Jakub Dobes ignoré par Carey Price: son silence nous rend mal à l'aise

Jakub Dobes ignoré par Carey Price: son silence nous rend mal à l'aise

David Garel
Le 2026-05-22

Carey Price n’a rien dit.

Et plus Jakub Dobeš multiplie les performances héroïques, plus ce silence commence à devenir… étrange.

On ne parle pas ici d’un jeune gardien perdu dans la hiérarchie. On ne parle pas d’un espoir éloigné qui joue encore dans l’ombre à Laval.

On parle du gardien qui, en ce moment même, porte les Canadiens de Montréal vers la Coupe Stanley. Celui qui vole des matchs. Celui qui garde l’équipe en vie. Celui qui s’apprête encore à défendre le filet dans les matchs les plus importants depuis 33 ans.

Et pourtant?

Rien.

Pas un appel connu.

Pas un texto.

Pas un conseil public.

Pas même une petite anecdote racontée dans un balado ou une entrevue.

Pendant ce temps, Jacob Fowler semble pratiquement être devenu le petit frère hockey de Carey Price.

On le sait maintenant parce que Price lui-même l’a raconté publiquement dans le balado de Julie Petry et Catherine Toffoli plus tôt cette année.

Il lui a donné son numéro. Il lui a ouvert la porte. Il lui a dit de ne jamais hésiter à l’appeler. Il a expliqué voir des ressemblances dans leur style de jeu, dans leur calme, leur façon de gérer le chaos.

Il a même dit qu'il le voyait comme son héritier.

Le message était clair.

Fowler est le gardien avec lequel Price veut s’identifier.

Pour Dobes?

Silence radio.

À Montréal, les symboles comptent énormément. Surtout quand ça touche Carey Price.

Quand le plus grand gardien de l’histoire récente des Canadiens de Montréal décide publiquement de tendre la main à un jeune gardien… mais pas à l’autre… les gens remarquent.

Forcément.

Et là, la question devient inévitable.

Pourquoi?

Est-ce seulement une question de style?

Price a toujours été un gardien extrêmement calme. Technique. Méthodique. Posé presque à l’extrême. Jacob Fowler joue un peu dans cette même école. Contrôle. Patience. Gestion du tempo.

Jakub Dobeš?

C’est complètement autre chose. Plus émotionnel. Plus théâtral. Plus agressif. Plus imprévisible aussi.

Un gardien qui trash talk, 1ui jase avec les arbitres, qui provoque parfois les adversaires, qui semble presque alimenté par le chaos.

Bref, pas exactement du Carey Price.

Est-ce que ça explique le lien naturel avec Fowler?

Peut-être.

Mais ça n’explique pas tout.

’Au fond, peu importe le style, un gardien reste un gardien. Et voir Carey Price, un gars qui connaît mieux que quiconque la pression unique de Montréal, ne jamais tendre publiquement la main au gardien qui vit exactement cette tempête aujourd’hui… ça soulève des questions.

Encore plus quand José Théodore, lui aussi, ramène constamment la conversation vers Fowler.

Depuis des mois, Théodore répète sensiblement le même message : le gardien qui peut amener les Canadiens de Montréal loin un jour, ce serait Jacob Fowler.

Comme si Dobeš restait un projet temporaire... alors qu'il est à 7 matchs de la Coupe Stanley...

Comme si, malgré les victoires, malgré les gros arrêts, malgré les matchs volés, il devait encore convaincre.

Il doit encore prouver quelque chose et gagner le respect de Price, même s'il est à deux doigts de gagner la Coupe... et le Conn Smythe??

Pendant que tout ce débat explose autour de lui… Carey Price, lui, continue de vivre ses séries à distance comme le partisan ultime.

Cette semaine encore, Angela Price a partagé une scène presque parfaite.

Price était au match de baseball de sa fille Liv dans l’Ouest canadien pendant que les Canadiens de Montréal affrontaient les Hurricanes de la Caroline. Avec le décalage horaire, impossible d’être à la maison tranquillement devant la télévision.

Alors il a improvisé.

Téléphone accroché dans le grillage du terrain. Partie du Canadien sur l’écran. Pizza à côté en l'honneur de Phil Danault. Un œil sur sa fille, un œil sur le match.

La scène était adorable et tellement touchante.

Elle rappelait à quel point Montréal habite encore Carey Price.

Mais en même temps…

Impossible de ne pas trouver ça un peu étrange.

Justement il regarde chaque match. Il suit tout. Il voit Dobeš faire des miracles. Il voit la pression. Il connaît exactement ce que ce jeune gardien traverse.

Et malgré tout ça?

Toujours aucun geste connu.

Aucune main tendue.

Aucun message.

Coïncidence?

Question de personnalité?

Simple hasard?

Jalousie?

Ou est-ce qu’au fond, Jacob Fowler est simplement devenu le vrai chouchou de Carey Price?

Difficile à dire.

Mais une chose est certaine : plus Jakub Dobeš continue de gagner, plus ce silence devient impossible à ignorer.