Officiel: le ménage à trois est de retour à Montréal
Jakub Dobes, Jacob Fowler, et Samuel Montembeault. Montreal Gazette, La Presse

Officiel: le ménage à trois est de retour à Montréal

David Garel
Le 2026-10-15

Kent Hughes n’arrive pas à échanger un gardien. Jacob Fowler joue trop bien pour être renvoyé dans la Ligue américaine, Samuel Montembeault reviendra bientôt au jeu et Jakub Dobeš traverse une crise monumentale.

Le Canadien se retrouve exactement dans la situation qu’il voulait éviter. Trois gardiens, un seul filet et un directeur général qui risque d’avoir attendu trop longtemps avant de bouger.

Le Canadien de Montréal est en train de retomber dans le piège qu’il aurait dû éviter à tout prix. Le ménage à trois est de retour, et cette fois, la situation est encore plus délicate qu’auparavant.

Jacob Fowler est le numéro un, Jakub Dobeš s’effondre devant le filet et Samuel Montembeault se prépare à revenir après sa blessure. Kent Hughes doit maintenant trouver une solution, mais le marché des gardiens est beaucoup plus compliqué qu’il ne le pensait.

Mathias Brunet, de La Presse, vient d’expliquer pourquoi les transactions impliquant des gardiens sont si difficiles à conclure.

Les équipes ne veulent pas payer trop cher, les contrats peuvent devenir encombrants et les directeurs généraux préfèrent souvent attendre plutôt que de sacrifier des actifs pour régler un problème devant le filet. Les exemples sont nombreux, et ils devraient donner des sueurs froides à Hughes.

Le problème du Canadien est simple : il a trois gardiens, mais aucune équipe acceptera de lui offrir une contrepartie intéressante pour celui qu’il souhaite échanger.

C'est officiel. Le ménage à trois est de retour à Montréal.

« Au départ, je pensais que Samuel Montembeault reviendrait au jeu et que Jacob Fowler serait renvoyé dans la Ligue américaine. Mais selon mes informations, pour le reste de la saison, le Canadien va fonctionner avec trois gardiens. Certaines personnes croient que si Montréal conserve Jakub Dobeš et Jacob Fowler, Montembeault sera échangé plus tard. Je ne suis même plus convaincu que cela arrivera. Selon les discussions que j’ai eues, je ne serais pas surpris que le Canadien décide finalement de garder ses trois gardiens. » affirme l'insider David Pagnotta.

Kent Hughes aime négocier. Il aime obtenir le meilleur rendement possible pour ses joueurs et refuse de céder un actif sans avoir l’impression de gagner la transaction.

Cette approche peut être payante lorsqu’on dispose de plusieurs options et que le marché est favorable. Elle devient beaucoup plus risquée lorsqu’un joueur perd de la valeur et que les besoins de l’organisation exigent une décision rapide.

Dans le dossier des gardiens, le directeur général du Canadien se retrouve coincé car il a commis une bourde monumentale en refusant un choix de 2e ronde des Flames de Calgary et des Oilers d'Edmonton pour Samuel Montembeault.

Et voilà que les Kings de Los Angeles auraient appelé Montréal pour s’informer de la disponibilité de Jakub Dobeš et de Samuel Montembeault.

L’Avalanche du Colorado aurait également manifesté de l’intérêt pour Dobeš, tout en prenant des infos sur Dam.

Ces appels représentent des ouvertures intéressantes, mais ils ne garantissent absolument pas qu’une transaction sera conclue car Kent Hughes serai très gourmand.

Trop gourmand.

On peut comprendre le CH de ne pas vendre Jakub Dobes à rabais. Après tout, c'est le héros des dernières séries et il vient de signer un contrat de 5,36 M$ par année étalés sur 3 ans.

Mais pour Samuel Montembeault, le CH a raté le bateau.

En attendant,Dobeš vient d’accorder au moins cinq buts lors de trois départs consécutifs. Ses statistiques sont catastrophiques, son poste de numéro un lui a échappé et son contrat de trois saisons à 5,3 millions de dollars par année, qui commencera la saison prochaine, représente déjà une bourde monumentale de la part de Kent Hughes et Jeff Gorton.

