Honte publique pour Arber Xhekaj: Georges Laraque remet le shérif à sa place
Georges Laraque et Arber Xhekaj. La Voix de l’est, Reuters

Honte publique pour Arber Xhekaj: Georges Laraque remet le shérif à sa place

David Garel
Le 2026-10-22

Quand Georges Laraque commence à critiquer publiquement Arber Xhekaj, il faut comprendre que quelque chose ne tourne vraiment pas rond.

On parle de Georges Laraque, le plus grand poids lourd de l'histoire de la LNH, un homme qui a vécu dans ce monde-là, qui a affronté les plus grands bagarreurs de son époque et qui sait exactement ce qu’on attend d’un homme de son gabarit.

Lorsqu’un gars comme lui explique qu’Xhekaj aurait dû connaître son adversaire avant de jeter les gants, le message est assez clair : le shérif a commis une erreur de jugement qui aurait dû être évitée.

Laraque ne demande pas à Xhekaj de devenir un joueur passif. Au contraire, il considère que le défenseur doit conserver son agressivité, continuer à jouer physique et accepter que son style lui fasse parfois récolter des punitions.

Xhekaj n’est pas une recrue qu’on doit protéger de la réalité de la LNH. Il connaît le métier, il sait comment fonctionne le hockey professionnel et il doit être capable de comprendre les conséquences de ses décisions. Mais pour Laraque, il y a une différence fondamentale entre jouer avec intensité et jeter les gants contre un adversaire qui n’a aucune intention de se battre.

Vouloir se battre contre Michael Kesselring, ce n'est pas du courage. C'est de la stupidité. Selon Laraque, Xhekaj aurait dû comprendre que le défenseur des Sabres n’allait jamais accepter son invitation au combat.

Kesselring est un gros bonhomme, mais cela ne signifie pas qu’il est un bagarreur. Le shérif devait le savoir. Il aurait dû regarder qui se trouvait devant lui et réfléchir deux secondes avant de jeter les gants.

« Quand c’est Kesselring qui est là, jette pas les gants, c’est sûr qu’il va pas y aller », explique Laraque. Il ajoute que si l’adversaire avait été un véritable poids lourd comme Matt Rempe ou Ryan Reaves, la situation aurait été différente.

Mais Kesselring? Pour Laraque, la réponse était prévisible. C'était impossible qu’il accepte le combat simplement parce qu’Xhekaj le lui demandait.

Le plus gênant, c’est que l’avantage numérique qui a suivi a permis à Buffalo de marquer. Xhekaj a donc non seulement perdu son pari en invitant Kesselring à se battre, mais il a aussi fait perdre son équipe par le fait de vouloir se battre avec un gars qui n'est pas un bagarreur.

Laraque souligne même que Kesselring a été félicité par ses coéquipiers au banc après la séquence. Le défenseur des Sabres avait obtenu exactement ce qu’il voulait : une occasion de faire payer le Canadien sans avoir à se battre.

Imaginez la honte publique pour Xhekaj. Se faire avoir de cette façon.

Pour un joueur comme Xhekaj, qui s’est bâti une réputation grâce à son imposant gabarit et à sa capacité de répondre physiquement à ses adversaires, le résultat est vraiment embarrassant.

Non seulement il est manipulé psychologiquement comme s'il était un enfant, mais surtout, il veut se battre contre des non-boxeurs.

Il faut lui faire un dessin pour lui faire comprendre que certaines invitations au combat ne sont que des pièges destinés à faire prendre une punition à l’équipe adverse.

Comme si les Sharks avaient profité volontairement de la stupidité de Xhekaj. C'est fort quand même.

Ce qui rend cette sortie encore plus cinglante, c’est l’histoire entre Laraque et Xhekaj. L’ancien dur à cuire avait travaillé avec le défenseur du Canadien afin de l’aider à développer sa technique de combat et son identité de bagarreur.

Pendant un certain temps, Laraque a donc contribué à façonner le joueur que les partisans ont appris à connaître sous le surnom de shérif.

Mais leur relation s’est détériorée. Après que Laraque a commencé à travailler avec Matt Rempe, Xhekaj n’aurait pas apprécié la situation et le lien entre les deux hommes se serait brisé.

Laraque a depuis pris ses distances avec le défenseur du Canadien, tandis que PJ Stock a ensuite pris le relais pour l’aider dans certains aspects de son jeu de combat.

Laraque avait d’ailleurs répliqué aux critiques de Jean-Charles Lajoie, qui avait remis en question la qualité de l’entraînement offert à Xhekaj.

L’ancien bagarreur avait alors rappelé qu’il ne travaillait plus avec le défenseur depuis longtemps et qu’il avait lui-même montré publiquement des séquences où il expliquait les lacunes techniques du shérif.

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Georges remet les pendules à l’heure: il n’est pas l’entraîneur de Xhekaj présentement! 👊🏒

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Son argument était simple : s’il expose les erreurs techniques d’Xhekaj devant tout le monde, c’est justement parce qu’il n’est plus son entraîneur. Il ne cherche pas à cacher les problèmes du défenseur pour protéger sa réputation.

Laraque a expliqué que PJ Stock, malgré son courage et sa réputation dans la LNH, utilisait une approche différente de celle qu’on devrait privilégier pour un défenseur de six pieds quatre pouces et de 240 livres.

« PJ Stock était pound for pound, livre pour livre, un des toughs dans la ligue. Sa technique, c’est quoi? C’est tie-up, prendre les deux bras du gars parce qu’il est plus petit… », a expliqué Laraque.

Le principe consiste à neutraliser les bras de l’adversaire et à réduire sa capacité à frapper. Pour un joueur plus petit, cette approche peut représenter une façon efficace de survivre contre un adversaire plus imposant. Stock devait exploiter son intelligence, son positionnement et sa capacité à neutraliser les bras de ses rivaux.

Mais Xhekaj n’a pas le même profil physique. Il possède une force considérable, une longue portée et un gabarit qui lui permettent d’imposer sa présence. Depuis qu'il a adopté cette technique fondée sur le contrôle des bras, Xhekaj a tout perdu. Le respect et la crainte qu'il imposait. Et son intelligence.

C'est justement par cette technique qu'il s'est fait avoir par Kesselring.

Xhekaj aurait dû conserver Laraque comme entraîneur.

Le shérif ne comprend pas comment utiliser son rôle de protecteur sans nuire à son équipe.

La réputation d’un bagarreur ne se mesure pas uniquement au nombre de combats qu’il accepte. Elle se mesure aussi à son intelligence, à son sang-froid et à sa capacité de choisir le bon moment.

Aujourd'hui, sa réputation est au fond du trou. Un seul homme peut la rétablir.

Georges Laraque, le plus grand boxeur de l'histoire du hockey.