Quelques semaines après le départ de Steve Yzerman, les Red Wings naviguent toujours sans directeur général permanent et sans président des opérations hockey.
Une organisation Original Six qui traverse déjà une période de turbulence se retrouve maintenant sans véritable capitaine à la barre au moment où plusieurs décisions majeures doivent être prises.
Et plus le vide se prolonge, plus les inquiétudes grandissent.
Parce qu’au-delà de la recherche d’un nouveau patron, c’est tout le projet des Red Wings qui est remis en question.
Les joueurs le voient.
Les agents le voient.
Et les autres équipes de la LNH le voient aussi.
Voilà pourquoi le nom d’Alex DeBrincat commence sérieusement à circuler.
Selon le journaliste David Pagnotta, de The Fourth Period, plusieurs formations ont communiqué avec Detroit afin de vérifier sa disponibilité.
Rien ne confirme que les Red Wings cherchent activement à l’échanger, mais il est effrayant pour les partisans des Wings de voir autant de directeurs généraux profiter de l’instabilité actuelle pour prendre le pouls du dossier.
Et il y a une raison très simple à cela.
Alex DeBrincat veut aussi se faire échanger.
Et son contrat entre dans une période extrêmement délicate.
L’attaquant de 28 ans amorcera la dernière saison de son entente en 2026-2027 avant de pouvoir devenir joueur autonome sans compensation à l’été 2027.
Detroit approche rapidement d’un moment où il devra prendre une décision.
Le prolonger. (mais il ne veut pas)
Ou envisager sérieusement un échange.
Laisser passer une autre année sans direction claire va coûter très cher.
Le plus fou dans toute cette histoire, c’est que DeBrincat représentait exactement le joueur que Steve Yzerman rêvait d’ajouter.
Un gars du Michigan.
Un joueur qui avait grandi en rêvant de porter le chandail des Red Wings.
Lorsque Detroit est allé le chercher, plusieurs y voyaient une histoire parfaite.
Le jeune attaquant revenait enfin jouer à la maison.
Tout semblait en place pour qu’il passe les meilleures années de sa carrière avec l’équipe de son enfance.
Deux ans plus tard, cette belle histoire a complètement changé de ton.
Steve Yzerman a été congédié.
Les Red Wings n’ont toujours pas franchi le fameux cap.
Les séries éliminatoires sont demeurées hors de portée.
La reconstruction semble recommencer sans jamais vraiment avoir pris fin.
Et surtout, l’organisation ne peut même pas dire aujourd’hui qui prendra les grandes décisions dans les prochaines années, alors que le nouveau DG et président n'ont toujours pas été nommés.
Pour un joueur qui approche de la trentaine, cette incertitude pue au nez. Voilà pourquoi il veut partir, surtout que son meilleur ami Dylan Larkin a aussi demandé une transaction.
DeBrincat ne sort pourtant pas d’une mauvaise saison.
Bien au contraire.
Il vient de connaître l’une des meilleures campagnes de sa carrière avec 41 buts, 44 passes et 85 points.
Encore une fois, il a démontré qu’il fait partie des meilleurs marqueurs naturels de toute la Ligue nationale.
Des joueurs capables de marquer plus de 40 buts ne deviennent pratiquement jamais disponibles.
Lorsqu’un tel joueur commence à apparaître dans les rumeurs de transactions, toutes les équipes prennent des notes.
Depuis plusieurs semaines déjà, l’avenir de Dylan Larkin alimente les discussions.
Le capitaine des Red Wings aurait demandé une transaction après avoir perdu confiance dans le plan de Steve Yzerman.
L’ancien directeur général a quitté son poste, mais cela ne règle pas automatiquement le problème.
Ryan Lambert, de The Hockey News, estime que le premier mandat du prochain directeur général sera justement de convaincre Larkin que l’organisation possède enfin une vision claire.
Elliotte Friedman croit également que le futur patron tentera tout pour retenir son capitaine.
Mais Larkin veut toujours quitter Detroit.
Et si Larkin décide finalement de partir, les Red Wings changeront complètement de trajectoire.
Perdre son capitaine obligerait presque automatiquement la nouvelle direction à revoir son échéancier.
Dans un tel scénario, conserver un marqueur de 41 buts qui approche de l’autonomie complète deviendrait beaucoup plus difficile à justifier.
Le risque est immense.
Si Detroit attend trop longtemps avant de clarifier sa situation, DeBrincat va exiger officiellement une transaction.
Cette incertitude explique pourquoi plusieurs formations gardent un œil attentif sur Detroit.
Les directeurs généraux savent qu’une organisation sans patron permanent est souvent plus vulnérable.
Les décisions prennent plus de temps. Les négociations deviennent plus compliquées.
Et certains dossiers finissent par déraper.
Pendant ce temps, les réseaux sociaux s’enflamment déjà.
Du côté de Montréal, plusieurs amateurs rêvent de voir Kent Hughes profiter de cette situation.
L’idée est facile à comprendre.
Alex DeBrincat est un marqueur élite.
Il a seulement 28 ans.
Il vient de produire 85 points.
Mais est-ce réellement le bon joueur pour le Canadien?
La question mérite d’être posée.
Montréal possède déjà l’un des meilleurs francs-tireurs de la Ligue nationale en Cole Caufield.
Comme DeBrincat, Caufield est un ailier offensif dont la principale qualité demeure sa capacité à marquer.
Et les deux sont de miniscules gabarits qui peuvent être tassés facilement en séries.
Kent Hughes cherche depuis longtemps un attaquant capable d’imposer sa présence physiquement pour les séries.
Un joueur capable de récupérer les rondelles, protéger la rondelle le long des rampes, créer de l’espace pour Ivan Demidov.
DeBrincat n’est pas ce joueur.
Il est un finisseur... tout petit.
Le Canadien deviendrait probablement encore plus dangereux offensivement.
Mais plusieurs des lacunes "soft" demeureraient.
Il y a également la question financière.
Après une saison de 41 buts et 85 points, DeBrincat sera en position de réclamer un contrat gigantesque.
Le Canadien devra déjà composer avec les futurs contrats d’Ivan Demidov, de Lane Hutson et éventuellement de plusieurs autres jeunes vedettes.
Ajouter un autre contrat de plus de 10 millions de dollars compliquerait énormément la gestion de la masse salariale.
Si Jason Robertson veut 14-15 M$ à Dallas, DeBrincat va lui aussi demander la banque.
Voilà pourquoi Kent Hughes fermera la porte.
En attendant, ça sent la soupe chaude à Détroit.
Ce qui semblait être, il y a deux ans, le retour rêvé d’un enfant du Michigan dans son équipe d’enfance, s'est transformé en cauchemar.
Ça sent la transaction à plein nez.
