Le dossier Jacob Fowler va exploser.
Depuis quelques jours, une possibilité commence à circuler autour du Canadien : commencer la saison avec Samuel Montembeault et Jakub Dobeš devant le filet, pendant que Fowler poursuivrait son développement à Laval.
Et disons-le immédiatement : ce scénario enrage le jeune gardien.
Fowler a passé la dernière année à démontrer qu’il n’est pas simplement un espoir bouche-trou.
Il veut jouer et prouver qu’il peut être le gardien numéro un du Canadien.
Et surtout, il ne veut certainement pas passer une autre saison à regarder Montembeault s'enfoncer encore plus alors qu’il croit être prêt à faire le saut.
C’est exactement à ce moment que Dany Dubé devient cinglant.
L’analyste du 98,5 FM n’a jamais été du genre à protéger les gardiens simplement parce qu’ils sont populaires. Mais dans le cas de Fowler, il a clairement pris sa défense en mettant l’accent sur ce qui devrait réellement compter : la façon dont le gardien joue, et non la façon dont il correspond au modèle traditionnel d’un gardien de la LNH.
Fowler mesure 6 pi 1.
Il n’a pas le gabarit de Montembeault. (6 pieds 3, 218 livres)
Il n’a pas le physique imposant d’un gardien de 6 pieds 5.
Mais Dubé a insisté sur une qualité qui change complètement l’évaluation : sa capacité à suivre la rondelle, contrôler les angles et utiliser sa mitaine.
« Ce qui m’a interpellé, c’est l’utilisation de la mitaine de Fowler. C'est la faiblesse de Montembeault. Fowler est de loin supérieur dans ce domaine »
À Montréal, on continue de parler du potentiel de Fowler comme s’il était encore très loin de la LNH.
Mais lorsqu’on regarde son jeu, plusieurs éléments sont déjà ceux d’un gardien professionnel beaucoup plus expérimenté.
Et c’est précisément pour cette raison que l’idée de le renvoyer à Laval est impossible à vendre.
Dany Dubé ne demande pas qu’on fasse de Fowler le numéro un simplement parce qu’il est le jeune espoir adoré des partisans.
Il demande essentiellement qu’on regarde ce qu’il fait devant le filet.
Et c’est là que la comparaison avec Montembeault devient inévitable.
Le Canadien pourrait décider de commencer la saison avec Montembeault comme numéro deux car personne ne le veut sur le marché des transactions et Kent Hughes ne veut pas le perdre pour rien au ballottage.
Mais si Fowler connaît un excellent camp, et que Montembeault connaît encore des difficultés, cette décision va créer de la colère noire chez les partisans, qui ne sont plus capables de voir Montembeault en peinture.
À un certain moment, tu ne peux plus demander aux partisans d’attendre simplement parce qu’un gardien possède un contrat.
Tu dois faire jouer celui qui donne à ton équipe la meilleure chance de gagner.
Et Fowler croit manifestement qu’il peut être celui-là.
C’est là que ça pourrait chauffer.
Fowler n’est plus le petit gardien universitaire qu’on pouvait tranquillement envoyer à Laval en lui expliquant qu’il devait apprendre.
Il a maintenant goûté au hockey professionnel.
Il sait ce qu’il peut faire.
Il connaît sa valeur.
Dubé a d’ailleurs souligné sa progression physique et technique.
Fowler est devenu plus mobile.
Plus compact.
Plus efficace dans ses déplacements.
Son jeu s’est raffiné.
Dubé est sans pitié: Fowler doit rester à Montréal. Montembeault doit être soumis au ballottage.
Fowler regarde le Québécois et se demande pourquoi il devrait retourner dans la Ligue américaine au profit du pire gardien de la LNH.
Il faut arrêter de traiter Fowler comme un projet fragile qu’il faut constamment protéger... ou trop facile à tasser pour Montembeault l'indésirable.
Si le gars est meilleur, fais-le jouer.
C’est aussi simple que ça.
Dany Dubé monte au front pour rappeler au Canadien une chose fondamentale :
Si Montréal décide malgré tout de commencer avec Dobeš et Montembeault, Fowler ne va pas accepter la décision en silence.
Jacob Fowler possède actuellement un contrat d’entrée de trois ans avec le Canadien, avec un salaire de base de 855 000 $ en 2026-2027 et 900 000 $ en 2027-2028.
À cela s’ajoutent des bonis de performance pouvant atteindre 500 000 $ par saison, ainsi qu’un boni de signature de 95 000 $. Son salaire annuel moyen est de 1,15 million de dollars.

Voilà le détail qui rend l’idée de l’envoyer à Laval aussi difficile à avaler : son salaire prévu dans les mineures n’est que de 82 500 $ par année.
Le Canadien pourrait avoir un jeune gardien considéré comme l’un des plus grands espoirs devant le filet dans toute l’organisation, payé près d’un million de dollars en salaire et potentiellement capable d’aller chercher beaucoup plus avec ses bonis… puis décider de l’envoyer dans la Ligue américaine pour qu’il touche 82 500 $.
On parle d’un gars que plusieurs voient déjà comme le futur numéro un du Canadien.
Et on voudrait lui expliquer qu’il doit retourner dans les mineures pendant que Montembeault continue de vivre le luxe de la LNH alors qu'il est un gardien digne de la ECHL?
Oublie ça.
Le message pourrait être dévastateur :
« Tu es assez bon pour être payé près d’un million de dollars, assez bon pour être considéré comme l’un des grands espoirs de la LNH… mais pas assez bon pour jouer devant Samuel Montembeault, le pire gardien de la LNH. »
Dany Dubé a raison de prendre sa défense.
À un moment donné, le talent doit avoir préséance sur le contrat, l’ancienneté et la pitié.
Fowler ne demande pas qu’on lui donne le poste.
Il demande simplement qu’on lui permette de le gagner de manière équitable.
Ce dossier est devenu une honte publique. Le jeune gardien va finir par sauter une coche.
