-10-27

Jonathan Drouin, où es-tu? C’est la question que de plus en plus de gens se posent alors que l’ancien attaquant du Canadien de Montréal traverse probablement l’une des périodes les plus difficiles de sa carrière.

À seulement 31 ans, celui qui avait été sélectionné au troisième rang du repêchage de 2013 se retrouve sans contrat dans la Ligue nationale, sans destination connue pour la suite de sa carrière et, surtout, sans donner de nouvelles à ses proches.

Son silence commence à inquiéter. Personne ne sait exactement ce qui se passe dans sa vie, personne ne peut prétendre connaître son état d’esprit, mais après tout ce qu’il a traversé, difficile de ne pas espérer qu’il va bien.

Derrière le joueur de hockey, il y a un homme, un conjoint, un père de deux jeunes enfants et une famille qui a déjà vécu des moments particulièrement difficiles.

Drouin a connu des problèmes de santé mentale dont il avait lui-même parlé publiquement lorsqu’il portait le chandail du Canadien après avoir quitté l'équipe et la vie publique pour se refaire une santé.

Son absence de Montréal avait alors été une période extrêmement délicate, et son retour au jeu avait représenté une étape importante de son parcours.

Aujourd’hui, alors qu’il n’a toujours pas trouvé de contrat dans la LNH et qu’il a disparu des réseaux sociaux, il est impossible de ne pas se demander comment il vit cette nouvelle épreuve.

Compte tenu de son histoire personnelle et de la situation professionnelle dans laquelle il se trouve, l’inquiétude est compréhensible. On aimerait simplement savoir qu’il va bien. On aimerait le voir sortir de ce brouillard et retrouver un peu de sérénité, peu importe la décision qu’il prendra pour la suite.

Car ce qui arrive à Jonathan Drouin est terriblement triste. Et le plus difficile à accepter, c’est qu’il n’a que 31 ans.

Le rêve de toute une vie est en train de lui échapper.

Pendant des années, Drouin a travaillé pour atteindre la Ligue nationale. Il était l’un des grands talents de sa génération, un joueur offensif capable de faire des jeux que peu d’attaquants pouvaient réussir.

Son talent était indéniable. Lorsqu’il a été repêché au troisième rang en 2013, les attentes étaient immenses. On imaginait une carrière spectaculaire, des saisons de 100 points et un joueur qui allait devenir l’un des visages de son équipe.

La réalité a été catastrophique.

À Montréal, Drouin a vécu des années difficiles, sur la glace comme en dehors. La pression du marché montréalais, les attentes liées à son statut de joueur vedette et les difficultés à produire régulièrement ont contribué à faire de son passage avec le Canadien une expérience cauchemardesqye.

Puis, contre toute attente, il a retrouvé une partie de son jeu au Colorado.

La saison 2023-2024 a été une véritable bouffée d’air frais. Aux côtés de son ami Nathan MacKinnon, Drouin a inscrit 19 buts et 56 points en 79 matchs. Il avait retrouvé son instinct offensif, sa créativité et une partie de cette confiance qui avait fait de lui un espoir aussi convoité.

Il ne s’agissait pas seulement de statistiques. Pour ceux qui avaient suivi ses années difficiles à Montréal, le voir retrouver le plaisir de jouer représentait quelque chose de beaucoup plus important.

Il a ensuite récolté 11 buts et 26 points en 43 matchs durant la saison suivante, avant de quitter le Colorado pour les Islanders de New York, où il a signé un contrat de deux ans d’une valeur de huit millions de dollars.

La pire erreur de sa vie. Le choix pouvait se comprendre sur le plan financier. Après plusieurs années difficiles, il avait l’occasion de sécuriser son avenir et de profiter d’une nouvelle aventure avec Patrick Roy.

Mais le hockey ne suit pas toujours le scénario qu’on imagine.

L'Avalanche lui avait redonné de l’espoir

Aurait-il dû accepter moins d’argent pour rester au Colorado? Absolument.

