Chris Drury vient officiellement d’entrer dans la catégorie des directeurs généraux qui se font manger tout ronds.
La transaction impliquant Artemi Panarin restera longtemps comme un cas honteux dans la LNH : comment perdre toute crédibilité en une seule manœuvre.
Parce que ce qui vient de se produire à New York, ce n’est pas une simple transaction. C’est un effondrement public.
Les Rangers de New York ont cédé leur joueur vedette aux Kings de Los Angeles pour un choix de troisième ronde et Liam Greentree.
Oui, Greentree est un bon espoir. Oui, c’est un ancien choix de première ronde. Mais on parle quand même d’un ailier en développement, pas d’un joueur établi, pas d’un espoir élite prêt à dominer demain matin.
On parle d'un overager de 20 an dans la OHL qui n'a que 45 points en 34 matchs et qui ne sera jamais plus qu'un top-9 dans la LNH.
Pour un Artemi Panarin encore productif, encore dominant offensivement, encore capable de transformer une attaque à lui seul.
C’est maigre. Très maigre.
Et tout le monde le sait.
Panarin a complètement contrôlé Drury.
La vérité, c’est que le DG des Rangers n’a jamais eu la main sur ce dossier.
Jamais.
La tension entre Panarin et lui était devenue toxique. Le joueur ne voulait plus rien savoir de New York. Il refusait toute prolongation avec les Rangers. Pire encore : il a clairement fait savoir, par l’entremise de son agent, qu’il choisirait lui-même sa destination… et que ce serait Los Angeles.
Pas la Floride.
Pas Tampa Bay.
Los Angeles.
Panarin a même retardé toute discussion contractuelle pour s’assurer que sa prolongation serait signée après l’échange, directement avec les Kings, court-circuitant complètement Drury dans le processus.
S'il y avait eu un sign-and-trade, Drury aurait pu demander beaucoup plus que les peanuts qu'il a reçues.
Drury s’est retrouvé avec un actif qui fondait à vue d’œil.
Plus de levier.
Plus de bluff.
Plus de marge de manœuvre.
Il devait vendre. Point.
Et quand un DG vend sous pression, il se fait dépouiller.
Drury est maintenant la risée de la ligue
Dans les bureaux de la LNH, ce dossier fait déjà le tour.
Un DG qui échange une vedette de ce calibre sans prolongation attachée, pour un retour essentiellement basé sur le futur, ça envoie un message clair : tu étais acculé au mur.
Chris Drury avait besoin d’un coup d’éclat.
Il vient plutôt d’offrir une démonstration de faiblesse.
Les partisans new-yorkais sont en furie. Les analystes parlent d’un “giveaway”. Et dans les autres organisations, on prend des notes : Drury est négociable quand il panique.
Ce n’est jamais bon pour un directeur général.
Et quelque part à Montréal, Jeff Gorton regarde ça avec un petit sourire en coin.
Parce qu’il ne faut jamais oublier l’histoire.
Drury est celui qui a manœuvré dans l’ombre pour faire congédier Gorton en 2021, en allant directement voir le propriétaire des Rangers, JAmes Dolan, pour réclamer le poste et parler dans le dos de son patron.
Une sortie mesquine. Brutale. Sans élégance.
Depuis ce jour-là, les deux hommes sont ennemis.
Et aujourd’hui?
Drury vient de se faire humilier publiquement sur le marché des transactions, pendant que Gorton est au sommet du monde avec les Canadiens de Montréal.
Cinglant... et sans pitié..
Panarin avait été acquis sous l’ère Gorton. Adam Fox aussi. Une bonne partie du noyau actuelRangers était un héritage direct de Gorton.
Drury a hérité du gâteau… et a tout gâché.
Ce n’est plus une rivalité. C’est une démonstration.
Drury essaie depuis des années de faire porter le blâme à Gorton : mauvais repêchages, contrats lourds, occasions ratées.
Mais aujourd’hui, la réalité le rattrape.
Il avait une équipe dont la fenêtre était grande ouverte pour remporter la Coupe Stanley.
Il l’a perdue à rabais.
Il s’est fait dicter les conditions par le joueur.
Il n’a obtenu aucun impact immédiat.
C’est ça, le bilan.
Pendant ce temps, Gorton avance à Montréal avec Kent Hughes, accumule des actifs, garde le contrôle de ses dossiers et ne se fait pas imposer ses décisions par ses joueurs.
Deux philosophies.
Deux trajectoires.
Deux réputations.
Chris Drury voulait prouver qu’il était meilleur que Jeff Gorton.
Avec cette transaction, il vient surtout de prouver qu’il est plus vulnérable.
Panarin l’a joué comme un violon.
Et dans toute la LNH, on vient d’apprendre une chose essentielle : quand Chris Drury est sous pression, il cligne des yeux en premier.
La honte.