Hughes se retrouve donc avec trois gardiens et aucune transaction satisfaisante. C’est le scénario qu’il devait absolument éviter.

La Presse a recensé plusieurs transactions qui illustrent parfaitement la difficulté de trouver un partenaire lorsqu’on souhaite échanger un gardien.

Les Jets de Winnipeg tentent toujours d’obtenir le bon prix pour Connor Hellebuyck, pourtant considéré comme l’un des meilleurs gardiens de la LNH.

Si même un portier de cette stature ne permet pas de conclure facilement une transaction selon les conditions souhaitées, Hughes doit comprendre que le marché ne fonctionne pas comme il le voudrait.

À Saint-Louis, les Blues chercheraient depuis un certain temps à échanger Jordan Binnington, alors que Joel Hofer gagne en importance. Pour l’instant, aucun partenaire ne semble avoir offert une solution satisfaisante. Les difficultés de Binnington n’aident évidemment pas à stimuler l’intérêt.

À Vegas, les Golden Knights chercheraient également à se départir d’Adin Hill, sans parvenir à leurs fins.

Les équipes ne se précipitent pas pour récupérer des gardiens dont le rendement est en baisse ou dont le contrat représente un risque financier.

Les directeurs généraux savent qu’un mauvais échange peut leur coûter cher pendant plusieurs saisons. Ils préfèrent donc souvent attendre plutôt que de payer un prix qu’ils jugent excessif.

Tristan Jarry représente l'exemple qui a fait peur à tous les DG. Sacrifier un choix de deuxième ronde pour un gardien surpayé dont le rendement décline est l'exemple qui a tué le marché des gardiens, merci à l'incompétent Stan Bowman.

Les transactions conclues au cours des dernières années permettent de comprendre pourquoi certains gardiens trouvent preneur... pour des peanuts...

En juin 2025, les Red Wings de Detroit ont acquis John Gibson des Ducks d’Anaheim en cédant des choix de deuxième et de quatrième ronde.

Gibson avait 31 ans et occupait le poste de gardien numéro un à Anaheim depuis une dizaine d’années. Après quelques saisons plus difficiles, il semblait retrouver son meilleur niveau. Detroit achetait donc un gardien expérimenté, établi dans la LNH et susceptible de stabiliser sa position devant le filet.

Logan Thompson a été acquis par les Capitals de Washington auprès des Golden Knights de Vegas en échange de deux choix de troisième ronde. Âgé de 27 ans, Thompson venait de connaître trois excellentes saisons. Washington n’achetait pas simplement un gardien qui avait besoin de retrouver confiance : l’organisation misait sur un joueur qui avait déjà démontré qu’il pouvait performer à un niveau élevé.

L’Avalanche du Colorado a obtenu MacKenzie Blackwood des Sharks de San Jose en décembre 2024 contre un choix de deuxième ronde et un espoir peu connu.

Blackwood jouait très bien au sein d’une formation qui connaissait des difficultés collectives. Il avait également été considéré pendant longtemps comme un gardien d’avenir au New Jersey. Colorado a donc profité d’une occasion pour acquérir un portier dont les performances justifiaient l’investissement.

Les Panthers de la Floride ont récemment obtenu Jakob Markstrom en cédant deux joueurs de soutien et un attaquant des ligues mineures.

De son côté, Boston a reçu un choix de fin de première ronde d’Ottawa pour Linus Ullmark. Un an auparavant, Ullmark avait remporté le trophée Vézina et formait avec Jeremy Swayman l’un des meilleurs duos de gardiens de la LNH.

Le cas de Jake Allen mérite également d’être rappelé. Le Canadien avait obtenu un choix de troisième ronde des Devils du New Jersey pour ses services, une retour ridicule qui avait surpris plusieurs recruteurs. Allen était pourtant un gardien fiable, établi dans la LNH depuis une dizaine d’années.

Selon La Presse, il n'y aura pas de transaction à Montréal dans un marché où les acheteurs sont rares et où les équipes refusent de payer trop cher pour régler leurs problèmes devant le filet.

Le ménage à trois est donc de retour à Montréal, et la situation va devenir intenable.

Kent Hughes a voulu conserver ses options. Il risque maintenant de se retrouver prisonnier de ses propres décisions.