Impossible de rentrer en Russie: Ivan Demidov veut protéger Alexander Zharovsky

Impossible de rentrer en Russie: Ivan Demidov veut protéger Alexander Zharovsky

David Garel
Le 2026-06-01

Pendant que les Canadiens de Montréal travaillent déjà à verrouiller Ivan Demidov à long terme, un autre dossier commence tranquillement à attirer l’attention dans l’entourage de l’organisation : celui d’Alexander Zharovsky.

Les deux situations sont différentes, mais elles sont liées par une réalité que plusieurs partisans ne connaissent pas nécessairement en détail.

Ivan Demidov n’a jamais caché à quel point il était heureux à Montréal. Encore cette semaine, il a répété qu’il adore la ville, l’organisation et le groupe de joueurs en place. Il a même affirmé qu’il souhaitait régler son prochain contrat rapidement afin de s’engager pour plusieurs années avec les Canadiens de Montréal.

Ce n’est pas un hasard si Kent Hughes veut lui faire signer une entente de huit ans le plus rapidement possible.

Le Canadien sait exactement ce qu’il possède entre les mains.

Demidov est devenu le visage du futur offensif de l’organisation et il agit déjà comme un ambassadeur auprès des autres espoirs russes du club.

La preuve la plus évidente est Alexander Zharovsky, son ami d'enfance.

Le jeune espoir du Canadien viendra passer du temps à Montréal cet été pour s’entraîner avec Demidov. Les deux joueurs sont comme des frères et Demidov agit justement comme un grand frère dans son processus d’adaptation vers l’Amérique du Nord.

Cette proximité vaut de l'or.

Elle devient même stratégique quand on regarde ce qui se passe actuellement en Russie.

Depuis plusieurs années, la question du service militaire obligatoire crée énormément d’inquiétude chez certains jeunes joueurs qui envisagent une carrière en Amérique du Nord.

Le souvenir d’Ivan Fedotov demeure encore très présent dans l’esprit de plusieurs joueurs russes. En 2022, le gardien venait de signer son contrat avec les Flyers de Philadelphie et s’apprêtait à quitter la Russie pour réaliser son rêve de la LNH lorsque sa situation a basculé du jour au lendemain.

Fedotov a été arrêté peu avant son départ vers l’Amérique du Nord après que les autorités russes aient affirmé qu’il devait compléter ses obligations militaires.

Son dossier est rapidement devenu une affaire nationale. Il a ensuite été envoyé dans une base militaire située dans la région de Severomorsk, dans le nord du pays, près du cercle polaire arctique.

Pendant plusieurs mois, son avenir dans la LNH s’est retrouvé complètement bloqué.

L’histoire a marqué toute une génération de jeunes joueurs russes.

Voilà pourquoi plusieurs suivent de près les décisions d’Ivan Demidov. Depuis son arrivée à Montréal, il a choisi de passer ses étés au Canada plutôt que de multiplier les séjours prolongés en Russie.

Officiellement, il veut s’entraîner avec les Canadiens, améliorer son anglais et poursuivre son développement. Officieusement, la réalité est qu'il est bloqué à Montréal.

Plusieurs analystes russes reconnaissent aussi qu’il n’existe aucun risque lorsqu’il demeure en Amérique du Nord, mais s'il débarque en Russie, il sera obligé de faire son service militaire dans le fin fond de L'Arctique.

Cette réalité devient particulièrement intéressante (et inquiétante) dans le dossier d’Alexander Zharovsky.

L’espoir du Canadien est encore sous contrat en Russie jusqu'en 2027 et son avenir devra éventuellement passer par les mêmes démarches administratives que plusieurs jeunes joueurs russes avant lui.

Voilà pourquoi Montréal surveille la situation avec autant d’attention.

Du côté du Canadien, on espère maintenant que Zharovsky suivra exactement la même trajectoire lorsque le moment sera venu de traverser l’Atlantique.

Qu'il déménage au Québec au printemps prochain... pour de bon...

Le dossier demeure toutefois plus délicat dans son cas puisque l’attaquant appartient encore à son organisation de la KHL et qu’il doit poursuivre son développement en Russie avant de traverser officiellement l’Atlantique.

Espérons seulement qu'il ne soit pas enlevé das une base militaire au Pôle Nord.

En attendant, Zharovsky découvre la ville, les installations et l’environnement des Canadiens, plus l’organisation augmente ses chances de le voir effectuer la transition vers l’Amérique du Nord dès que la situation contractuelle le permettra.

Au final, le plus rassurant pour Kent Hughes est probablement de voir Demidov faire exactement ce qu’une organisation espère de sa future vedette : jouer au grand frère avec un autre prodige russe.

Aujourd’hui, Demidov veut signer huit ans.

Il veut bâtir sa carrière avec les Canadiens.

Et il entraîne déjà Alexander Zharovsky dans son sillage.

Croisons les doigts pour que le service militaire russe ne vienne pas tout gâcher.