Quatre buts en six minutes. Trois buts en 39 secondes. Deux prolongations.
Mitch Marner qui détruit tout sur son passage.
Vegas qui frappe comme une équipe bâtie pour la guerre. Carolina qui refuse de mourir même après avoir été humiliée.
Et pendant ce temps-là… Montréal regardait ça comme un étudiant de secondaire qui assiste à un cours universitaire.
Parce qu’hier soir, devant ce match complètement fou entre les Golden Knights et les Hurricanes, toute la planète hockey a compris une affaire : le Canadien est encore loin du vrai sommet de la Ligue nationale.
Oui, le parcours du printemps dernier a été magique.
Oui, le Centre Bell vibrait comme nul part ailleurs dans la ligue.
Oui, Ivan Demidov, Lane Hutson, Nick Suzuki et Juraj Slafkovsky donnent l’impression que quelque chose de spécial est en train de naître à Montréal.
Mais quand tu regardes Vegas rouler avec des monstres comme Shea Theodore, Jack Eichel et Mitch Marner… quand tu regardes Carolina étouffer des équipes pendant des séries entières avec une machine de hockey structurée à l’extrême… tu réalises rapidement que le Canadien n’était même pas proche d’être construit pour survivre à ça.
La preuve saute aux yeux.
Contre la Caroline, Montréal était incapable de générer quoi que ce soit offensivement pendant de longues séquences.
On regardait les statistiques de tirs après une période et on voyait des 12-3, des 18-5, des chiffres complètement absurdes. Les Hurricanes jouaient avec le Canadien comme un chat joue avec une souris.
Et pourtant… Vegas est en train de faire subir exactement la même chose aux Hurricanes.
C’est là que le vrai plan de Kent Hughes commence tranquillement à se dévoiler.
Depuis quelques jours, les spéculations explosent partout autour de la Ligue nationale.
Des analystes commencent à connecter les morceaux.
Des insiders parlent des besoins précis du Canadien. Et plus la finale avance, plus Montréal semble comprendre quel genre d’équipe doit être construit pour gagner quatre rondes.
Ça commence évidemment avec le fameux deuxième centre.
Le nom de Nico Hischier revient constamment. Celui de Dylan Larkin aussi. Même Elias Pettersson circule à nouveau depuis que Vancouver semble incapable de trouver une direction claire.
Et honnêtement, quand tu compares les profils, la logique devient fascinante.
Larkin a encore du gros hockey dans le corps, mais à 29 ans avec un contrat de 8,5 millions jusqu’en 2031, le risque est immense.
Montréal a déjà payé cher pour des contrats vieillissants dans le passé.
Kent Hughes ne veut probablement pas revivre ça.
Pendant ce temps, Hischier devient presque le candidat parfait.
Vingt-sept ans. Encore dans son prime. Une saison de 28 buts et 66 points. Un contrat plus flexible.
Un joueur capable de jouer contre les meilleurs trios adverses tout en produisant offensivement.
Et surtout… un joueur qui cadre exactement avec ce que Vegas et Carolina démontrent présentement.
Des centres complets. Rapides. Responsables. Dominants dans les deux sens de la patinoire.
Mais ce n’est pas tout.
Le Canadien manque aussi de méchanceté défensive. Pas juste du talent. Pas juste des gars capables de transporter la rondelle.
Montréal manque d’un vrai défenseur capable de transformer le devant du filet en zone de guerre.
David Savard faisait ce travail-là à sa façon. Shea Weber l’avait fait avant lui avec une autorité presque terrifiante.
Aujourd’hui, Kaiden Guhle mange trop de minutes. Mike Matheson doit en faire plus qu’il devrait. Lane Hutson est exposé physiquement dans certaines séquences simplement parce qu’il manque ce fameux défenseur capable d’absorber la brutalité des séries.
C’est là que le nom de Jacob Trouba devient intéressant.
Oui, il ralentit. Oui, il traîne des milles dans son corps.
Mais à 32 ans, sans contrat, il représente exactement le type de soldat qui manque au Canadien présentement. Un gars qui frappe.
Un gars qui bloque des tirs. Un gars qui fait réfléchir l’adversaire avant de traverser le milieu de la glace.
Sinon, il reste toujours Rasmus Ristolainen à Philadelphie. Plus jeune d’un an.
Encore capable de jouer du hockey lourd.
Mais dans ce cas-là, Kent Hughes devrait piger directement dans son avenir pour convaincre Daniel Brière.
Et c’est là que les vraies questions commencent.
Parce qu’un moment donné, pour obtenir ce genre de joueurs-là, il faudra payer.
Michael Hage? Jacob Fowler? Alexander Zharovsky?
Le Canadien commence tranquillement à entrer dans cette phase où les espoirs ne servent plus seulement à rêver… ils servent à acquérir des morceaux pour gagner maintenant.
Et dans tout ça, il manque encore le facteur chaos.
Le gars fatigant. Le gars qui rend une série infernale.
AJ Greer coche absolument toutes les cases. Québécois. Champion de la Coupe Stanley. Physique.
Capable de jouer du hockey de séries. Capable aussi de produire offensivement sur un quatrième trio moderne.
Quand tu regardes Vegas et la Caroline se détruire présentement… tu comprends rapidement pourquoi son nom revient autant.
Parce que les séries éliminatoires modernes ne se gagnent plus uniquement avec du talent.
Elles se gagnent avec de la profondeur, de la robustesse, des centres dominants et des défenseurs capables de survivre à l’enfer.
Et tranquillement… Kent Hughes semble lui aussi l’avoir compris.
À suivre…
