Disparition de Martin St-St-Louis: il refuse de s'expliquer

Disparition de Martin St-St-Louis: il refuse de s'expliquer

David Garel
Le 2026-06-02

L’absence de Martin St-Louis au bilan de fin de saison des Canadiens de Montréal continue de faire réagir. Plus les heures passent, plus une question revient : pourquoi l’entraîneur-chef n’était-il pas devant les micros au moment où l’organisation faisait le point sur une saison aussi importante?

Pourquoi disparaître au pire moment?

Dans plusieurs organisations de la LNH, le bilan de fin de saison est un exercice collectif. Le directeur général répond aux questions, les dirigeants répondent aux questions, mais l’entraîneur aussi assume sa part du discours. Il explique ses décisions. Il revient sur les moments marquants de l’année. Il répond aux interrogations qui ont accompagné le parcours de son équipe.

À Montréal, cette scène n’a jamais eu lieu.

Et le timing ne pouvait pas être pire.

Quelques heures auparavant, Brendan Gallagher avait offert l’une des conférences de presse les plus émouvantes de sa carrière. Un joueur qui a tout donné à cette organisation pendant plus d’une décennie s’est présenté devant les journalistes avec les émotions à fleur de peau.

En parlant de sa mère, de son parcours et de son avenir, il a craqué. Tout le monde a compris qu’une page importante était en train de se tourner.

Mais au-delà des larmes, un autre message passait.

Gallagher n’a jamais caché sa déception d’avoir été laissé de côté à des moments importants des séries éliminatoires. Il a répété qu’il croyait pouvoir aider son équipe. Il a admis qu’il aurait aimé avoir cette chance. Il a même annoncé qu'il allait quitter le Canadien de Montréal et qu'il rejoindrait sûrement Vancouver.

Les mots étaient choisis avec soin, mais le sentiment était évident.

Depuis, tous les journalistes du Québec se demandent si le dernier chapitre entre Gallagher et les Canadiens de Montréal aurait pu être géré différemment.

Guillaume Lefrançois de La Presse a résumé la pensée de plusieurs en affirmant que faire jouer Gallagher dans le cinquième match aurait représenté “un pari intelligent”... et respectueux.

Stéphane Leroux a posé une question encore plus fondamentale : “Ça n’aurait rien changé au cinquième match, mais a-t-on réellement respecté Gallagher?”

Personne ne prétend que Brendan Gallagher était encore un joueur de premier trio. Personne ne demande qu’il joue par reconnaissance pour le passé. Le hockey demeure un sport de performance.

Mais lorsqu’un vétéran qui a porté l’organisation sur ses épaules pendant les années les plus difficiles se retrouve écarté lors d’un match d’élimination, puis quitte pratiquement le vestiaire en larmes quelques semaines plus tard, les gens cherchent des explications.

Or, l’homme qui était le mieux placé pour les donner n’était pas devant les médias.

Quel malaise. St-Louis disparaît ai pire moment.

Depuis son arrivée derrière le banc en 2022, Martin St-Louis a construit une relation particulière avec les partisans québécois. Son parcours, son histoire, sa personnalité et sa façon de voir le hockey lui ont permis d’accumuler énormément de capital de sympathie.

Cette relation demeure solide.

Mais dans les derniers jours, plusieurs ont eu l’impression qu’une distance s’était créée.

Les gens voulaient entendre son point de vue. Ils voulaient comprendre sa décision concernant Gallagher. Ils voulaient savoir comment il analysait la fin de saison. Ils voulaient entendre l’entraîneur expliquer sa vision.

Cette occasion n’a jamais été offerte.

Le résultat est simple : le vide a été rempli par les interprétations.

Et lorsqu’une organisation laisse des questions importantes sans réponse, les discussions prennent rapidement leur propre vie.

Personne ne remet en question tout ce que Martin St-Louis a apporté aux Canadiens de Montréal. Son influence sur le développement de plusieurs jeunes joueurs est réelle. Les progrès de l’équipe sont réels également.

Mais le leadership ne se manifeste pas uniquement dans les moments où tout va bien.

Il se mesure aussi dans les moments inconfortables où il faut expliquer des décisions difficiles.

Les moments où il faut répondre aux critiques.

Les moments où il faut faire face aux émotions générées par des choix qui marquent une organisation.

Voilà pourquoi son absence continue de faire parler.

Martin St-Louis n’était pas isolé à l’autre bout du monde ni retenu par une obligation professionnelle incontournable. Des photos et des vidéos ont circulé le montrant en compagnie de plusieurs joueurs des Canadiens de Montréal lors du spectacle de Luke Combs au cours du week-end.

On voit même le coach caler une bière avec Cole Caufield

Personne ne lui reproche d’avoir profité d’un moment de détente après une longue saison. Le problème soulevé par est ailleurs.

Si l’entraîneur était suffisamment disponible pour participer à cette sortie avec ses joueurs jusqu’à la veille du bilan de fin de saison, plusieurs se demandent pourquoi il n’était pas devant les médias lundi matin pour répondre aux questions entourant la campagne qui venait de se terminer.

Cette absence devient encore plus remarquée lorsqu’on considère toute la controverse entourant Brendan Gallagher.

Aux yeux de certains, l’organisation a laissé Kent Hughes et Jeff Gorton absorber seuls les questions les plus délicates alors que plusieurs concernaient directement des décisions prises derrière le banc.

Ce n’est pas seulement une question de conférence de presse.

C’est une question courage.

Et dans un marché comme Montréal, les fans ont souvent une longue mémoire.

St-Louis a perdu beaucoup de respect cette semaine.