Arber Xhekaj avait une occasion en or de faire taire ses détracteurs mercredi soir contre les Capitals de Washington.
Une occasion de rappeler pourquoi les partisans du Canadien de Montréal lui ont donné le surnom de Shérif. Une occasion de démontrer qu'il reste capable d’imposer le respect. Résultat? Le défenseur a encore passé plus de temps à s’obstiner avec Tom Wilson qu’à régler le problème qui se trouvait devant lui.
La scène était pourtant parfaite. Le Canadien venait de vivre une séquence explosive autour de Juraj Slafkovsky, qui s’est retrouvé au cœur d’un contact impliquant Ivan Miroshnichenko et Wilson.
Juraj Slafkovsky est d’abord frappé par Ivan Miroshnichenko au centre de la patinoire. En perdant l’équilibre, le Slovaque tombe et sa tête entre en contact avec Tom Wilson, qui se trouve dans sa trajectoire.
Ivan Miroshnichenko lays a big hit on Juraj Slafkovsky in open ice and the Habs took exception 😳 https://t.co/iKh1fKnJMZ
— Gino Hard (@GinoHard_) October 15, 2026
Clairement Tom Wilson a fait exprès de rentrer dans la tête de Slaf. Ce ralenti confirme l'inévitable: la peste des Caps "simule" un contact involontaire:
I don't think that five will stand, clips the chest/shoulder. The scary part here for the Habs and Slaf is that second collision with the leg of Wilson. https://t.co/mPNlmTpuwS
— Matt Drake (@DrakeMT) October 15, 2026
Les joueurs du Canadien réagissent immédiatement, furieux de voir leur coéquipier impliqué dans cette collision. Une mêlée éclate, les arbitres interviennent et plusieurs joueurs sont pénalisés.
La punition majeure initialement envisagée contre Wilson est finalement retirée, puisqu’il n’a pas été jugé responsable d’un coup illégal à la tête. Miroshnichenko est pénalisé pour rudesse, tandis qu’Alexandre Carrier et Kaiden Guhle reçoivent également des punitions pour rudesse. Slafkovsky quitte la glace, puis revient quelques minutes plus tard.
Les joueurs de Montréal ont réagi, les esprits se sont échauffés et les arbitres ont dû intervenir. Xhekaj s’est ensuite retrouvé à échanger des mots avec Wilson.
Le défenseur du Canadien affirme qu’il voulait se battre avec Wilson, mais que l’attaquant des Capitals avait trop peur pour accepter.
Wilson raconte exactement l’inverse : selon lui, Xhekaj attend systématiquement que les arbitres s’interposent entre eux avant de jouer les durs.
Il lui reproche d’avoir attendu que les officiels soient présents pour provoquer le combat, sachant très bien qu’ils interviendraient pour les séparer.
Chacun accuse l’autre de se défiler, chacun prétend que son rival a peur et, au bout du compte, personne ne jette les gants.
À vous de juger:
Arber Xhekaj wanted to fight Tom Wilson bad last night #gohabsgo #allcaps https://t.co/08gttB0zCx
— RGF (@rgfray1) October 15, 2026
Xhekaj peut bien expliquer qu’il a distribué une mise en échec à Ryan Leonard, qu’il a joué physiquement et qu’il n’a pas reculé devant les Capitals.
Arber Xhekaj lays a HARD hit on Ryan Leonard 😳💥 https://t.co/xb5BxOOD9u
— Gino Hard (@GinoHard_) October 15, 2026
Personne ne lui demande de jeter les gants à chaque présence ni de transformer chaque match en gala de boxe. Le problème, c’est que son rôle ne se résume pas à distribuer une mise en échec de temps en temps. Lorsqu’un joueur est présenté comme le protecteur du groupe, lorsqu’il s’est bâti une réputation sur sa capacité à intimider les adversaires et à défendre ses coéquipiers, il doit être à la hauteur quand la tension monte. Sinon, à quoi sert le surnom?
Le Shérif est rendu prisonnier d’une guerre de déclarations. Il veut convaincre tout le monde que Wilson a peur de lui, tandis que Wilson lui renvoie exactement la même accusation.
À un moment donné, il faut arrêter de jouer au concours de celui qui parle le plus fort. Si Xhekaj veut faire croire qu’il est encore l’homme fort du Canadien, il doit trouver une façon de le démontrer sur la glace.
Et si Wilson ne voulait vraiment rien savoir? Il existait une autre possibilité : aller chercher un autre adversaire, lorsque les circonstances s’y prêtaient, au lieu de laisser toute cette séquence se terminer par des regards noirs et des insultes.
Le rôle d’un homme fort ne consiste pas à attendre que son rival préféré accepte une invitation. Il consiste à imposer une présence, à défendre ses coéquipiers et à faire comprendre à l’adversaire que Montréal ne se laissera pas intimider gratuitement.
Don identité dans la LNH repose précisément sur cette réputation de boxeur. Il ne s'est même pas encore battu cette année, alors qu'on assiste avec des furieuses bagarres depuis le début de l'année.
Ce n’est pas la première fois que Xhekaj se retrouve dans cette position inconfortable. En novembre 2025, lors d’une défaite de 8 à 4 contre Washington, le Canadien avait encaissé une véritable raclée.
Tom Wilson avait frappé Jake Evans, qui avait quitté la rencontre, complètement sonné.
La scène avait choqué les partisans du CH. Le Shérif, censé être celui qui protège les siens, s’était retrouvé au cœur des critiques pour son manque de réaction. Cette vidéo honteuse avait sali la réputation du shérif:
L’image qui avait marqué, c’était celle d’Evans passant près du Shérif en rentrant au vestiaire. Xhekaj n'avait absolument rien fait.
Depuis, la question n’a jamais vraiment disparu : où est passé le joueur qui faisait peur à ses adversaires? Celui qui avait réussi à se faire une place dans la LNH en imposant son physique?
Celui dont la présence devait offrir une forme de protection à ses coéquipiers?
Xhekaj a traversé des périodes difficiles, a connu des combats éprouvants et a dû composer avec un rôle défensif qui exige davantage que de distribuer des coups. Mais il ne peut pas continuellement invoquer les circonstances lorsqu’il est question de sa fonction première: celle d'un boxeur.
Dans les discussions entourant les gestes de Wilson, les propos sur les « pleurnicheurs » viennent de Réjean Tremblay.
Son angle soulève une question différente : au lieu de chercher systématiquement de mauvaises intentions chez Wilson, pourquoi ne pas examiner aussi les responsabilités des joueurs du Canadien?
Pour l’instant, le Shérif passe plus de temps à expliquer pourquoi il ne s’est pas battu qu’à convaincre Montréal qu’il est encore celui qu’on adorait.
Si Arber Xhekaj n’est plus capable de se battre, qu’est-ce qui le rend indispensable à Montréal?
