« Je veux mon argent » : les propos de Zachary Bolduc exposent Kent Hughes

« Je veux mon argent » : les propos de Zachary Bolduc exposent Kent Hughes

David Garel
Le 2026-07-18

Zachary Bolduc continue d'envoyer un message très clair à Kent Hughes:

"Je veux mon argent".

Les propos de Zachary Bolduc à La Presse sont cinglants.

Le jeune attaquant du Canadien a beau répéter qu’il fait confiance à ses agents et qu’il ne s’inquiète pas de l’avancement des négociations, une phrase a retenu toute l’attention.

« Je vois les contrats sortir partout et les gars signent de bons contrats. C’est bon pour nous, les joueurs. »

Ouch. Ce n’est pas une réponse improvisée. C’est un message calculé. Clairement, c'est son agent Pat Brisson qui lui a dit de dire une telle chose pour viser Kent Hughes.

Voilà la meilleure manière d'exposer publiquement le DG du CH.

Bolduc regarde ce qui se passe partout dans la LNH. Il voit le plafond salarial exploser. Il voit les jeunes joueurs profiter d’un marché beaucoup plus généreux qu’il y a seulement deux ou trois ans. Il voit des comparables signer des contrats qui redéfinissent la valeur des attaquants de sa génération.

Il sait exactement où le marché s’en va.

Mais le Canadien aussi.

Selon les informations de La Presse, deux avenues sont actuellement sur la table des négociations : un contrat-pont de deux ans ou une entente de cinq ans.

Deux scénarios complètement différents.

Le premier permettrait à Bolduc de revenir rapidement à la table des négociations, dans un marché où le plafond salarial continuera de grimper et où quelques bonnes saisons offensives pourraient faire exploser sa valeur.

Le second offrirait davantage de sécurité au Canadien, qui achèterait plusieurs années d’autonomie du Québécois.

Mais cette sécurité a un prix.

Et c’est précisément ce que Bolduc semble vouloir rappeler.

Lorsqu’il affirme que les bons contrats signés cet été sont « bons pour les joueurs », il ne parle pas uniquement des autres.

Il parle aussi du sien.

Chaque signature majeure augmente la barre.

Le contrat de Mavrik Bourque (6 ans et 5,5 M$ par année) est le comparable utilisé par le clan Bolduc en ce moment.

Le Québécois est en train de demander publiquement de se faire surpayer. Il rappelle que le marché ne cesse de monter et qu’il entend être payé en conséquence.

Depuis le début de l’été, les directeurs généraux distribuent des contrats qui auraient semblé complètement irréalistes il y a encore quelques saisons.

Les équipes savent que le plafond salarial continuera d’augmenter de façon importante au cours des prochaines années. Elles acceptent donc de payer davantage aujourd’hui en sachant que ces contrats paraîtront peut-être raisonnables dans trois ou quatre ans.

Les joueurs, eux, voient exactement la même chose.

Pourquoi accepter un rabais alors que tout le marché grimpe?

Bolduc refuse d'être sous-payé, surtout qu'il a été sous-utilisé toute l'année par Martin St-Louis.

Le coach a tout fait pour faire baisser la valeur du Québécois en le traitant comme un véritable plombier. Bolduc comprend parfaitement cette réalité.

Son argument est que s'il avait joué un rôle offensif, il aurait obtenu bien plus de points. Dans le fond, il clame que sa valeur est bien au-dessus de ses chiffres.

Et qu'il ne laissera pas St-Louis lui voler de l'argent en le traitant comme un plombier.

Montréal est-il prêt à payer aujourd’hui le prix d’une entente à long terme?

Un contrat de cinq ans n’a rien à voir avec un contrat-pont.

En offrant cinq ans, Kent Hughes ne paie pas seulement les 30 points et les 12 buts récoltés par Bolduc la saison dernière.

Il paie ce que le joueur pourrait devenir, ses meilleures années, son potentiel.

Il paie l'avenir.

C’est exactement là où les négociations deviennent compliquées.

Du côté du Canadien, on peut facilement comprendre l’hésitation.

Bolduc n’a disputé qu’une seule saison complète à Montréal.

Il a démontré de belles qualités offensives, mais il n’a pas encore prouvé qu’il pouvait produire de façon constante sur plusieurs années.

St-Louis affirme qu'il ne lui a jamais donné de grandes responsabilités car il ne les méritait pas et qu'il était trop défaillant défensivement.

Investir massivement aujourd’hui comporte donc une part de risque.

Du côté du joueur, le raisonnement est complètement différent.

Pourquoi accepterait-il un montant inférieur simplement parce que le coach ne veut pas le faire jouer avec Ivan Demidov ou sur la première unité d'avantage numérique?

La déclaration de Bolduc laisse croire qu’il est parfaitement conscient de ce rapport de force et qu'il veut passer à la banque.

"Tout est une question d'argent" continue-t-il à répéter.

Bolduc... est devenu un homme à "cash" et veut que le CH le sâche.

Le département des communications du Canadien n’a pas du tout apprécié la sortie publique du Québécois.

À Montréal, on déteste voir une négociation se jouer dans les médias. Et le message envoyé par le jeune attaquant reste au travers de la gorge de Kent Hughes et Jeff Gorton.

Ce n’est pas le fait qu’il souhaite obtenir un gros contrat qui dérange. Tous les joueurs veulent maximiser leur prochaine entente.

Ce qui irrite les dirigeants du CH, c’est la façon de le faire.

Alors que tous ses coéquipiers vedettes ont accepté un rabais, Bolduc ne parle que d'argent.

À l’interne, cette stratégie est loin de faire l’unanimité.

Le Canadien préfère régler ce genre de dossier à huis clos. Voir un joueur exercer une pression publique en pleine négociation contractuelle n’est jamais bien accueilli.

Cette sortie ajoute donc une nouvelle couche de tension dans un dossier déjà complexe. D’un côté, le clan Bolduc estime que Martin St-Louis a fait chuter la valeur offensive de son client en le confinant à un rôle défensif. De l’autre, l’organisation refuse de payer aujourd’hui un joueur uniquement sur la base de ce qu’il pourrait devenir demain.

Les discussions entre Pat Brisson et Kent Hughes vont chauffer encore plus après cette sortie publique.