Les excuses ne suffisent plus à masquer le problème dont tout le monde parle.
Ce problème porte un nom, il désigne une fonction, il vise un homme : Éric Raymond.
Depuis un mois, tout s’écroule devant le filet montréalais, et tout pointe dans la même direction. L’effondrement de Montembeault, la perte totale de repères de Jakub Dobeš... une chute libre qui donne mal au coeur...
Ce n’est plus une question de jeunesse, de système, de blessures, de voyage ou de calendrier. C’est une question d’encadrement. Et cet encadrement-là, actuellement, est déficient, déconnecté et incapable de stabiliser qui que ce soit.
Le contraste avec Laval est devenu gênant. À Montréal, les gardiens se perdent, doutent, s’effondrent mentalement. À Laval, Marco Marciano transforme tout ce qu’il touche.
Même Cayden Primeau redevenait un mur sous sa guidance. Jacob Fowler, avant même d’arriver dans la LNH, le décrivait comme un coach qui communique, qui ajuste, qui explique.
Et chaque fois qu’un gardien du CH perd pied, où l’envoie-t-on? À Marciano. Toujours à Marciano. C’est lui le pompier, lui le réparateur, lui le thérapeute technique et mental.
Et encore cette semaine, la preuve a explosé au visage de l’organisation.
Montembeault, après un mois de misère absolue, va passer du temps en one-on-one avec Marciano. Résultat?
Une performance de .933 contre les Panthers, un calme retrouvé, des fondations réparées. Comme si, soudainement, quelqu’un lui avait redonné son mode d’emploi.
Dobeš, lui, a vécu l’exact contraire. Catastrophique dans son déplacement, maladroit dans ses angles, perdu dans son crease, il a accordé cinq buts sur vingt-cinq lancers, mais surtout, il ressemblait à un gardien qui n’a plus aucune idée de ce qu’on attend de lui.
C’est un jeune talent détruit par un système qui ne lui correspond pas. Un jeune qui, logiquement, doit retourner à Laval. Pas pour être puni, mais pour être sauvé.
Pour retrouver Marciano, l’unique figure capable de corriger ce que Montréal ne corrige plus.
Et ce n’est pas un simple détails si les anciens gardiens du CH ne sont « pas tendres » envers Éric Raymond quand son nom revient. Dans ce milieu, ce genre de phrase n’est pas une critique : c’est une alarme incendie.
Il faut le dire clairement : Éric Raymond a fait son temps.
Dans une organisation qui se reconstruit, qui prône l’adaptation, la communication, l’ouverture, la science, Raymond est devenu l’incarnation de l’incompétence.
On parle d’un coach qui rejette les conseils, refuse d’adapter sa méthode, impose des techniques contraires à celles enseignées à Laval, traite son rôle comme un trône plutôt qu’une responsabilité, agit comme une rockstar dans un département qui ne peut supporter l’ego et brise inconsciemment les gardiens qu’il devrait protéger.
Quand Dany Dubé affirme en ondes que « les deux gardiens sont tous croches » et qu’il n’y a « pas d’élément stabilisateur », il ne parle pas des joueurs. Il parle du coach.
Raymond est reconnu coupable par tout le monde.
Quand David Ettedgui dit sur BPM Sports que « la seule façon de relancer Montembeault, c’est de congédier Raymond », ce n’est pas une provocation. C’est un verdict.
Quand le vestiaire lui-même défend mollement son entraîneur, quand Montembeault tente de le protéger en disant timidement qu’il a « fait de belles choses l’an passé », mais qu’en même temps, il explique que Marciano n’a « pas réinventé la roue », on comprend la vérité.
Il essaie d’être un bon soldat.
Mais son jeu, lui, crie la réalité.
Ce qui fonctionne avec Marciano ne fonctionne plus avec Raymond.
On a voulu parler du ménage à trois.
Du problème de gestion.
Du calendrier.
De la rotation.
Du rythme.
Mais le ménage à trois n’est pas le problème.
Il en révèle un autre, beaucoup plus profond : à Montréal, personne ne progresse devant le filet.
Même Fowler le prodige semblait plus "sharp" dès qu'il est revenu de Laval.
Montembeault? Une résurrection… seulement après être allé voir Marciano.
Dobeš? Au fond du trou avec Raymond, alors qu'il était en feu avec Marciano avant d'arriver dans la LNH la saison dernière.
Le point commun?
Raymond en haut. Marciano en bas. Et le gouffre entre les deux se creuse.
Jeff Gorton et Kent Hughes ne sont pas aveugles. Ils voient les chiffres, les comportements, les regards, la détresse. Et surtout, ils voient l’avenir.
Un avenir qui s’appelle Jacob Fowler, considéré comme l’un des gardiens les plus prometteurs de sa génération.
Ils voient aussi plus loin :
Le retour de Carey Price, prévu un jour, comme entraîneur des gardiens. Mais avant de donner la chance à Price, donnons la chance à Marciano.
Si Montréal veut créer une structure moderne, humaine, ajustée à la psychologie de la position, Kent Hughes et Jeff Gorton doivent se réveiller.
À un moment donné, il faut arrêter de descendre les gardiens à Laval pour qu’ils soient réparés…et plutôt monter celui qui les répare.
Marciano est prêt.
Le vestiaire le sait.
Les jeunes le savent.
Les dirigeants le savent.
Et les statistiques le hurlent.
Selon nous Dobeš doit retourner à Laval. Pas pour disparaître, mais pour être reconstruit.
Fowler doit rester protégé, encadré, structuré.
Montembeault doit poursuivre son redressement dans un environnement sain.
Et pour que tout ça arrive?
Il faut une décision courageuse, nette, assumée :
Éric Raymond out.
Marco Marciano in.
Ce n’est plus un débat.
Ce n’est plus une rumeur.
C’est la seule voie logique pour sauver la saison…et pour protéger l’avenir.
