Salaire de Martin St-Louis: Kent Hughes avoue tout
Martin St-Louis et Kent Hughes. Capture d'écran-youtube

Salaire de Martin St-Louis: Kent Hughes avoue tout

David Garel
Le 2026-10-15

Kent Hughes, Jeff Gorton et Martin St-Louis habitent dans le même immeuble, se retrouvent au pub pour refaire le monde et discutent régulièrement de hockey entre amis.

C'est mignon... ou questionnant...

Le directeur général du Canadien vient lui-même de décrire cette proximité comme une « fraternité pour des gens dans la cinquantaine ».

Après la juteuse prolongation de contrat de plusieurs saisons accordée à St-Louis, cette révélation soulève une question incontournable : où s’arrête l’amitié et où commence la gestion d’une organisation de la LNH?

Le Country Club n’est plus seulement une expression utilisée par les partisans frustrés du Canadien de Montréal. Kent Hughes vient de donner lui-même une description qui risque de faire jaser pendant longtemps.

Dans une entrevue diffusée en anglais sur Prime Video, le directeur général a parlé de sa relation avec Jeff Gorton et Martin St-Louis, révélant à quel point les trois hommes sont proches dans leur vie quotidienne.

« On habite tous dans le même immeuble; c’est comme une petite fraternité pour des hommes dans la cinquantaine. On a un petit pub où l’on va. On analyse les matchs et on règle les problèmes du monde. » (voir les détails du contrat de Martin St-Louis après la déclaration de Kent Hughes)

Sur le plan humain, il n’y a rien de scandaleux à ce que trois collègues s’entendent bien. Le problème commence lorsqu’on regarde les décisions prises par cette direction depuis son arrivée à Montréal.

Ils contrôlent les décisions les plus importantes de l’organisation, de la construction de l’effectif jusqu’au choix de l’entraîneur qui dirige le vestiaire. (tout comme son vestiaire)

De savoir qu'ils sont "chumés chumés" au bars nous donne froid dans le dos tellement il y a un énorme conflit d'intérêt.

Le plus troublant, c’est que Kent Hughes nous explique lui-même qu’ils se retrouvent au pub pour discuter de business.

Alors, quand on sait que Martin St-Louis vient de signer une prolongation de quatre ans à plus de six millions de dollars par saison (6,5 M$), on réalise que ces négociations se sont déroulées autour d’une bière entre amis.

Hughes avoue donc qu'il a négocié le contrat au bar. Sa propre description de leur fraternité a la couleur de l'argent.

26 millions de dollars, ça se prend toujours bien autour d'une bière.

Voilà ce qu’on appelle le Country Club : un cercle fermé où tout le monde se connaît, où tout le monde se fréquente et où tout le monde s'enrichit financièrement.

Lorsque les trois hommes qui prennent les décisions passent autant de temps ensemble de façon récréative, la question de l’indépendance du jugement devient inévitable.

La prolongation de contrat de Martin St-Louis donne encore plus de poids à cette discussion. Le Canadien vient de lui accorder une nouvelle entente de plusieurs saisons, alors que son équipe entre dans une phase où les attentes augmentent considérablement.

Montréal ne peut plus se contenter de progresser tranquillement : après avoir atteint le carré d’as la saison dernière, le club doit maintenant démontrer qu’il est capable de franchir une autre étape.

C'est mal parti cette saison, alors que St-Louis semble refaire les mêmes erreurs de pee-wee que l'an passé, surtout au niveau défensif,

Pourtant, St-Louis bénéficie depuis son arrivée d’un soutien éternel de Hughes et Gorton. Même lorsque les unités spéciales éprouvent des difficultés, même lorsque certaines décisions concernant l’utilisation des joueurs soulèvent des questions (comme le chouchou Matheson) et même lorsque les partisans réclament des changements, la direction continue de défendre son entraîneur ad vitam eternam.

St-Louis obtient une sécurité professionnelle infinie au moment même où la pression sportive devrait augmenter.

La proximité entre les trois hommes prouve que cette décision a été prise par favoritisme.

Kent Hughes est-il capable de remettre véritablement son ami en question lorsque les résultats ne sont pas à la hauteur?

Impossible dans le Country Club qui a été créé.

Que ce soit pour un président ou un directeur général, il doit pouvoir évaluer son entraîneur avec la même rigueur qu’un joueur. Il doit être capable de reconnaître les erreurs, de demander des ajustements et, si nécessaire, de prendre une décision difficile. L’amitié ne doit jamais devenir un obstacle à cette responsabilité.

La révélation de Hughes a de quoi alimenter les discussions parce qu’elle donne une image très concrète du fonctionnement du country club montréalais.

Les dirigeants du CH nous vendent l'idée que cette proximité présente des avantages. Une direction qui communique bien, qui partage une vision et qui travaille dans un climat de confiance peut prendre des décisions plus rapidement. Le Canadien a d’ailleurs besoin d’une direction cohérente pour mener à terme sa reconstruction selon Kent Hughes.

Mais cette cohésion comporte aussi un énorme risque : lorsque les mêmes personnes passent autant de temps ensemble, qui vient réellement remettre en question leurs idées?

Qui pose les questions difficiles? Qui ose dire que le système de St-Louis ne fonctionne pas dans certaines situations? Qui exige des changements lorsque les unités spéciales deviennent un problème? Qui demande pourquoi certains joueurs obtiennent des responsabilités importantes malgré des performances décevantes?

Ce sont des questions essentielles dans une organisation qui aspire à gagner la Coupe Stanley. La confiance entre les dirigeants est utile, mais elle ne remplace pas la capacité de se contredire et de reconnaître ses erreurs.

Le succès d’une reconstruction ne donne pas un chèque en blanc à ceux qui la dirigent.

Un entraîneur ne peut pas simplement compter sur la confiance de ses "amis de pub" pour conserver son poste. Il doit démontrer qu’il est la bonne personne pour gagner.

C'est bien beau l'animateur de pastorale, mais à un moment donné, on veut un vrai gagnant.