Entrevue bouleversante: Michel Bergeron craque pour son frère Rodger Brulotte

Entrevue bouleversante: Michel Bergeron craque pour son frère Rodger Brulotte

Par David Garel le 2026-03-20

Michel Bergeron a complètement craqué en direct.

La voix cassée, incapable d’enchaîner, obligé de s’arrêter… parce que l’émotion était trop forte. On le sent, on l’entend, il lutte pour parler.

Il pleure.

Et au milieu de tout ça, il raconte cette scène…

Rodger Brulotte, affaibli, qui serre son chien dans ses bras une dernière fois.

Et à ce moment-là, il n’y a plus rien à analyser.

Juste de la peine.

Il y a des moments où le Québec s’arrête.

Pas pour un but. Pas pour une victoire. Pas pour un débat.

Mais parce qu’un vide vient de s’installer.

Et ce soir, ce vide-là porte un nom.

Rodger Brulotte.

Mais à travers cette immense perte, il y a une autre image qui reste, une scène qui frappe, une émotion brute qui traverse l’écran sans filtre : celle de Jacques Doucet, la voix brisée, les mots qui cherchent à sortir, mais qui se heurtent à quelque chose de plus grand que le langage.

La peine.

La vraie.

Vous le voyez, assis là, digne, mais ébranlé. Et déjà, tout est dit dans son regard. Il parle, mais ce sont ses silences qui frappent le plus fort.

« C’est des souvenirs impérissables… »

Et dans cette simple phrase, il y a toute une vie.

Parce que pour Jacques Doucet, ce n’était pas simplement un collègue qu’on vient de perdre. Ce n’était pas un partenaire de travail. Ce n’était même pas seulement un ami.

C’était plus profond que ça.

« Roger, souvent, je lui disais qu’il était le frère que je n’avais jamais eu… »

Et tout bascule là.

Parce que soudainement, on comprend que ce qu’on pleure aujourd’hui, ce n’est pas seulement une voix mythique du baseball québécois. C’est un lien humain. Un attachement rare. Une relation que peu de gens ont la chance de vivre dans une vie.

Ils étaient ensemble tout le temps.

« On voyageait ensemble, on mangeait ensemble, on se taquinait l’un et l’autre… »

Une saison de baseball, c’est 162 matchs. C’est des mois à vivre côte à côte. À partager des avions, des hôtels, des repas, des anecdotes. À voir l’autre dans ses bons jours comme dans ses mauvais.

Et ça, ça crée quelque chose.

Quelque chose d’unique.

« Quand on est sur le rythme d’une saison… on passe plus de temps avec nos camarades qu’avec notre propre famille… »

Alors oui, ils étaient un duo mythique à la radio et à la télévision. Oui, leur chimie faisait vibrer le Québec. Oui, leur complicité crevait l’écran.

Mais derrière ça, il y avait deux hommes qui s’étaient trouvés.

Deux hommes qui s’étaient choisis.

Deux hommes qui s’étaient adoptés.

« Des histoires, il y en a… on en aurait pour trois jours à se les raconter… »

Et c’est peut-être ça le plus dur, ce soir.

Toutes ces histoires qui restent.

Toutes ces conversations qui n’auront plus lieu.

Tous ces silences qui remplacent les éclats de rire.

Parce que Rodger Brulotte, pour Jacques Doucet, c’était aussi ça :

Un refuge.

Une présence constante.

« C’était un gars qui était toujours disponible… si j’avais besoin de lui, je l’appelais, puis il répondait… »

Et dans un monde où tout va vite, où tout est calculé, où les relations sont souvent superficielles… cette disponibilité-là, elle devient immense.

Elle devient précieuse.

Elle devient irremplaçable.

Et c’est là que la voix de Doucet tremble.

Parce que ce qu’il perd, ce n’est pas seulement un morceau de son passé.

C’est un morceau de lui-même.

« C’est une grande perte pour moi… »

Simple.

Direct.

Dévastateur.

Puis il essaie de sourire. Il replonge dans les souvenirs. Il parle de ces moments dans les trains, dans les avions, à raconter des histoires, à rire comme deux gamins.

« C’était un être unique… un bout-en-train extraordinaire… »

Et tu le sens.

Tu sens qu’il s’accroche à ça.

Parce que c’est tout ce qu’il reste.

Les souvenirs.

Les images.

Les éclats de rire qui résonnent encore quelque part.

Rodger Brulotte mesurait à peine cinq pieds cinq.

Mais dans la voix de Jacques Doucet, ce soir, il devient un géant.

(« Du haut de ses 5 pieds 5, 5 pieds 6… c’était un géant dans le domaine du sport ici au Québec… »)

Et il n’y a rien à ajouter.

Parce que tout est là.

Un géant.

Un frère.

Un ami.

Un morceau d’histoire.

Le Québec pleure, oui.

Mais ce soir, à travers les larmes de Jacques Doucet, on comprend quelque chose de plus profond encore.

On comprend que certaines connexions humaines dépassent tout.

Dépassent le sport.

Dépassent la carrière.

Dépassent même la mort.

Et au moment où les mots manquent, où la voix casse, où le silence prend toute la place…

Il reste une vérité.

Une seule.

Rodger est parti.

Mais ce qu’il a construit avec les gens, ce qu’il a semé dans le cœur de ceux qui l’ont connu…

Ça ne partira jamais.