Le Canadien de Montréal vient de recevoir un avertissement qu’il ne peut plus ignorer.
Et ce drapeau rouge concerne directement Lane Hutson.
Pendant que plusieurs partisans du CH célèbrent jour après jour notre petit défenseur ultra talentueux, la réalité de la LNH raconte une histoire complètement différente.
Les chiffres sont sans appel.
Seulement 24 défenseurs de moins de six pieds ont disputé au moins 20 matchs dans la LNH cette saison.
À peine 10 % de tous les 239 défenseurs réguliers du circuit.
C’est l’un des plus faibles pourcentages observés depuis des décennies.
Lane Hutson est spectaculaire.
Quinn Hughes et Adam Fox ont gagné un trophée Norris.
Jared Spurgeon a connu une carrière exceptionnelle.
Mais ces joueurs demeurent des exceptions.
Pas la norme.
Et la raison est simple.
Le hockey de séries devient de plus en plus violent, de plus en plus physique. De plus en plus exigeant.
Le Canadien de Montréal devra prendre une décision importante beaucoup plus rapidement que prévu.
Pendant des années, la LNH a répété que le hockey changeait. Que la vitesse remplaçait la robustesse. Que les habiletés prenaient le dessus sur le gabarit. Que les petits joueurs avaient enfin trouvé leur place.
La réalité racontée par les chiffres est pourtant bien différente.
Francis Bouillon lui-même avoue sa surprise.
L’ancien défenseur du Canadien croyait que le phénomène évoluerait dans la direction opposée avec l’importance grandissante accordée à la vitesse et aux habiletés. Pourtant, les directeurs généraux continuent de privilégier les grands défenseurs capables de survivre physiquement aux séries éliminatoires.
Dany Dubé apporte une explication qui devrait faire réfléchir Kent Hughes.
Selon lui, les attaquants de soutien d’aujourd’hui patinent plus vite que jamais et appliquent une pression constante sur les défenseurs adverses. Les Beck Malenstyn, Josh Anderson et tous les spécialistes de l’échec avant arrivent à pleine vitesse sur les récupérations de rondelle et transforment chaque présence en bataille physique.
Cette réalité devient encore plus évidente lorsqu’on regarde les équipes qui dominent actuellement la LNH.
La Caroline vient de remporter la Coupe Stanley en imposant un rythme infernal avec quatre trios capables de frapper, d’user l’adversaire et de maintenir une pression constante pendant soixante minutes.
La Floride, qui était déjà un cauchemar à affronter, vient maintenant d’ajouter Brady Tkachuk à une formation qui comptait déjà Matthew Tkachuk, Sam Bennett et Brad Marchand.
Le Canadien a lui-même servi d’exemple lors de la finale d’association.
Lane Hutson a continué de produire offensivement, mais chaque match est devenu une guerre d’usure. Les Hurricanes ont attaqué sans relâche les défenseurs montréalais et ont démontré qu’une équipe bâtie principalement sur la vitesse finit par atteindre certaines limites lorsque l’intensité monte d’un cran.
Quand Lane Hutson commet sa bourde inacceptable en prolongation du 3e match de la série contre la Caroline, il était sonné car William Carrier l'avait frappé à la tête avec son coude.
Hutson était magacé, confus et perdu comme tout.
Voilà pourquoi le dossier d’un défenseur droitier demeure aussi important pour Kent Hughes.
Le nom de Rasmus Ristolainen revient constamment dans les discussions depuis plusieurs mois. Le Canadien avait démontré un intérêt sérieux envers le défenseur des Flyers avant la dernière date limite des transactions et est revenu à la charge.
Philadelphie demande un choix de première ronde.
À première vue, plusieurs partisans ont trouvé le prix excessif.
Aujourd’hui, la réflexion devient différente.
Les options diminuent.
Connor Murphy représente une possibilité de moins sur le marché, lui qui s'est entendu avec les Oilers d'Edmonton pour 4,1 M$ par année étalés sur 5 ans.
Plusieurs défenseurs droitiers intéressants sont désormais plus difficiles à obtenir ou voient leur valeur grimper à mesure que le repêchage approche.
Le problème pour Kent Hughes est encore plus complexe qu’il n’y paraît. S'il veut Rasmus Andersson sur le marché des agents libres, il devra lui accorder un contrat de 6 ans et 8 M$ par année.
Le Canadien cherche toujours un attaquant capable d’évoluer dans le top-6. Une partie importante des actifs de l’organisation pourrait être utilisée dans une transaction pour améliorer l’attaque. Le choix de première ronde (28e au total) représente une pièce importante dans plusieurs scénarios potentiels.
Sacrifier ce choix pour Ristolainen signifie renoncer à une autre transaction.
Ne pas le faire signifie accepter le risque de retourner au combat avec les mêmes faiblesses que celles exposées contre la Caroline.
La question dépasse largement le cas de Rasmus Ristolainen.
Le véritable enjeu concerne la protection du noyau de l’organisation.
Lane Hutson est devenu l’un des joueurs les plus importants du Canadien.
Ivan Demidov deviendra lui aussi une cible privilégiée des équipes adverses.
Les Panthers viennent de grossir.
Les Hurricanes continuent de jouer un hockey étouffant.
Le Lightning demeure bâti pour les séries éliminatoires, tout comme les Sabres de Buffalo, l'une des plus grosses équipes de la LNH en terme de gabarit.
À un certain moment, le Canadien devra décider s’il veut simplement rivaliser avec ces équipes ou s’il veut réellement les battre.
Les données accumulées partout dans la ligue envoient exactement le même message.
Les petits défenseurs peuvent connaître du succès.
Ils ont toutefois besoin d’être entourés par une structure capable d’absorber les coups, de gagner les batailles physiques et de survivre à quatre rondes de séries.
Kent Hughes le sait.
La Caroline lui a rappelé.
La Floride vient de lui rappeler une deuxième fois.
Les équipes qui gagnent aujourd’hui jouent avec quatre trios qui attaquent sans arrêt.
Les Hurricanes viennent de gagner la Coupe Stanley en écrasant physiquement leurs adversaires pendant quatre rondes.
Le message est clair.
Les grosses équipes deviennent encore plus grosses.
Pendant ce temps, Lane Hutson demeure le joueur le plus précieux de l’organisation.
Et c’est précisément pour cette raison que Kent Hughes doit agir.
Pas demain.
Maintenant.
Lane Hutson est devenu l’une des plus grandes richesses du Canadien.
Maintenant, il faut commencer à le protéger comme tel.
