Échange Montréal-Philadelphie: la valeur d'Arber Xhekaj est dévoilée

Échange Montréal-Philadelphie: la valeur d'Arber Xhekaj est dévoilée

David Garel
Le 2026-07-24

Le dossier d’Arber Xhekaj commence sérieusement à s’intensifier.

Depuis quelques jours, plusieurs équipes auraient repris contact avec le Canadien de Montréal pour s’informer de la disponibilité du robuste défenseur. Parmi elles, un nom revient constamment : les Flyers de Philadelphie.

Ça chauffe.

Les Flyers suivent simplement le dossier de très près… comme ils le font depuis plusieurs années déjà.

Et ce n’est pas un hasard.

À Philadelphie, on adore le profil de Xhekaj.

Un défenseur gaucher de 6 pieds 4 pouces et près de 240 livres.

Un joueur qui frappe.

Qui protège ses coéquipiers.

Qui n’a peur de personne.

Bref, le genre de défenseur qui colle parfaitement à l’identité physique que les Flyers ont toujours voulu imposer.

Mais derrière cette rumeur se cache une autre question, beaucoup plus intéressante.

Combien vaut réellement Arber Xhekaj aujourd’hui?

Et la réponse est loin de faire l’unanimité.

Pendant longtemps, plusieurs partisans du Canadien étaient convaincus que Kent Hughes ne devait même pas écouter les offres à moins d’obtenir un choix de première ronde.

Rappelons que l'été dernier, plusieurs équipes auraient déboursé un choix de 1re ronde pour le shérif selon ce qui circulait sur le marché des transactions.

On parlait souvent d'un choix de 1re ronde tardif.

Kent Hughes a refusé toutes les offres car il ne voulait pas paraître pour le grand méchant loup qui sacrifie le joueur le plus populaire à Montréal.

Aujourd’hui, ce discours est en train de changer.

Les recruteurs autour de la LNH évaluent sa valeur beaucoup plus prudemment.

Le consensus qui circule est qu’un retour réaliste ressemblerait davantage à un actif équivalent à un choix de deuxième ronde, accompagné d’un espoir de deuxième niveau ou d’un jeune joueur-plombier capable d’aider immédiatement le Canadien.

Autrement dit, on est très loin du prix qu’imaginaient plusieurs partisans montréalais.

Malgré toutes ses qualités physiques, Xhekaj demeure un projet de développement qui a toujours été méprisé par Martin St-Louis.

Le coach voit le shétif comme un 7e défenseur nuisible.

La saison dernière, il a disputé 65 matchs, récoltant un but et trois passes pour quatre points.

Il a également écopé de 116 minutes de punition tout en étant utilisé en moyenne un peu plus de 11 minutes à cinq contre cinq par rencontre.

Le message est clair.

Martin St-Louis le voit comme un moins que rien.

Il ne joue ni en désavantage numérique, ni en avantage numérique. Pire encore, certains soir, il joue à peine une minute, faisant le piquet sur le banc.

Les chiffres avancés par plusieurs modèles statistiques vont d’ailleurs dans le même sens.

Son impact défensif demeure catastrophique.

À cinq contre cinq, les probabilités de buts favorables au Canadien lorsqu’il était sur la glace se situaient autour de 43 %, un résultat qui démontre qu’il lui reste encore plusieurs aspects de son jeu à peaufiner.

Voilà pourquoi plusieurs recruteurs continuent de croire qu’il possède davantage le profil d’un défenseur de troisième paire, ou de 7e défenseur.

Certains pensent qu'il est capable d’éventuellement gravir les échelons. D'autres pensent qu'il n'est tout simplement pas un vrai joueur de la LNH, mais un boxeur-goon déguisé.

Voilà pourquoi le dossier est aussi complexe pour Kent Hughes.

Xhekaj possède quelque chose qu’aucun modèle statistique ne peut réellement mesurer.

Sa présence.

Son intimidation.

Sa capacité à changer complètement l’énergie d’un match avec une seule mise en échec ou en défendant un coéquipier.

Sans oublier son pouvoir marketing. À Philadelphie, il deviendrait un véritable héros tellement la ville est en amour avec les justiciers qui font mal.

Ce genre de joueur disparaît tranquillement dans la LNH moderne.

Et lorsqu’arrive le printemps, ces joueurs reprennent souvent énormément de valeur. (à part quand tu t'appelles Martin St-Louis).

Pendant ce temps, un autre dossier avance discrètement.

Celui de son prochain contrat.

Les négociations se poursuivent entre le Canadien et le clan Xhekaj, mais un écart existe toujours.

Selon ce qui circule dans les cercles de la LNH, le camp de Xhekaj viserait un salaire annuel situé entre 2,5 et 3 millions de dollars.

Du côté du Canadien, on parlerait plutôt d’une offre qui se situerait entre 1,75 et 2,1 millions de dollars par saison dans le cadre d’une entente de transition.

Un écart qui n’est pas insurmontable… mais qui explique pourquoi plusieurs équipes demeurent attentives.

Tant qu’aucun contrat n’est signé, les appels continueront. Et même s'il est signé, il pourrait ensuite être transigé.

Un joueur signé se négocie toujours plus facilement.

Le directeur général du Canadien n’est toutefois soumis à aucune pression.

Xhekaj est joueur autonome avec compensation qui n'a pas demandé l'arbitrage.

Le Canadien conserve le contrôle du dossier et les offres hostiles ne viennent pas.

Hughes peut se permettre d’écouter les offres sans être obligé d’agir.

La profondeur défensive du Canadien est impressionnante.

Adam Engström et David Reinbacher veulent un poste régulier.

Mais remplacer un défenseur de 25 ans, capable de jeter les gants avec n’importe qui dans la LNH, de protéger ses vedettes et d’imposer une présence physique que très peu de joueurs possèdent encore aujourd’hui, ce n’est pas aussi simple que d’inscrire un nom sur une feuille d’alignement.

Il faudrait l'expliquer à St-Louis, mais le coach a trop d'ego pour écouter.

Reste que si Philadelphie veut réellement mettre la main sur le Shérif, il faudra offrir beaucoup plus qu’un simple choix de repêchage ou un espoir de bas-étage et/ou un autre plombier. Le CH en a déjà assez.

Sinon, Kent Hughes n’a absolument aucune raison de précipiter une transaction.

Le DG veut faire surpayer les Flyers ou les Flames pour Xhekaj.

Croisons les doigts pour un vol sur le marché des transactions.. ou le calumet de la paix entre le shérif et Martin St-Louis.