Jayden Struble à Calgary: un journaliste met de l'huile sur le feu

Jayden Struble à Calgary: un journaliste met de l'huile sur le feu

Par David Garel le 2025-12-30

Il y a encore quelques semaines, Jayden Struble faisait partie de ces jeunes défenseurs qu’on croyait solidement installés dans les plans du Canadien.

À tort ou à raison, il était perçu comme un joueur apprécié de Martin St-Louis, un défenseur qu’on voulait développer avec patience, protéger dans ses erreurs, accompagner dans sa progression. Bref, un chouchou.

Ce narratif-là vient de voler en éclats. Et pas subtilement.

Ce qui se déroule actuellement à Montréal n’a plus rien d’un simple ajustement de rotation ou d’un creux passager.

On assiste à un renversement de hiérarchie brutal, sans égard à la perception publique ni à l’historique récent. Et dans ce renversement, Struble est clairement en train de perdre la bataille.

Adam Engström prend sa place ce soir en Floride, alors que tout le monde pensait que ce serait Arber Xhekaj qui serait puni, alors qu'il a connu un match atroce à Tampa Bay, au point d'avoir deux petites présences dans les 28 dernières minutes (7 minutes et 15 secondes de temps de jeu).

Mais le shérif pourtant longtemps présenté comme le mal-aimé de St-Louis, passe encore devant lui. Il a assommé Scott Sabourin lors du dernier match, a repris son rôle de shérif et garde sa place en tant que boxeur.

C’est là que le revirement devient vraiment cinglant. Pendant des mois, le discours public était limpide : St-Louis n’aimait pas Xhekaj. Trop de pénalités. Trop d’erreurs. Trop de risques. Trop de bruit.

Les fameux messages sur le « hockey intelligent », les « erreurs niaiseuses », la gestion du risque… tout semblait pointer dans sa direction. Or, aujourd’hui, le message est renversé. Ce n’est plus Xhekaj qui saute quand il faut faire de la place. C’est Struble.

Et le plus inquiétant pour lui, c’est que Kaiden Guhle n’est même pas encore revenu au jeu. Quand ce sera le cas, l’embouteillage deviendra officiel : huit défenseurs pour six postes, dont une majorité de gauchers.

Dans cette équation, les lignes se dessinent rapidement. Xhekaj demeure protégé, qu’on le veuille ou non, car il casse des faces.

Son impact dépasse la glace : popularité, identité, marketing. Engstrom, lui, incarne exactement ce que St-Louis valorise : lecture du jeu, simplicité, efficacité, mobilité, intelligence. Il est déjà devant. Il ne retournera pas à Laval. Le joueur qui devient de trop, c’est Struble.

Et c’est là que le dossier prend une tournure de marché des transactions.

Pendant longtemps, Struble était évoqué comme une pièce secondaire, un complément possible dans un échange plus large, notamment dans les rumeurs entourant Ryan O’Reilly.

Mais cette option a disparu avec l’arrivée de Phillip Danault. Le besoin au centre a été comblé. L’urgence n’existe plus à cet endroit. En revanche, la congestion à la ligne bleue, elle, devient contre-productive.

C’est ici que la piste Blake Coleman prend tout son sens. Selon Arpon Basu de The Athletic, Coleman est un profil qui cadre parfaitement avec ce que le Canadien cherche maintenant : un ailier capable de brasser, de jouer en infériorité numérique, d’ajouter du grit au top-9 ou sur le premier trio avec Caufield-Suzuki, et surtout d’agir comme pont vétéran pendant que les jeunes prennent leur place. Son contrat est raisonnable, son expérience est précieuse, et surtout… les Flames ont besoin de défenseurs gauchers.

Or, Calgary a déjà démontré de l’intérêt pour ce type de profil. Le nom de Xhekaj a circulé, oui. Mais aujourd’hui, le nom qui circule de plus en plus discrètement, c’est Struble.

À Calgary, comme ailleurs dans la ligue. Un jeune défenseur mobile, abordable, capable de jouer sur une troisième paire, c’est exactement le genre de pièce qui sert de levier dans un package deal.

Le Canadien n’a aucun intérêt à laisser Struble moisir comme septième ou huitième défenseur. Ce serait une mauvaise gestion d’actifs.

Sa valeur n’est pas énorme, mais elle est bien réelle. Suffisante pour entrer dans une offre de transaction.

Suffisante pour aider à équilibrer un échange impliquant un joueur établi comme Coleman, surtout dans un contexte où Montréal a déjà sacrifié un choix élevé pour obtenir Danault.

Le message de St-Louis est clair, même s’il n’est jamais formulé explicitement : les minutes se gagnent, la confiance se mérite, et en ce moment, Struble est celui qui recule pendant que les autres avancent.

À Montréal, quand la glace se resserre et que les options diminuent, ce genre de dynamique mène rarement à une fin heureuse pour le joueur concerné.

Parce qu’aujourd’hui, ce n’est plus Arber Xhekaj qui est l’homme en trop.

C’est Jayden Struble.