Son passage à New York l'a envoyé au fond du trou. Il n’a récolté que 21 points en 55 matchs avant d’être envoyé aux Blues de Saint-Louis dans une transaction impliquant également Brayden Schenn.

Avec les Blues, il a inscrit trois points en neuf rencontres. Saint-Louis a ensuite racheté la dernière année de son contrat, d’une valeur de quatre millions de dollars.

La suite brise le coeur.

Les Flames de Calgary et les Red Wings de Detroit ont été évoqués parmi les équipes qui auraient examiné différentes possibilités offensives, notamment autour de joueurs comme Drouin et Patrik Laine.

Mais le Québécois a été rejeté.

Dans cette histoire, il est impossible de ne pas revenir sur les commentaires que Stéphane Waite et Pierre Gervais avaient formulés au sujet de Drouin après son départ du Canadien.

Ces déclarations avaient provoqué une controverse parce qu’elles ne portaient pas uniquement sur ses performances, mais aussi sur son comportement et sur des anecdotes provenant de l’intérieur de l’organisation.

Waite avait notamment raconté que des membres de l’équipe plaisantaient sur l’incapacité de Drouin à marquer malgré certaines occasions intéressantes. Voici ses propos :

« On faisait même des farces à l’intérieur (de l’équipe). On disait en joke : “Voyons, Jo a-t-il une clause dans son contrat qui fait en sorte qu’il n’a pas le droit de scorer ?” Des fois, il avait des occasions de marquer incroyables. Mais non, il cherchait à passer. On dirait qu’il cherche des chums dans l’équipe. C’était spécial. »

Pierre Gervais avait lui aussi évoqué les habitudes de Drouin avant les rencontres d’équipe.

« Dans le cas de Jo, je me rappelle qu’il arrivait tout le temps ben serré, tout le temps juste aux rencontres d’équipe et je me rappelle que Claude Julien regardait tout le temps ça. Il arrivait vraiment serré. Dans ce temps-là tu cours un peu après le trouble. Donc je ne suis pas vraiment surpris. »

Waite avait ensuite renchéri en décrivant des arrivées tardives de Drouin aux rencontres vidéo alors que les autres joueurs étaient déjà en tenue de travail.

« Je me souviens tellement de Jo, t’as tellement raison Pierre, les gars s’en venaient dans la salle de vidéo et tu voyais souvent Jo rentrer en même temps dans l’aréna, les gars étaient déjà en combine et Jo était habillé en civil et venait dans le meeting parce qu’il venait juste d’arriver. »

Ces propos ont contribué à détruire la réputation Drouin.

Son agent, Allan Walsh, avait vivement réagi aux déclarations de Waite :

« À quel point c’est triste de voir Stéphane Waite, qui a été congédié du poste d’entraîneur des gardiens du Canadien, être aussi désespéré et en manque d’attention, qu’il doive faire des entrevues en revendiquant ce qui se passait dans le vestiaire du CH et en attaquant différents joueurs. Un vrai professionnel… »

Mais malgré le support de son agent, Drouin a disparu.

Ce qui préoccupe aujourd’hui, ce n’est pas uniquement l’absence de contrat. C’est aussi le silence de Drouin, alors que les partisans se demandent ce qu’il devient et ce qu’il fera ensuite.

Il a disparu complètement du radar, comme s'il voulait s'isoler à jamais.

Son histoire personnelle rend cette absence particulièrement sensible pour ceux qui se souviennent des difficultés qu’il a vécues à Montréal.

Le hockey professionnel peut être impitoyable. Pendant des années, on vous répète que vous devez travailler plus fort, produire davantage, accepter la pression et saisir chaque occasion.

Puis, un jour, les appels se font rares. Les équipes regardent ailleurs. Les jeunes prennent les places disponibles. Ce qui constituait le centre de votre vie depuis l’enfance commence à vous échapper.

Jonathan Drouin, où que tu sois, on espère sincèrement que tu vas bien. Le hockey peut attendre. Ta santé, ton bonheur et ta famille passent avant tout.