Maison d'Alexis Lafrenière sur la Rive-Nord: Montréal attend le Québécois

Maison d'Alexis Lafrenière sur la Rive-Nord: Montréal attend le Québécois

David Garel
Le 2026-06-07

Les choses changent vite dans le hockey.

Parfois tellement vite qu’une histoire qui semblait impossible il y a quelques mois devient soudainement crédible.

Prenez simplement la situation d’Alexis Lafrenière et de Joshua Roy.

Pendant longtemps, les deux Québécois ont été liés par une simple amitié. Même agence. Même cercle. Même maison sur la Rive-Nord de Montréal. Pendant que Lafrenière poursuivait sa carrière avec les Rangers de New York, Joshua Roy louait sa résidence sur la Rive-Nord. Une anecdote sympathique à l’époque.

Aujourd’hui, cette même maison est associée à un tout autre contexte.

Joshua Roy va prendre la porte de sortie chez les Canadiens de Montréal.

Après toutes les controverses, toutes les remises en question, toutes les histoires qui ont circulé sur son manque de maturité, sa vie à l’extérieur de la patinoire et sa relation de plus en plus compliquée avec l’organisation, il est impossible de voir un avenir pour lui à Montréal.

Son nom est revenu constamment dans les rumeurs de transaction, mais personne n'en voulait sur le marché. Son statut au sein de l’organisation s’est effondré. Son développement a stagné. Et cet été, il est clair que deux parties ont besoin d’un divorce.

Le CH ne va pas qualifier Joshua Roy et il deviendra agent libre sans restriction. Il pourra signer avec l'équipe qu'il veut.

Pendant que Roy semble préparer ses valises, le Canadien continue d’être associé à Alexis Lafrenière.

Selon Frank Seravalli, les Canadiens de Montréal ont sérieusement tenté leur chance avant la date limite des transactions. L’offre évoquée comprenait Patrik Laine, un espoir et un choix de première ronde. Depuis ce temps, les spéculations n’ont jamais cessé.

Plusieurs journalistes ont avancé que l’espoir en question pouvait être David Reinbacher. Une chose demeure toutefois claire : Kent Hughes était prêt à payer un prix significatif pour tenter d’obtenir Lafrenière.

L'intérêt est toujours là.

Le Canadien cherche toujours du talent offensif établi. Le Canadien cherche toujours un joueur capable de produire immédiatement. Le Canadien cherche toujours des joueurs qui cadrent avec la tranche d’âge de Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov.

Alexis Lafrenière coche toutes ces cases.

Oui, son contrat de 7,45 millions de dollars jusqu’en 2032 fait peur à certains dirigeants.

Oui, son irrégularité continue de soulever des questions.

Oui, plusieurs se demandent encore s’il deviendra réellement la vedette qu’on annonçait lorsqu’il a été sélectionné au premier rang du repêchage.

Mais le talent demeure là.

Et Jeff Gorton connaît probablement mieux le dossier Lafrenière que presque n’importe quel dirigeant de la LNH.

C’est lui qui l’a repêché, qui a participé à son développement et qui connaît ses forces et ses faiblesses.

Voilà pourquoi il est difficile de croire que le Canadien a complètement tourné la page.

Et pendant ce temps, Joshua Roy regarde probablement tout ça avec un certain sentiment d’amertume.

Au moment où lui semble condamné à quitter l’organisation, son ami pourrait encore représenter une cible pour le club qu’il rêvait lui-même de conquérir.

L’image est presque cinématographique.

Roy quitte Montréal... ou plutôt Laval..

Lafrenière arrive.

L’ancien occupant s’en va pendant que le propriétaire revient.

Cette fameuse maison de la Rive-Nord, qui a tant fait jaser au fil des années, se retrouve une fois de plus au centre des conversations.

Décidément, cette fameuse maison de la Rive-Nord a suivi Alexis Lafrenière et Joshua Roy pendant des années. À force d’être mentionnée dans les médias comme une maison de party pour Roy, elle est presque devenue un personnage secondaire de cette histoire.

C’est autour de cette résidence que toutes sortes de rumeurs et de spéculations sur les nuits endiablées de Roy ont circulé au fil du temps. Elles ont contribué à créer une certaine mythologie autour de l’endroit.

Aujourd’hui, si Lafrenière devait réellement devenir un joueur des Canadiens de Montréal, la question se poserait presque naturellement : que ferait-il de cette propriété?

Avec les entraînements quotidiens à Brossard, les matchs au Centre Bell et la circulation infernale qui s’étend bien au-delà de Laval sur l’autoroute 15, plusieurs joueurs préfèrent désormais s’installer beaucoup plus près de leurs activités.

Griffintown et le centre-ville pour les jeunes (Noah Dobson, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky, Ivan Demidov, Lane Hutson), Westmount (Nick Suzuki, Mike Matheson) ou la Rive-Sud sont les choix populaires chez plusieurs membres de l’organisation. Il serait donc assez ironique de voir Joshua Roy quitter le portrait au moment même où Lafrenière pourrait revenir à Montréal et devoir décider s’il conserve cette maison devenue célèbre, s’il la loue ou s’il tourne lui aussi la page sur un chapitre qui a fait énormément jaser dans le monde du hockey québécois.

Sauf que cette fois, l’histoire n’est plus vraiment celle de Joshua Roy.

Elle est devenue celle d’Alexis Lafrenière.

Et tant que les Rangers continueront d’évaluer leurs options, tant que le Canadien cherchera du renfort offensif et tant que Kent Hughes refusera de fermer la porte aux opportunités, les rumeurs vont survivre.

Au final, malgré toutes les interrogations, malgré les risques financiers, malgré les débats sur sa constance, Alexis Lafrenière demeure exactement le type de joueur pour lequel les dirigeants du CH acceptent de prendre des risques.

Jeune, Québécois, talentueux et encore loin d’avoir atteint son plafond.

Pendant ce temps, Joshua Roy s’apprête à tourner définitivement la page.

Au bout du compte, dans cette ligue, les maisons restent parfois les mêmes.

Mais les occupants changent vite.