Scène honteuse pour Martin St-Louis: Jakub Dobeš le place dans l'embarras

Scène honteuse pour Martin St-Louis: Jakub Dobeš le place dans l'embarras

Par Nicolas Pérusse le 2026-01-13

Pourquoi Martin St-Louis n’a jamais parlé à Jakub Dobeš?

Et pourquoi personne n’ose lui poser la question?

Depuis la sortie malaisante de Jakub Dobeš lundi soir, le Canadien de Montréal se retrouve face à un malaise qu’il ne peut plus cacher.

Non seulement le jeune gardien a dévoilé son incompréhension totale face à son avenir, non seulement il a exposé sa solitude dans le ménage à trois, mais il a surtout lâché une phrase qui aurait dû faire exploser toutes les salles de rédaction du pays :

« Aujourd’hui… j’ai parlé à Marty pour la première fois ever. »

La première fois... de sa vie. Depuis son arrivée dans l’organisation. Clairement, il a exagéré. Mais de dire ça devant les caméras signifie qu'il n'y a absolument aucune relation entre Marty et son gardien.

On parle d'une véritable honte publique.

Comment un entraîneur-chef moderne, reconnu pour son humanité, pour sa communication, pour son empathie, peut-il laisser un gardien de 24 ans traverser des semaines entières sans jamais lui adresser la parole?

Cette question, pourtant fondamentale, personne n’a osé la poser à Martin St-Louis après la rencontre. Et ce silence, en soi, dit beaucoup.

Car l’argument classique de St-Louis, répété depuis son arrivée derrière le banc, est qu’il « parle le moins possible à ses gardiens ». On veut éviter d’encombrer leur esprit. On veut les laisser dans leur bulle. On veut qu’ils jouent libres.

Mais cet argument vole littéralement en éclat quand on observe la façon dont Samuel Montembeault a été traité lorsque tout s’effondrait pour lui.

Lorsque Montembeault était au plus bas, St-Louis a passé du temps avec lui.

Il lui a parlé.

Il l’a rassuré.

Il l’a ramené à l’essentiel.

Il l’a même décrit publiquement comme un gars qu’il « adore », qu’il comprend profondément, à qui il veut offrir la meilleure version de lui-même.

Montembeault était un protégé. Un chouchou assumé. Un gardien pour qui le coach avait de la tendresse.

Alors comment expliquer ce contraste violent?

Un gardien reçoit le traitement parental, l’écoute, le soutien émotionnel, la patience.

L’autre avoue devant 30 caméras que l’entraîneur lui a parlé pour la première fois de sa vie.

Si le Canadien se vante d’être un club moderne, humain, transparent, il est difficile d’imaginer plus grosse incohérence que celle-là.

Encore plus troublant : aucun journaliste n’a osé en demander les raisons à St-Louis.

Pourtant, l’occasion était parfaite.

L’entraîneur venait d’être confronté à la déclaration du gardien comme quoi il ne méritait pas d'aller dans la ligue américaine.

Il avait même tenté de détourner l’attention en attaquant la pertinence de la question posée à Dobeš.

« Ce n’était pas une très bonne question », a-t-il lancé, presque agacé.

Ce qui, évidemment, est faux.

Demander à un gardien, qui n’a pas joué depuis des semaines, qui est coincé dans un ménage à trois, qui sait qu’il est exempté du ballottage, qui voit son avenir s’assombrir, comment il vivrait une descente à Laval n’est pas seulement une question pertinente, c’est LA question.

.Le problème, c’était la réponse.

Et c’est précisément ce que St-Louis a voulu éviter d’aborder.

Car si l’on suit la logique de l’entraîneur, il faudrait croire qu’il peut bâtir une relation saine avec un joueur sans lui adresser la parole. Que les gardiens n’ont pas besoin d’un coach pour les comprendre. Que tout se règle dans le silence.

Or, le contraste avec Montembeault est impossible à ignorer.

Quand Monty flanchait, on l’a descendu, on l’a reconstruit, on l’a stabilisé.

St-Louis a eu des discussions avec lui.

Il a reconnu publiquement la portée émotionnelle d’être un gardien dans un marché comme Montréal.

Mais quand Dobeš traverse la même tempête?

Silence. Aucun échange. Aucun message. Aucun soutien.

Et soudainement, Dobeš se retrouve devant les médias, seul, brut, émotif, avec tous ses doutes exposés au grand jour comme si le club avait oublié qu’il s’agissait d’un être humain.

Il a même dit :

« Je n’ai que mes coéquipiers et mes fans dans la vie. »

Cette phrase, d’une tristesse infinie, aurait dû provoquer un tremblement de terre.

Un joueur qui dit qu’il n’a pas son coach, pas sa direction, pas de repères.

Juste des coéquipiers… et des partisans.

Si ce n’est pas un cri d’abandon, qu’est-ce que c’est?

Dans n’importe quelle autre organisation, une telle déclaration aurait déclenché un feu de forêt médiatique.

Ici?

Rien. Parce que les médias ont peur de St-Louis.

Parce que demander au coach pourquoi il n’a jamais parlé à Dobeš, c’est l’obliger à admettre quelque chose qu’il ne veut pas dire : qu’il y a, chez lui, des préférences, des joueurs qui gravitent dans son cercle proche.

Et d’autres qui en sont exclus.

Dans un vestiaire de la LNH, c’est explosif.

À Montréal, c’est nucléaire.

Dobeš a involontairement levé le voile sur ce que beaucoup soupçonnaient depuis longtemps : il existe des chouchous chez le Canadien et il existe des joueurs laissés sur le côté.

Triste...