Ce qu’on a vu à l’entraînement aujourd’hui, c’était exactement ce que le Canadien ne pouvait pas se permettre de revoir.
Le mauvais Jakub Dobeš.
Pas celui qui était en feu avant la pause olympique. Pas celui qui volait des matchs, qui calmait le jeu, qui donnait l’impression d’un gardien déjà prêt pour porter le filet du Canadiens de Montréal.
Non.
Celui qui est tout croche dans son demi-cercle. Celui qui surjoue chaque tir. Celui qui sort trop loin de son filet, qui cherche la rondelle au lieu de la lire. Celui qui veut tout arrêter… et qui finit par tout ouvrir.
Aujourd’hui, Dobeš était une passoire.
Des rondelles qui glissaient sous la mitaine. Des rebonds juteux laissés dans l’enclave. Des déplacements précipités. Zéro contrôle du trafic devant lui. On aurait dit un gardien rouillé, désorganisé, en retard d’une demi-seconde sur chaque séquence.
Et ce qui frappait le plus, ce n’était même pas les buts.
C’était son langage corporel.
Il forçait. Il compensait. Il voulait trop bien faire. Exactement ce qu’on voit quand un gardien commence à perdre ses repères.
À un point tel que Marco Marciano a dû l’isoler à la fin de la séance pour lui faire du travail supplémentaire.
Marco Marciano a pris Jakub Dobes de côté et travaille avec lui en solitaire.
— Patrick Guillet (@PatGuillet) February 17, 2026
Le gardien semble avoir un entraînement difficile aujourd’hui.@DLCoulisses #GoHabsGo #Dobes #NHL pic.twitter.com/eUVODc5Yz8
Pas un petit mot rapide.
Des répétitions ciblées. Des ajustements techniques. Des échanges directs. Comme si Marciano avait senti que quelque chose venait de décrocher.
Et quand ton entraîneur des gardiens te prend à part de cette façon-là après une pratique, ce n’est jamais bon signe.
Surtout que Samuel Montembeaullt était tout simplement en feu. Un véritable mur:
Samuel Montembeault est très solide devant son filet aujourd’hui.
— Patrick Guillet (@PatGuillet) February 17, 2026
Il n’y a pas grand chose qui rentre, comme dirait l’autre.
Les directives de Marco Marciano semblent porter fruit.@DLCoulisses #GoHabsGo #Montembeault #NHL pic.twitter.com/hIos7i7wOM
Pendant ce temps, l’atmosphère entre Dobeš et le Québécois était lourde.
Très lourde.
Pas de complicité. Pas de rires. Pas de regards. Chacun dans sa bulle. Deux gars qui savent exactement ce qui est en jeu.
Parce qu’on entre maintenant dans la zone grise la plus dangereuse pour un tandem de gardiens.
Personne ne sait officiellement qui est le numéro un.
Sur papier, après la pause olympique, tout indique que Dobeš devait avoir la pole position. Sa séquence avant l’arrêt des activités parlait pour lui. Il avait gagné le filet. Il avait gagné la confiance du vestiaire. Il avait gagné celle du coach.
Mais la réalité est plus cruelle que ça.
À Montréal, on ne garde jamais un statut longtemps.
Ici, c’est simple :
tu gagnes, tu restes.
tu perds, tu sautes.
Et après une défaite, Martin St-Louis n’hésite jamais à brasser les cartes.
Alors ce qu’on a vu aujourd’hui, c’est peut-être juste de la rouille post-pause.
Ou peut-être que c’est autre chose.
Peut-être que la pression commence à rentrer.
Parce que Dobeš le sait : Montembeault est encore là. Montembeault attend sa chance. Montembeault vient de vivre une renaissance émotive. Montembeault a l’appui d’une partie du vestiaire. Et Montembeault joue littéralement sa carrière à chaque départ.
Et Dobeš, lui, sait aussi qu’il n’est pas intouchable.
Cette réalité-là, elle pèse.
Ce qui rend cet entraînement encore plus inquiétant, c’est ce qu’il réveille comme souvenirs.
On a déjà vu cette version de Dobeš.
On l’a vue quand il est arrivé en Amérique du Nord.
On l’a vue à ses débuts professionnels.
On l’a vue quand son jeu devenait trop large, trop agressif, trop instinctif.
Et aujourd’hui, ça y ressemblait dangereusement.
Le Canadien sort à peine d’une période de stabilité devant le filet.
Et voilà que, dès la reprise, tout recommence à vaciller.
Un gardien en perte de timing.
Un autre qui attend son moment.
Un entraîneur des gardiens obligé d’intervenir immédiatement.
Et une hiérarchie qui redevient floue.
Ce n’est pas anodin.
Ce n’est pas juste “une mauvaise pratique”.
C’est un signal.
Parce que si Dobeš n’est pas capable de retrouver rapidement le calme qu’il avait avant la pause, le fameux scénario du “gardien gagnant qui reste” va exploser.
On va retourner au carrousel.
Un match à Dobeš.
Un match à Montembeault.
Une défaite, un changement.
Une victoire, un débat.
Exactement ce que cette équipe ne peut pas se permettre en pleine course aux séries.
Aujourd’hui, Jakub Dobeš a rappelé de mauvais souvenirs.
Et quand un entraînement soulève plus de questions que de réponses, c’est rarement bon signe pour la suite.
Le filet du Canadien est de nouveau en suspense.
Et ça, après tout ce qu’on vient de traverser, c’est probablement la pire nouvelle possible.
