Lane Hutson frappé de plein fouet : difficile de comprendre cette injustice

Lane Hutson frappé de plein fouet : difficile de comprendre cette injustice

André Soueidan
Le 2026-08-19

Lane Hutson vient de terminer une saison qui devrait normalement mettre fin à une bonne partie des doutes qui l’entourent.

Pourtant, même après avoir terminé parmi les six meilleurs défenseurs de la LNH au scrutin du trophée Norris, certaines évaluations continuent de lui fermer la porte au visage.

Difficile de comprendre ce qu’il faudrait encore que le jeune défenseur du Canadien accomplisse.

Le débat a repris de plus belle cette semaine avec les nouvelles cotes de NHL 27.

EA Sports accorde une note globale de 90 à Hutson, ce qui est évidemment excellent.

Le problème, c’est qu’il se retrouve derrière huit défenseurs gauchers dans le classement, dont certains noms qui ont pourtant connu une saison moins convaincante que la sienne.

À Montréal, ça fait forcément sourciller.

Hutson vient de récolter 78 points en 82 matchs, avec 12 buts et 66 mentions d’aide.

Il a terminé la saison avec un différentiel de +36 et a joué en moyenne 23 minutes et 46 secondes par rencontre.

Chez les défenseurs de la LNH, sa production offensive l’a placé au deuxième rang, seulement derrière Evan Bouchard.

Surtout, le vote du Norris vient donner une autre dimension à toute cette histoire.

Hutson a terminé sixième, devant des défenseurs établis comme Quinn Hughes et Miro Heiskanen. Il a même reçu trois votes de première place.

Sixième meilleur défenseur de la LNH selon les journalistes qui ont réellement évalué leur saison… mais encore incapable d’être considéré comme une future étoile incontestable par certains classements.

C’est précisément ici que le dossier Corey Pronman devient difficile à avaler.

Dans son classement des meilleurs joueurs U23, l’analyste a placé Hutson au 11e rang et ne l’a pas inclus dans la catégorie réservée aux futures étoiles.

Il le considère plutôt comme un joueur capable d’occuper un rôle important au sommet d’une formation.

Cette distinction peut sembler subtile sur papier.

Pour un joueur qui vient de terminer sixième au Norris, elle devient beaucoup plus difficile à expliquer.

Surtout lorsqu’on regarde ce que Hutson a déjà accompli.

Le jeune défenseur n’est plus un projet. Il a remporté le trophée Calder après une première saison de 66 points, puis il a immédiatement augmenté sa production à 78 points lors de sa deuxième campagne.

Les Canadiens lui ont d’ailleurs accordé une prolongation de huit ans et 70,8 millions de dollars, avec un salaire annuel moyen de 8,85 millions à compter de 2026-2027.

Kent Hughes n’a pas investi cette somme parce qu’il espérait simplement obtenir un bon défenseur offensif.

Le Canadien vient de verrouiller un joueur qu’il considère comme une pièce majeure de son avenir.

Alors, qu’est-ce qu’on reproche encore à Hutson?

Son gabarit est évidemment le premier argument qui revient.

À 5 pieds 10 pouces, certains continuent de croire qu’il finira nécessairement par être puni physiquement lorsque les matchs deviendront plus difficiles.

Son style très offensif soulève également des interrogations chez ceux qui craignent qu’un défenseur aussi agressif puisse coûter des chances à son équipe.

Sauf qu’une partie de cette critique commence à dater.

Hutson a justement amélioré son jeu défensif.

Son différentiel de +36 ne raconte évidemment pas toute l’histoire, mais il devient difficile de soutenir qu’il est simplement un défenseur spectaculaire qui abandonne son territoire dès qu’il traverse la ligne rouge.

Sa capacité à transporter la rondelle, créer des sorties de zone et générer de l’attaque est devenue une arme majeure pour Montréal.

Puis il y a le travailleur derrière le joueur.

Hutson passe une grande partie de son été à s’entraîner et à perfectionner son jeu.

Pour lui, le hockey n’est visiblement pas quelque chose qu’on met sur pause pendant quelques mois.

Il cherche constamment à devenir meilleur, ce qui rend encore plus étrange l’idée qu’on puisse déjà fixer un plafond à son développement.

Le plus ironique dans tout ça, c’est que le marché a déjà commencé à parler.

Les Canadiens lui ont donné un contrat de vedette.

Ses statistiques le placent au sommet de la ligue.

Son équipe lui confie plus de 23 minutes par match.

Puis, malgré tout ça, certains évaluateurs continuent de chercher la raison pour laquelle Lane Hutson ne serait pas une future étoile.

Peut-être que la véritable injustice n’est pas de lui donner une cote de 90.

C’est de continuer à agir comme s’il devait encore prouver qu’il appartient à cette conversation.

Misère…