Inquiétude à Montréal: la santé mentale de Jakub Dobeš touche le fond

Inquiétude à Montréal: la santé mentale de Jakub Dobeš touche le fond

Par David Garel le 2026-03-25

Le dossier de Jakub Dobeš vient de prendre une tournure complètement inattendue… et franchement inquiétante.

Parce que ce qu’on pensait être une simple décision interne, une pause médiatique après une grosse performance, est en train de devenir un vrai débat à Montréal.

Un débat qui touche directement à quelque chose de beaucoup plus profond : la santé mentale d’un jeune gardien en pleine explosion.

Sur la glace, tout est parfait. Ou presque. Dobeš est en train de s’imposer comme un vrai numéro un. Il vole des matchs. Il est calme, posé, dominant. Mais dès qu’il quitte la patinoire… c’est une autre réalité.

Selon le journaliste du Journal de Montréal, Jean-Nicolas Blanchet, ce silence médiatique n’a rien d’un caprice organisationnel ou d’un complot. C’est personnel. Profond. Et surtout, réel.

Il explique que parler aux médias représente un véritable combat pour Dobeš. Pas parce qu’il déteste ça, au contraire, il est expressif, attachant, spontané, mais parce que ça l’envahit mentalement. Ça l’angoisse. Ça occupe son esprit.

Et dans un moment comme celui-ci de la saison, où chaque match est crucial, ça devient trop.

Blanchet insiste sur un point essentiel : reconnaître cette limite-là, dans un sport comme le hockey, c’est loin d’être une faiblesse.

« C’est un signe de courage et de maturité », résume-t-il en substance. Parce qu’on parle d’un milieu où l’émotion est souvent cachée, où la vulnérabilité est encore mal perçue. Voir un joueur dire « j’ai besoin d’une pause », ça dérange… mais ça montre aussi une évolution.

Et il faut comprendre le contexte.

Dobeš n’est pas un vétéran établi. Il est encore en construction. À 24 ans, il a traversé plusieurs ligues, plusieurs villes, plusieurs cultures.

Il a quitté son pays jeune, appris une nouvelle langue, gravi les échelons un à un. Et aujourd’hui, il se retrouve au centre du marché le plus intense du hockey, avec une équipe qui se bat pour les séries… et une pression énorme sur ses épaules.

Il veut performer.

Il veut plaire.

Il veut être à la hauteur.

Et ça, ça peut devenir étouffant.

Mais de l’autre côté, le texte de Maxime Truman amène une autre couche. Une zone grise. Parce que selon plusieurs personnes autour de l’équipe, il y aurait aussi une volonté du Canadien de le protéger… de lui-même.

Dobeš est intense. Émotif. Parfois imprévisible.

On l’a vu pleurer après une défaite.

Il faut aussi se rappeler à quel point l’environnement autour de lui a déjà été dur, parfois même sans nuance. Quand il avait craqué après une défaite, la réaction n’avait pas été uniquement empathique. Maxime Talbot avait ridiculisé sa technique en parlant d’un gardien qui “fait un ange dans la neige”, et José Théodore avait ajouté une couche en laissant entendre que “si tu pleures après un match, ta carrière va être difficile pour le reste de ta carrière”.

Ce genre de commentaires, venant d’anciens joueurs, ça frappe plus fort que le reste. Ça envoie un message clair : dans ce marché, tu n’as pas droit à la moindre faille.

Et quand tu mets ça bout à bout avec la pression actuelle, avec l’attention constante, avec chaque geste analysé, chaque mot décortiqué, ça aide à comprendre pourquoi aujourd’hui, Dobeš ressent le besoin de se protéger. Pas pour fuir. Pour survivre.

On l’a aussi entendu critiquer certaines décisions de Martin St-Louis. Comme quand il n'acceptait pas d'être le 3e gardien et qu'il avait affirmé que le coach ne lui avait jamai parlé de sa vie.

On l’a vu dire qu’il ne méritait pas de retourner à Laval.

On l’a vu dénoncer des propos « inacceptables » d’adversaires aux arbitres, alors qu'il était sur le banc, au point de se faire avertir par la LNH.

Au point que Martin St-Louis a perdu patience.

Et ça, dans un environnement contrôlé comme celui de la LNH, ça dérange.

Certains avancent même que le département des communications serait tanné de ses sorties spontanées. Qu’on voudrait filtrer. Encadrer. Limiter les débordements. Qu’à quelques reprises, on lui aurait même fait signe de se calmer devant les caméras.

Alors, c’est quoi la vérité?

Une vraie pause pour sa santé mentale?

Ou une gestion de crise pour protéger l’organisation?

Peut-être un mélange des deux.

Et c’est là que ça devient délicat.

Parce que si c’est réellement une question d’anxiété, ça doit être pris au sérieux. Vraiment. Pas utilisé comme écran. Pas minimisé. Pas instrumentalisé.

Mais en même temps, dans une ville comme Montréal, le silence crée toujours du bruit.

Et en ce moment, ce bruit-là est immense.

Parce que pour la première fois depuis longtemps, le gardien numéro un des Canadiens de Montréal ne se bat pas seulement contre les tirs adverses.

Il se bat aussi contre ce qui se passe dans sa tête.

Et ça… c’est un combat beaucoup plus difficile à voir.