Une vidéo humoristique vient de faire ressortir un sujet particulièrement délicat autour de Cole Caufield… et cette fois, ce n’est pas une question de buts, de passes ou de performances sur la glace.
Dans un extrait diffusé sur les réseaux sociaux, Safia Nolin, Samuel Flynn et Gabriel Ouellette se retrouvent au milieu d’une discussion complètement éclatée autour de l’attaquant du Canadien.
Le ton est celui de la plaisanterie, mais une phrase attire immédiatement l’attention.
« Je pense que Double C est gay. »
Gabriel et Samuel cherchent d’abord à comprendre de qui Safia Nolin parle.
« Double C? Double C? Qui est Double C? »
La réponse arrive rapidement : « Coco. »
La conversation se dirige alors vers Cole Caufield, et Samuel Flynn et Gabrielle Ouellette réagissent en contestant immédiatement son impression.
L’échange devient ensuite une bataille de perceptions.
Safia Nolin maintient son idée, alors que Samuel et Gabriel évoquent plutôt la réputation du jeune attaquant auprès des femmes.
Il faut évidemment replacer tout ça dans son véritable cadre.
Le segment provient de L’agonie du podcast, une émission humoristique où Safia Nolin, Samuel Flynn et Gabriel Ouellette jouent volontairement avec l’absurde, la provocation et l’humour parfois très cru.
Nolin ne présente pas une information qu’elle aurait obtenue sur Caufield et ne prétend pas avoir une preuve permettant d’établir son orientation sexuelle.
Elle lance une opinion dans le cadre d’une conversation où les autres participants jouent eux aussi avec l’exagération.
Cela dit, la question devient beaucoup plus intéressante lorsqu’on sort quelques secondes de la mécanique humoristique.
Cole Caufield est une personne réelle.
Son orientation sexuelle relève de sa vie privée et rien dans cet extrait ne permet d’affirmer qu’il est homosexuel.
Une chose est de rire d’un personnage fictif ou d’une situation inventée… une autre est de publier à grande échelle une vidéo dans laquelle on spécule directement sur la sexualité d’un individu identifiable.
C’est précisément ici que le mot « diffamatoire » doit être utilisé avec prudence.
Une déclaration fausse n’est pas automatiquement diffamatoire simplement parce qu’elle concerne une personne connue.
La question juridique dépend notamment du contexte, de la nature des propos, de leur caractère fautif et du préjudice causé à la réputation.
Une opinion clairement présentée comme telle dans une séquence humoristique n’est donc pas nécessairement traitée de la même manière qu’une fausse information présentée comme un fait.
Le malaise vient plutôt du fait que la blague touche directement à la sexualité d’une personne qui n’est pas présente pour répondre.
Caufield n’est pas un personnage de fiction. Ce n’est pas non plus un sujet qui concerne ses performances avec le Canadien.
Puis arrive le fameux double standard.
Safia Nolin a elle-même raconté publiquement avoir été victime d’intimidation et de commentaires haineux.
En 2016, après le gala de l’ADISQ, elle avait dénoncé la quantité de messages qu’elle recevait et avait expliqué avoir vécu des années d’intimidation durant son adolescence.
En 2020, elle avait également porté plainte à la police après avoir affirmé être victime de harcèlement sur les réseaux sociaux.
C’est donc cette juxtaposition qui risque de faire sourciller certains partisans du Canadien.
Une personne qui connaît personnellement les conséquences que peuvent avoir les commentaires publics sur la vie d’un individu participe maintenant à une séquence humoristique où l’on spécule ouvertement sur la sexualité d’une vedette sportive.
Cela ne signifie évidemment pas que les deux situations sont identiques.
L’intimidation, le harcèlement et une blague de podcast ne doivent pas être placés dans le même sac.
Le contexte compte énormément. Mais le rapprochement pose tout de même une question légitime sur les fameux doubles standards que tout le monde aime dénoncer lorsqu’ils concernent les autres.
Pour les joueurs du Canadien, ce genre de contenu peut aussi paraître particulièrement étrange.
Imaginez être un jeune joueur de la LNH, voir votre nom devenir le sujet d’une conversation humoristique et découvrir qu’une personne que vous ne connaissez pas affirme publiquement avoir l’impression que vous êtes homosexuel… alors que votre orientation sexuelle ne regarde essentiellement que vous.
La blague peut être comprise.
Le mécanisme humoristique est assez simple : prendre une réputation supposée, la renverser et pousser l’absurde jusqu’au bout.
Mais est-ce que cette blague avait besoin d’être publiée de cette façon, avec le visage et le nom d’un véritable joueur du Canadien?
C’est probablement là que le malaise commence réellement.
Misère…
